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Un laboratoire de recherche sur les 5 sens à Tours

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Par publié le à 01h18

Un laboratoire de recherche sur les 5 sens à Tours

Mener des recherches sur les 5 sens au profit des industriels

Trois PME tourangelles, associées à l’Université François Rabelais de Tours, créent un centre d’études et de recherches sur les technologies du sensoriel, qu’elles entendent bien ouvrir à d’autres secteurs industriels que le luxe ou la cosmétique. D’ailleurs Alstom va devenir le premier partenaire industriel en signant un contrat de recherche de 5 ans.

Après 5 années d’attente, c’est finalement le 12 décembre prochain, que le Centre d’Etudes et de Recherches sur les TEchnologies du SENSoriel (Certesens), ouvrira ses portes au sein de l’Université de Tours (37). Ce sera le premier laboratoire au monde où seront étudiés les mécanismes de perception sensorielle chez l'homme et leur impact sur son comportement.

L'objectif est d’accompagner les entreprises dans la conception de produits qui répondent aux "besoins sensoriels" des consommateurs.

S’ouvrir à l’industrie

Ce centre de 700 m² réunit des espaces d'expérimentation, des cabines de mesure de sensations, et une matériauthèque, où seront progressivement répertoriés d’une manière inédite plusieurs milliers de matériaux. Le Certesens propose une approche originale : une matière ne s’y résume pas à un nom, une somme abstraite de propriétés. Elle s’y raconte, s’y transforme. De la molécule, puis de la poudre au fil. De la feuille à la planche. Son apparence, son odeur, sa saveur, sa sonorité ou la sensation tactile, issues de sa rencontre avec l’homme, seront évaluées, classées, rangées, cartographiées.

Parallèlement, le Certesens sera également en charge de la conception d'outils méthodologiques de mesure et d'analyse des sensations et de création de logiciels permettant de modéliser le recueil, l'analyse des résultats, la performance sensorielle des matériaux, leur recyclabilité.

Un des paris du lieu est d’offrir une approche sensorielle là où on ne l’attend pas. Dans le luxe et la cosmétique le sensoriel préside déjà à la conception. Ailleurs où il intervient peu (transport ; agroalimentaire ; développement durable…), le Certesens fait le pari d'en faire un passage obligé dans une dizaine d’années. Et cette démarche originale a déjà du sens pour certains industriels. Ainsi le groupe Alstom va devenir le premier partenaire industriel fondateur du Certesens, avec qui il va signer le 12 décembre un partenariat de recherche sur 5 ans.

Le Certesens a trois missions principales :
 

  • la réalisation de prestations et d’études pour des entreprises ;
     
  • la recherche académique et partenariale (caractérisation sensorielle, méthodologie, recherche fondamentale et appliquée) ;
     
  • la formation initiale et continue de professionnels. 


Un montage original

Si le Certesens est original dans sa démarche, il l’est aussi dans l’esprit collaboratif qui a présidé à la création de ce lieu. Trois PME tourangelles avant-gardistes, associées à l’Université François Rabelais de Tours, portent ensemble le projet et ont cofondé le lieu. Fortes de leurs spécialités dans le design, la cosmétique et l’alimentaire, elles ont déjà développé des recherches et des services autour des technologies du sensoriel en direction des entreprises soucieuses de qualité et de différentiation.
 

  • RCP Design, est conceptrice de stratégies produits pour les nouveaux modes de vie. On lui doit les trams de Paris, d’Alger et de Tours, le prochain TGV Sud-Est, la future rénovation d’une partie du Palais Bourbon, le positionnement d’image du château de Chenonceau, le design d’éoliennes et de nouveaux produits photovoltaïques. Depuis plus de 20 ans elle développe une recherche sur le design sensoriel et sa fondatrice Régine Charvet-Pello a initié le projet de Certesens.
     
  • Spincontrol, dirigée par Patrick Beau, vice-président de la Cosmetic Valley, réalise les tests sensoriels et qualitatifs des plus grands de la cosmétique internationale. Elle améliore l’efficacité et la tolérance des produits de beauté, a mis au point les protocoles innovants pour définir objectivement l’éclat du teint.
     
  • CQFDgustation, dirigée par Jean-Michel Durivault, affine un croquant, renforce un goût, créé des saveurs répondant aux goûts du XXIe siècle. Elle étudie les caractères organoleptiques des aliments et resitue dans un système de références sensorielles, les étapes d’élaboration des productions alimentaires confrontées à la notion de qualité gustative. Elle développe ainsi la diversité des aliments, valorise des productions agricoles et permet l'expression d'un produit ou d'un terroir.
     
  • L’Université François Rabelais fut quant à elle pionnière de l’enseignement du sensoriel avec Jacques Puisais, docteur es sciences, œnologue, fondateur de l’Institut du goût. Aujourd’hui, elle offre une licence professionnelle et 2 masters dans son département sensoriel et innovation accompagnés d’une spécialité sensorielle dans la formation ingénieur de l’Ecole Polytech Tours. Pour le Certesens, c’est Marc de Ferrière, professeur des universités, président de l’institut européen d’histoire et des cultures de l’alimentation (IEHCA) et titulaire de la chaire Unesco ‘‘Sauvegarde et Valorisation des Patrimoines Alimentaires’’ qui est porteur du projet. La Fondation Rabelais, soutient également les actions du sensoriel grâce au mécénat des entreprises.
     

Le Certesens est un projet labellisé FEDER. Des fonds européens viennent donc compléter ceux engagés par les 3 entreprises et l’Université. La construction financière de cette plate-forme a également été assurée par l’ensemble des collectivités locales (la Région Centre, l’agglomération Tours Plus, le Conseil Général d’Indre et Loire et la Chambre de Commerce et d’Industrie de Touraine). Le tout représente un investissement de près de 3 millions d’euros. Et son modèle économique, prévoir qu’il soit totalement autonome financièrement.

Une recherche qui à du sens

La Cosmetic Valley, pôle de compétitivité en région Centre et premier réseau mondial de la parfumerie-cosmétique, fait du Certesens, la base territoriale d’un de ses domaines stratégiques avec le sensoriel. Elle valorise dans le monde entier les compétences collectives de la plate-forme et renouvelle à Tours pour sa deuxième édition en 2012, le congrès international de recherche Cosmetic&Sensory.

Le Ministère de l’Industrie (direction générale de la compétitivité, de l’industrie et ses services DGCIS) vient également d’accepter la première action collaborative du Certesens avec le programme d’accompagnement à l’innovation Valo-Sens de Valorisation des savoir-faire luxe et haut de gamme des PME françaises par le sensoriel avec 5 PME françaises (cosmétiques, manufacturière textile et emballage), la Cosmetic Valley et la CCI Touraine.

Jean-François Prevéraud
 

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