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Viva Technology : Pollen AM, la nouvelle pépite française de l’impression 3D

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Par publié le à 09h00

Viva Technology : Pollen AM, la nouvelle pépite française de l’impression 3D

Cinq années de R&D ont été nécessaire pour mettre au point l'imprimante PAM.

Fruit de cinq années de R&D, la start-up Pollen AM a levé le voile sur son imprimante 3D multimatériaux, lors du salon Viva Technology. La start-up collabore avec des designers et des marques, mais aussi avec le groupe Seb. Sa technologie brevetée permet de travailler avec une grande diversité de matériaux mais aussi de réduire les coûts d'impression. A court terme, Pollen AM espère vendre 5000 machines par an. 

Pollen AM pourrait bien être la nouvelle étoile montante de l’impression 3D. Pendant cinq ans, la start-up a développé, incognito, une technologie d’impression multimatériaux. La  jeune pousse a profité du salon Viva Technology, qui s’est tenu du 30 juin au 3 juillet dernier à Paris, pour lever le voile sur son imprimante baptisée PAM. « Nous avons préféré rester discrets jusqu’à la commercialisation de notre technologie » confie Cédric Michel, le cofondateur de l’entreprise.

Des granulés comme matière première

Astrophysicien de formation passé par l’Imperial College de Londres et la Nasa, il tient à préciser que Pollen AM est le fruit d’une rencontre avec Victor Roux, qui est lui designer. Les deux compères s’intéressent de près au prototypage rapide et décident de développer leur propre procédé pour surmonter un écueil récurrent dans l’impression 3D : la très faible diversité des matériaux utilisés.

PAM permet ainsi d’imprimer une pièce comprenant jusqu’à quatre matériaux différents. Contrairement aux autres machines du marché, PAM fonctionne à partir de granulés de thermoplastiques ou de microbilles de grade industriel, et non à partir de filaments et de poudres. « Notre matière première est sous forme de granulés. Cela nous permet de travailler avec tous les matériaux disponibles » explique David Paillé, vice-président de l’entreprise, en charge de l’industrialisation. L’imprimante PAM est ainsi compatible avec tous les thermoplastiques. Outre cette diversité des matériaux, le recours aux granulés permet également de réduire sensiblement les coûts d'impression. « En travaillant avec cette matière brute, on se libère de tous les intermédiaires » explique Cédric Michel. Résultat : cette approche permettrait de diviser, par 5 à 10, le coût d’une pièce imprimée en 3D.

Imprimer quatre matériaux en simultané 

Dans les détails, l’imprimante PAM repose sur un procédé d'extrusion propriétaire proche du rocédé FDM (pour Fused Depositing Modeling) qui consiste à déposer de la matière de manière additive. L’entreprise a créé elle-même sa propre tête d’impression pour pouvoir travailler avec des billes positionnées dans quatre cartouches différentes. Ces dernières sont aspirées par un canal mis en alimentation et sous pression. Une technologie d’induction a été développée pour chauffer les matériaux. Ensuite les quatre canaux se rejoignent en une colonne centrale où l’on retrouve deux chambres. La première permet de mélanger deux  matériaux à la volée et la seconde de les sélectionner.

Ce procédé permet d’imprimer à une vitesse maximale de 400 millimètres par seconde et avec une résolution de 40 microns. Il permet également de se passer d’un post traitement. « D’un point de vue propriétés techniques, nous n’avons pas besoin de procédés de finition » précise le cofondateur. « On ne veut pas faire du prototypage, mais de la production en petites séries » ajoute David Paillé. Pour parvenir à de telles performances, un important traitement numérique est nécessaire. Pollen AM a donc développé une solution cloud pour apporter plus de puissance de calcul. « Cette solution cloud permet aussi de connecter les différentes imprimantes entre elles pour combiner leur intelligence, remonter des informations et valider de nouveaux matériaux. Cela permet de créer un système d’apprentissage des machines », explique Cédric Michel.

Vendre 5000 machines par an

Pollen AM a déjà mis au point six imprimantes. Une première a été vendue à l’Université technologique de Compiègne (UTC). Commercialisée 8 000 euros, PAM s’adresse essentiellement aux marques et designers. Pollen AM collabore également avec Seb, qui envisage de tester sa technologie pour l’impression de pièces détachées. Un moyen pour le spécialiste de l’électroménager de réduire la taille de ses stocks et les délais de livraison afin d’améliorer la satisfaction de ses clients.

Avec une équipe de 11 ingénieurs et docteurs, la jeune pousse compte désormais faire grossir son écosystème. Pollen AM entend également améliorer sa technologie pour gagner en résolution, précision et rapidité et développer, d’ici deux ans, une machine compatible avec des matériaux métalliques. Côté ventes, la start-up espère écouler d’ici deux à trois ans, 5000 machines par année. Pour soutenir un tel développement, Pollen AM cherche à lever plusieurs millions d’euros.

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