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[Tech for good] Un cartable numérique pour les enfants dyslexiques

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Par publié le à 06h44

[Tech for good] Un cartable numérique pour les enfants dyslexiques

Au carrefour de l'économie sociale et solidaire (ESS) et du monde des start-up, un nouvel écosystème, qui s'est baptisé "Tech for good" ou "social tech" est en train d'émerger. Tout un pan de l'activité de ce secteur naissant que nous vous proposons d'explorer au cours de l'été consiste à mettre la technologie au service des personnes les plus fragiles, notamment les personnes en situation de handicap ou nécessitant un suivi médical particulier. C'est exactement dans cet esprit que l'ingénieur Denis Masson, lui-même père de trois enfants dyslexiques, a imaginé son cartable numérique.

Utiliser la technologie pour la mettre au service du progrès social : c'est le credo du réseau "technology for social good", ou TechSoup Europe, dont fait partie la solution Ordyslexie, parmi 24 organismes et 400000 personnes mobilisées autour des innovations sociales découlant de l'innovation technologique. Imaginé en 2012 par Denis Massson, pilote de ligne, ingénieur informaticien et lui-même père de trois enfants dyslexiques, ce cartable numérique vise à faciliter l'apprentissage des enfants souffrant de troubles de l'apprentissage. L'homme dit s'être appuyé non seulement sur son expérience personnelle, mais aussi sur des savoir-faire issus des mondes de l'aéronautique -pour s'assurer que l'enfant est "opérationnel" à tout moment, donc disponible pour apprendre sans être distrait par d'autres taches qu'il peine à effectuer - et de l'informatique, en lien avec les retours de différents professionnels de santé (orthophoniques, psychomotriciens, ergothérapeutes) et d'enseignants. L'un de ses fils, Raphaël, aujourd'hui âgé de 24 ans et lui-même dyslexique, a aujourd'hui repris le flambeau aux côtés de son père, qui gère toujours les aspects techniques.

L'outil se présente sous la forme d'un bloc-notes intuitif basé sur Microsoft OneNote, qui se substitue aux documents papiers, peu adaptés aux enfants "dys". "Prendre des notes sur un ordinateur permet de pallier les difficultés liées par exemple au tracé des lettres", détaille Raphaël Masson. "Notre outil, imaginé par les "dys" pour les "dys", intègre en outre la possibilité de prendre des notes par simple dictée vocale, ainsi qu'un dispositif de synthèse vocale pour se faire lire des consignes, par exemple. Le support numérique a d'autres atouts : pour des enfants dont le défilement rétinien est limité, empêchant de lire plus de trois ou quatre mots à la fois, jouer sur les polices et l'écartement des caractères suffit à résoudre certains problèmes". Constitué d'une tablette et d'un stylet combinés à un scanner à roulettes, il affiche d'ores et déjà une communauté de 3000 utilisateurs, notamment grâce à la distribution de plus de 2000 ordinateurs issus d'une donation d'Air France reconfigurés dans le cadre d'un partenariat avec les Ateliers du Bocage.

Ordyslexie a fédéré en 2016 autour de sa solution un consortium avec Microsoft, une équipe de scientifiques spécialistes du langage de l'Université Jean Jaurès de Toulouse et la société Synapse développement. "Nous avons adapté les technologies de Microsoft, initialement conçues pour le monde professionnel, au monde de l'école. OneNote nous a permis de réalisé un classeur virtuel, avec des intercalaires par matière (mathématique, français, sciences de la vie et de la terre, etc) et des pages virtuelles". Les partenaires devraient créer d'ici 2020 un assistant langage, qui a d'ores et déjà reçu le soutien de Bpifrance, pour analyser les erreurs de grammaire et d'orthographe et proposer à l'enfant de revoir les règles de grammaire et de conjugaison correspondantes. Cette innovation reposera sur l'IA de Synapse développement, nourrie par des textes fournies par la communauté des utilisateurs, qui ont été étudiés par les chercheurs de Jean Jaurès pour en déduire des profils linguistiques. "Ce partenariat est intéressant pour Synapse aussi, car ce travail leur a permis d'intégrer à leur moteur la capacité à analyser un langage très appauvri", relève Raphaël Masson.

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