Veille technologique

pour les professionnels de l’industrie
S’abonner

S’inscrire à l’hebdo de la techno :

Rechercher sur Industrie & Technologies

Facebook Twitter Google + Linkedin Email
×

Une blockchain dédiée aux Smart Robots testée en fin d'année

| | | | | |

Par publié le à 08h17

Une blockchain dédiée aux Smart Robots testée en fin d'année

Christine Hennebert, chercheuse au CEA de Grenoble présentait sa vision des interactions de la blockchain et des IA dans un contexte industriel lors de AI Paris 2018.

Akéo Plus et le CEA Grenoble ont présenté lors du salon AI Paris un projet de recherche qui devrait permettre à des intelligences artificielles contrôlant des robots de partager des données via une blockchain. Un premier proof-of-concept devrait être lancé en fin d'année avec le concours de grands industriels français.

De nombreuses start-up cherchent aujourd'hui à rapprocher les algorithmes d'intelligence artificielle et la blockchain, l'idée étant de donner de la visibilité et de la traçabilité sur les décisions prises par les IA, que ce soit pour des raisons juridiques ou contractuelles. Spécialiste des Smart Robots, c'est-à-dire des robots couplés à des IA, Akéo Plus travaille avec le CEA de Grenoble afin de défricher les concepts de ce qui sera une blockchain dédiée aux robots industriels de demain. « Le challenge de la quatrième révolution industrielle, c'est que tout sera connecté et les industriels seront confrontés au problème de la décentralisation des données. Les smart robots seront de plus en plus indépendants avec des robots qui ne se contenteront plus de répéter un geste. L'idée est d'associer toutes ces composantes de production, le edge computing et la blockchain. », met en avant Stéphane Morel, fondateur d'Akéo Plus.

Si on élargit la problématique à la supply chain étendue, de multiples acteurs internes et externes vont générer des données, ce qui va de plus en plus poser le problème de l'origine des données sur lesquelles les IA vont prendre des décisions, ces données pouvant être corrompues, modifiées et sujettes à débat entre contractants si un problème survient dans la chaîne de fabrication. « Si, demain, dans une entreprise d'agroalimentaire survient une défaillance sur la ligne de production et qu'il y a un impact en terme de santé publique, l'enjeu vis-à-vis de la justice, des assureurs et de tout l'écosystème de l'entreprise pour savoir qui est coupable de quoi. Notre objectif est de pouvoir consulter un registre, une information tracée même si celle-ci est issue d'une IA. Aucune industrie n'est aujourd'hui capable de garantir ses données. », poursuit Stéphane Morel.

Des données échangées entre robots d'une ligne de production, mais aussi entre usines

Un programme de recherche de 3 ans va permettre d'expérimenter des preuves de concepts industrielles afin de conceptualiser et valider l'approche visant à coupler IA et blockchain dans le domaine de la robotique. Ce programme est mené avec l'équipe de recherche de Christine Hennebert, à la tête de la recherche et développement des systèmes distribués et blockchain du CEA de Grenoble. L'idée n'est pas seulement de permettre à des IA d'écrire des données dans une blockchain mais de concevoir une plateforme à plusieurs niveaux : « Nous représentons le système de façon pyramidale, avec le Smart Robot et ses capteurs tout en bas. Ses signaux sont traités par une IA de bas niveau et qui va agréger les données au bénéfice de la couche supérieure, le Edge Computing. Celle-ci va permettre de partager ces informations avec d'autres robots de la même ligne d'assemblage. Enfin, au-dessus de cela, on va partager des informations entre sites de production, avec d'autres usines dans le monde. Toute cette chaîne d'IA doit être sécurisée, aussi bien au niveau horizontal, c'est-à-dire les données des capteurs, qu'au niveau Edge ou verticalement, lorsqu'on transfère des données d'un niveau à un autre. »

Les données des capteurs sont stockées dans une blockchain afin de pouvoir offrir cette traçabilité sur les décisions des IA. Christine Hennebert a choisi Ethereum pour déployer les premières preuves de concept : « Nous avons choisi Ethereum pour l'instant pour une raison très simple : c'est la solution Open Source la plus avancée en termes d'outils de développement. Ce choix nous permet d'avancer plus rapidement mais ce que nous développons aujourd'hui a pour vocation d'être portable. » L'autre avantage d'Ethereum est économique. Il est facile de mettre en place une blockchain privée avec cette solution alors que s'appuyer sur une blockchain publique s'avérerait bien plus coûteux, le "Gas" Ethereum, soit le coût de la transaction Ethereum, étant très cher. La chercheuse ajoute : « Le marché n'est pas mature et il n'existe pas encore de blockchain "métier" qui seraient directement utilisables par les industriels. Ce qui nous intéresse aujourd'hui c'est avancer sur les concepts, sur les couches hautes en gardant la possibilité d'interopérer avec d'autres blockchains. »

Des smart contracts au sein de la supply chain

Outre cette traçabilité des données, une autre capacité d’Ethereum va être mise en œuvre dans le cadre de cette recherche, les Smart Contracts. « Nous allons créer des Smart Contracts afin d'automatiser et fluidifier les passages de contrats au sein d'une Supply Chain, notamment dans la partie maintenance » précise Stéphane Morel. « Aujourd'hui gérer ces contrats de maintenance reste très administratif, nécessite de nombreux échanges de documents. Nous travaillons sur des scénarios où la machine pourra commander elle-même ses pièces de rechange. »

D’autres cas d’usage sont à l’étude, notamment afin de faire collaborer des robots multiagents dans une usine, des cas d'usage avec les assureurs, etc. Stéphane Morel se montre encore discret quant aux applications encore à l’étude : « On ne peut encore livrer trop de détails sur cette plateforme car nous sommes en train de déposer des brevets, mais des grands industriels français vont participer aux tests qui seront menés en fin d'année et au début de l'année 2019 mais nous restons ouverts à d'autres secteurs où cette plateforme pourrait être aussi mise à profit. »

Abonnez-vous et accédez à l’intégralité de la veille technologique

Commentaires

Réagissez à cet article

* Informations obligatoires

erreur

erreur

erreur