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Véhicules électriques : le marché existe-t-il ?

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Par publié le à 02h30

Véhicules électriques : le marché existe-t-il ?

Fluence Z.E. la première berline électrique de Renault arrive en concessions

Au moment où Paris met en service son Auto’Lib et où Renault présente ses premiers véhicules électriques, le cabinet Jato Dynamics dresse un état des lieux européen. Seulement 5 222 voitures électriques ont trouvé preneur dans l’ensemble de l’Europe au premier semestre, soit 0,07 % des immatriculations. Peut-on parler de marché ?

Le cabinet Jato Dynamics vient de publier un état des lieux des ventes de voitures électriques dans l’ensemble de l’Europe pour la première moitié de l’année 2011. Le total se monte à 5 222, soit 0,07% du marché de l’automobile en Europe, il est vrai en nette progression par rapport à la même période de 2010 où il plafonnait à 507 unités.

Mais au delà de ces chiffres somme toutes très modestes et bien éloignés des espérances des gouvernants et des constructeurs automobiles s’étant lancés dans l’affaire, cette étude montre que, contre toute attente, les incitations financières ne pèsent pas lourd dans la décision d’achat.

Ainsi l’Allemagne, nation verte s’il en est, est en tête des ventes européennes avec 1 022 véhicule, alors que la prime donné par l’état n’y est que de 380 euros. La France occupe la deuxième marche avec 953 véhicules subventionnés à hauteur de 5 000 €. La Norvège est troisième avec 850 véhicules subventionnés à hauteur de 17 524 €. Par contre le Danemark qui offre jusqu’à 20 588 € par véhicule, n’a enregistré que 283 ventes et se place en 6e position.

« L’importance des subventions, qui varient considérablement d’un pays à l’autre, est apparemment faible sur les décisions d'achat. D’autres critères semblent beaucoup plus importants pour les acheteurs potentiels tels : le niveau d’urbanisation ; la maturité du marché et la tarification des infrastructures de recharge », explique Gareth Hession, vice-président pour la recherche de Jato Dynamics.

Notons aussi que d’autres incitations locales semblent toutes aussi importantes telles que la possibilité d’utiliser les couloirs de bus et des parkings gratuits en centre-ville à Oslo, ou l'exemption de péage urbain de Londres.

« Nous n’en sommes qu’à l’émergence de ce marché et l’on pouvait s’attendre à ce que les subventions aient une plus grande importance. La montée en maturité de ce marché, notamment en termes d’infrastructure de recharge, devrait rendre ces primes prépondérantes. Reste qu’aujourd’hui même de grosses subventions ne font pas oublier les inconvénients de la voiture électrique en termes de réponse aux besoins et de flexibilité. Les constructeurs impliqués dans le véhicule électrique ont donc tout intérêt à comprendre rapidement les attentes des consommateurs potentiels s’ils veulent les convaincre et voir décoller leurs ventes », estime Gareth Hession.

« Il ressort aussi de cette étude que le prix des véhicules électriques est pour le moment encore bien trop élevé pour être accessible au marché grand public européen. En outre, à ce stade précoce du développement du marché les chiffres de vente actuels peuvent être également faussés par des contrats entre les constructeurs, les gouvernements locaux, et les grandes institutions, destinés à assurer la promotion des véhicules électriques ».

On peut donc légitimement se poser la question de savoir si le véhicule électrique répond aux besoins et attentes du public et si à terme il représentera un marché économiquement viable.

Jean-François Prevéraud

Pour en savoir plus : http://www.jato.com

 

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