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Une fleur artificielle pour étudier le comportement des abeilles

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Par publié le à 11h10

Une fleur artificielle pour étudier le comportement des abeilles

Marqués par un QR code, les bourdons sont reconnus grâce à une caméra.

Avec le soutien de la fondation Dassault Systèmes, des élèves du lycée Julliot de la Morandière, à Granville, ont développé une fleur artificielle avec l’aide d’un chercheur CNRS du centre de recherche sur la cognition animale à Toulouse. Le but est d’étudier le comportement de butinage des abeilles. Un premier prototype a été validé. Il doit encore être optimisé pour être répliqué.

Comment s’organisent les dizaines de milliers d’abeilles qui composent une ruche ? Se répartissent-elles les rôles entre celles qui partent chercher du pollen ou du nectar ? Optimisent-elles leur parcours pour aller butiner jusqu’à 6 km de la ruche ? Si elles sont l’objet de recherches depuis une centaine d’années, leur comportement et leur cognition n’ont été étudiés qu’en laboratoire ou dans des conditions très simplifiées en milieu naturel, indique Mathieu Lihoreau, chargé de recherche CNRS sur la cognition animale à Toulouse : « Nous manquons d’outils technologiques simples pour étudier leur comportement dans la nature. » Avec le soutien de la fondation Dassault Systèmes, il a mis au point avec des élèves du lycée Julliot de la Morandière à Granville une fleur artificielle connectée pour étudier le comportement des abeilles en milieu naturel.

Modélisé et imprimé en 3D, un pré-prototype a été validé et testé grandeur nature avec des bourdons. Pourquoi des bourdons ? « Pour des raisons de sécurité vis à vis des lycéens, précise M. Lihoreau. Les bourdons sont des abeilles sauvages moins agressives que les abeilles domestiques. » Marquées par un QR code, ils sont reconnus lors de leur passage sur la fleur grâce à une caméra et un logiciel qui stocke l’information. Pour simuler la sécrétion de nectar, un système de pompage permet de remplir une coupe d’eau sucrée. Un détecteur assure l’arrêt de la pompe lorsque la coupe est pleine. Pour le pollen, une poire éjecte une quantité contrôlée de poudre à base de protéines, lipides, sucres et vitamines.

Générer des données

« A l’avenir, nous aimerions créer des champs artificiels, indique M. Lihoreau. Par exemple nous pourrions lâcher quelques abeilles dans une grande étendue extérieure sans fleur naturelle où nous aurions disposé plusieurs fleurs artificielles. » Celles-ci pourraient avoir des caractéristiques différentes concernant la qualité et la quantité du pollen ou du nectar ou encore la couleur des pétales. L’idée est de générer de grands jeux de données sur chaque individu de manière à avoir l'histoire de butinage d'une abeille du début à la fin de sa vie. Et cela en simultané sur toutes les abeilles d'une ou plusieurs ruches. Seul contrainte : pour l'instant il faut marquer chacune d’entre elles. « Nous n’avons pas encore trouvé d'autre solution », convient Mathieu Lihoreau.

Pour les trois lycéens de la filière STI du lycée de Granville ayant participé au projet, l’heure est à la préparation du baccalauréat et d’une conférence pour présenter le projet sur invitation de la fondation Dassault Systèmes. De son côté, Mathieu Lihoreau compte récupérer les plans de la fleur artificielle et se lancer dans l’optimisation du prototype. « Nous devons réduire ses coûts de production afin de pouvoir le répliquer et faire des expériences sur plusieurs fleurs en situation semi-naturelle avec une colonie d’abeilles, insiste-t-il. Dans ma ligne de recherche, c'est vraiment quelque chose que je veux développer. »

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