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Voitures volantes : 5 conditions pour que le rêve devienne réalité

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Publié le à 17h28

Voitures volantes : 5 conditions pour que le rêve devienne réalité

Faut-il croire en l'arrivée des voitures volantes dans notre paysage urbain ? Difficile à croire, même si de nouveaux acteurs se lancent dans l'aventure et proposent des véhicules hybrides, mi-voiture mi-aéronef. L'un des projets les plus avancés est le slovaque Aeromobil, disponible en précommande depuis le 20 avril. Pour devenir réalité, la voiture volante devra tout de même dépasser quelques limites que nous expose Chaitanya K Naga, consultant senior Open Innovation chez Wipro. 

Pouvoir voler comme et quand on le veut, sans subir les limites terrestres, a toujours été le fantasme de beaucoup de rêveurs à travers le monde. Plusieurs tentatives sont actuellement à l'essai et certaines sont à deux doigts de se réaliser. Les travaux de ces dernières décennies sont doucement en passe de devenir une réalité. Des machines de pointe permettant un mode de transport mixte combinant la circulation sur route et dans les airs sont déjà en précommande. En 2017, avec un prix avoisinant 1 million de dollars (à plus ou moins 350 000 dollars près), le concept n'est cependant pas près de devenir un produit de grande consommation.

Des défis technologiques

Au cours des dernières décennies, des progrès significatifs ont été réalisés dans la fabrication de matériaux légers avancés et dans le domaine des tests / simulations assisté(e)s par ordinateur, rendant la mise au point de véhicules volants bien plus facile, plus abordable et plus sûre aujourd'hui qu'elle ne l'aurait été au début des années 1950. Plusieurs configurations existent : des véhicules convertibles à voilure fixe aux engins à décollage et atterrissage verticaux en passant par les gyrocoptères, les différents acteurs en compétition offrent toute une variété d'options technologiques aux utilisateurs. Alors que les véhicules à voilure fixe nécessitent des pistes d'atterrissage plus longues, les engins à décollage et atterrissage verticaux semblent plus pratiques en milieu urbain. 

Leur capacité de charge utile est de l'ordre de 250 kg, ce qui correspond à un voire deux occupants. Leur vitesse maximum de croisière se situe entre 150 et 320 km/h, avec une autonomie de 500 à 600 km. Il faut donc 3 à 4 heures et potentiellement refaire le plein une fois pour effectuer un aller simple entre deux lieux situés à environ 500 à 600 km de distance. Cette vitesse est bien inférieure à celle des transports aériens traditionnels, mais légèrement plus rapide que la vitesse moyenne des transports routiers. Alors que la plupart des concepteurs associent généralement des moteurs électriques destinés aux transports routiers aux moteurs à combustion interne des moyens de transport aériens, certains envisagent aussi des véhicules totalement électriques pour ces deux modes de transport (sur route et dans les airs).

Étant donné que le conducteur de ces véhicules doit posséder à la fois un permis de conduire et un brevet de pilote (traditionnel ou sport), la base initiale d'utilisateurs pourrait se limiter aux conducteurs et aux pilotes d'élite ou aux utilisateurs ayant les moyens de se payer un brevet de pilote.

L'adaptation des infrastructures

Les infrastructures routières et aériennes actuelles devront être adaptées aux besoins de ces véhicules de nouvelle génération pour le décollage, l'atterrissage et pour faire le plein. L'envergure de ces véhicules, une fois déployés pour le vol, est de 6 à 10 mètres, d'où la nécessité de lieux de décollage, d'atterrissage et de ravitaillement dédiés. Les contrôles actuels en matière de trafic aérien devraient également être adaptés afin de faciliter ce nouveau type de circulation. De véritables véhicules commerciaux volants et autonomes devraient arriver dans un avenir très proche et il faut donc dès maintenant suffisamment d'infrastructures pour former les futurs conducteurs de voitures volantes et les entraîner à voler.

Ces nouveaux véhicules volants devront être certifiés pour la circulation à la fois routière et aérienne et ce, dans différentes zones géographiques. Malheureusement, des délais de certification trop importants peuvent entraver la viabilité de tels projets. De plus, les autorités de certification auront besoin de temps pour traiter les questions de sécurité et évaluer les risques potentiels.

De nouvelles réglementations

Les autorités réglementaires sont en ce moment même en train de valider le cahier des charges des véhicules autonomes et du transport par drone. Concernant les véhicules volants, l'introduction d'une nouvelle dimension de vol aux véhicules routiers est bien plus complexe, étant donné que leur espace de vol va non seulement interférer avec celui des transports aériens actuels, mais aussi avec les futurs trajets des drones. Il faudra probablement créer une autorité de réglementation globale des déplacements aériens, incluant l'aviation traditionnelle, les drones et les voitures volantes. Les modes de prélèvement de péages aux frontières devront également changer puisque les véhicules pourront voler au-dessus des frontières, alors qu'ils resteront résidents d'un pays lorsqu'ils circuleront sur route.

Une sécurité accrue

Tout en visant la performance sur route et dans les airs, ces véhicules volants sont sur le point d'élargir le potentiel humain en offrant des moyens de transport plus sûrs. La plupart d'entre eux sont équipés de parachutes balistiques en cas d'urgence, ainsi que de cockpits robustes avec une très haute résistance aux crashs. Toutefois, il restera à convaincre les automobilistes et futurs utilisateurs de se risquer à tester ces véhicules. Le moindre incident impliquant des blessés risquerait d'attirer l'attention des médias et une technologie émergente comme celle-ci ne peut pas se permettre de risquer sa viabilité à cause d'accidents qu'il est possible d'éviter.

Des voies aériennes dédiées

Les compagnies d'assurance devront tenir compte des risques supplémentaires liés à ce mode de transport. Là encore, des primes d'assurance excessivement élevées peuvent compromettre l'adhésion des consommateurs à cette technologie. Une solution provisoire pour limiter les risques pour la vie humaine serait de créer une autorité spécifique qui gérerait des voies aériennes nationales et internationales dédiées couvrant des zones non peuplées (ou peu peuplées).

L'histoire prend du temps et nous prouve encore une fois que l'être humain, lorsqu'il a une très forte volonté d'accomplir l'impossible, a toujours triomphé devant tous types d'obstacles. 

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Commentaires

Une réaction

LK
Le 14/09/2017 à 14h00
Bonjour, Je ne comprends pas le temps annoncé pour parcourir 500 à 600km. Si l'engin vol entre 150 et 320km/h, on peut s'attendre à une vitesse de croisière d'au moins 250km/h, on met alors 2h30 pour faire les 600km. En routier on est plus proche des 6h..

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