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Vers des bisphénols sans effets hormonaux

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Par publié le à 23h50

Vers des bisphénols sans effets hormonaux

Image montrant la liaison entre le BPA (gris et rouge) et le récepteur des estrogènes (en bleu clair).

Des chercheurs ont décrypté l’interaction moléculaire entre les bisphénols et les récepteurs hormonaux. De quoi donner des clés aux industriels pour fabriquer des polymères plus sûrs.

Si le lien entre l’exposition au bisphénol A (BPA) et différentes pathologies, comme les troubles cardiovasculaires ou certains cancers, reste débattu, son rôle de perturbateur endocrinien ne fait plus de doute.

Des travaux de chercheurs INSERM et CNRS, parus récemment dans la revue Proceedings of the national academy of sciences (PNAS), éclaircissent les mécanismes d’action des polymères sur les récepteurs hormonaux, et en particulier ceux spécifiques des estrogènes. Les biologistes de l’Université de Montpellier ont mené, en partenariat avec le synchrotron ERSF de Grenoble, l’analyse cristallographique de trois bisphénols différents : le BPA, et les bisphénols AF et C (BPC).

Ils ont pu mettre en évidence les structures moléculaires à l’origine d’une activation du récepteur aux estrogènes, dans le cas du BPA, ou d’une inhibition, dans le cas du BPC. « A partir de ces travaux, nous pouvons proposer aux industriels des modifications chimiques du bisphénol pour empêcher la liaison de la molécule au récepteur, afin qu’elle perde son activité hormonale », explique William Bourguet, un des principaux auteurs de l’étude.

Un portail web pour recenser les perturbateurs endocriniens

En complément de ces travaux, les chercheurs alimentent un site web avec les structures cristallographiques d’autres types de bisphénols, mais aussi d’autres types de perturbateurs endocriniens : pesticides ; parabènes ; polluants environnementaux...

Une quinzaine de molécules et leurs interactions possibles avec les récepteurs hormonaux ont ainsi pu être caractérisées. « Nous avons déjà testé une dizaine de bisphénols différents, et mené en parallèle les tests in vitro, qui montrent une bonne corrélation. Le bisphénol S, par exemple, montre une affinité assez faible pour les récepteurs aux estrogènes », précise William Bourguet.

En concertation avec les industriels, et l’ANSES, saisie par les pouvoirs publics sur le dossier des perturbateurs endocriniens, ces travaux pourraient conduire au développement de polymères plus sûrs, en substitution des bisphénols actuels. A condition que les modifications proposées conviennent aux exigences de process de ces mêmes industriels...

Ludovic Fery

Pour en savoir plus : www.inserm.fr
le portail web alimenté par les chercheurs : atome2.cbs.cnrs.fr

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