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Sylob développe les ERP des PME

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Par publié le à 16h27

Sylob développe les ERP des PME

Jean-Marie Vigroux, fondateur de Sylob

Sans faire de bruit Sylob a réussi à devenir en 20 ans l’un des acteurs incontournables du marché français de l’ERP. Il dispose maintenant d’une gamme de produits capables de répondre aux besoins des PME de quelques salariés à plusieurs centaines d’employés répartis sur plusieurs sites. Jean-Marie Vigroux, son fondateur, revient avec nous sur 20 ans de succès.

Petite promenade dans le sud-ouest cette semaine pour rencontrer Jean-Marie Vigroux, fondateur et président de Sylob, un éditeur français d’ERP qui fête cette année ses 20 ans.

« Rien ne me prédestinait à devenir responsable d’une entreprise d’informatique, puisque jeune ingénieur, tout frais émoulu des Arts & Métiers, je suis entré dans une PME de mécanique. Toutefois mon nouveau patron, m’a demandé de m’occuper de l’informatique de l’entreprise ».

« J’ai vite compris que le plus important n’était pas l’outil en tant que tel, mais l’important était l’organisation que l’on mettait autour de l’outil. C’est ainsi que j’ai mis en place une Gestion de Production Assistée par Ordinateur (GPAO) dans l’entreprise, sur des Mitra 115 de la CII, des machines qui avaient des disques durs de 10 Mo et 16 ou 32 ko de RAM. Nous étions à la préhistoire de l’informatique industrielle ... c’était il y a 30 ans ! ».

Après une période dans le conseil, Jean-Marie Vigroux a démarré en 1987 sa propre activité de sous-traitant de Nixdorf Computer, pour mettre en œuvre au début la partie GPAO de son d’embryon d’ERP Comet. Les compétences se sont étendues à l’ensemble de la chaine ERP et l’équipe est montée jusqu’à une douzaine de collaborateurs. Suite à l’acquisition de Nixdorf Computer par Siemens en 1990, dont la stratégie lui a semblé floue, Jean-Marie Vigroux a rencontré Albert Bernard, dont la société avait développé Precio, un ERP pour les PME mécaniciennes sous Prolog.

C’est ainsi qu’ils se sont associés pour créer Sylob en 1991 avec dans l’idée de développer leur propre logiciel, intégrant leur expériences respectives du terrain. « Pour cela, nous sommes repartis d’une feuille blanche avec Informix comme base de données et ses outils de développement 4GRDS, ainsi qu’Unix comme système d’exploitation. Ainsi est né PreciX, vite rebaptisé Sylob 7 ».

Toutefois la poursuite des activités autour de la base installée Comet dans la France entière jusqu’à fin 1999, la solution ne passait pas l’an 2000, a permis à Sylob de débuter plus confortablement. Cela a permis notamment de développer le produit, de le faire évoluer, de développer une version sous Windows et de créer une base installée, bref de donner confiance aux clients, toujours réticents à lier leur sort à celui d’une start-up à la pérennité souvent éphémère.

« A force de faire évoluer le produit et d’en enrichir les fonctionnalités, nous sommes passés d’un outil pour petite PME mécaniciennes à un outil généraliste pour grosse PME. Pour ne pas perdre notre clientèle de base, nous avons fait une solution packagée, allégée de quelques fonctionnalités. Mais cette solution ne nous satisfaisait pas. Nous avons alors mené une réflexion dès 2004 avec l’Ecole des Mines d’Albi sur les vrais besoins des petites PME ».

« Notre cahier des charges était simple et reposait sur deux idées : il suffit juste que les clients aient la bonne information au bon moment. Simple à dire, mais compliquer à réaliser, car c’est quoi la bonne information et c’est quoi le bon moment ? ; Il faut que la solution soit capable d’évoluer avec les besoins des clients, car on ne met pas en place un ERP pour deux ans, donc laisser aux entreprises la liberté de faire évoluer assez facilement leurs processus dans le temps, pour qu’elles restent agiles ».

Côté technologies, il a été choisi de travailler autour de briques Open Source et d’avoir une approche Full Web, pour pouvoir se connecter à distance à travers un navigateur standard. De plus, il a été décidé d’inclure un outil de Business Intelligence dans le produit pour tirer facilement parti des informations entrées dans le système. 

                                                


Cette approche modulaire et évolutive a conduit à développer non pas un produit, mais une gamme de produits sur un socle commun. Ainsi sont nés Sylob1 en 2007, Sylob5 en 2009 et Sylob9 en 2011. Sous une ergonomie identique, les différences se font essentiellement sur les niveaux de fonctionnalités proposées aux utilisateurs. Ce qui facilite d’ailleurs les évolutions ascendantes d’une version à l’autre. La gamme de prix des logiciels et des services associés s’échelonnant entre 15 et 300 k€.
 

  • Sylob1 s’adresse aux TPE, jusqu’à une vingtaine de salariés, souhaitant remplacer leurs applicatifs sous Excel.
     
  • Sylob5 vise les entreprises un peu plus grosses ayant des besoins plus élaborés, on retrouve ainsi un configurateur commercial, un module de gestion de la relation client, un module de gestion de SAV.
     
  • Sylob9 s’adresse aux entreprises ayant des besoins encore plus importants (configurateur commercial et technique…) et travaillant sur plusieurs sites. 

« On s’aperçoit au bout de deux ans, que Sylob5 nous a permis de reconquérir une frange de notre clientèle traditionnelle qui ne se reconnaissait plus dans Sylob7. Tandis que Sylob1 nous a permis d’aborder une clientèle que nous n’avions jamais adressée ».

Ce qui n’empêche pas Sylob7, une pure application client/serveur, de continuer sa vie avec maintenant des versions spécifiques dédiées à l’agroalimentaire (Sylob Agro) ou aux bijoutiers fabricants (Topaze). C’est d’ailleurs la grosse partie de la base installée qui représente plus de 400 clients, et sa maintenance est prévue au moins jusqu’en 2025.

Aujourd’hui Sylob c’est un chiffre d’affaires de 6,1 millions d’Euros, en hausse de 15 % par rapport à l’exercice précédent, se ventilant à raison de 50 % pour le logiciel et sa maintenance, 40 % pour le service et 10 % de négoce pour les clients souhaitant des solutions clés en main. L’entreprise emploie 85 personnes dont ¼ est dédié à la R&D. Notons que l’exportation est un axe de développement stratégique à moyen et long terme, qui se matérialise par l’arrivée d’un directeur export et la mise en place d’un réseau de distributeurs dans les pays francophones, un premier temps. Sylob envisage de réaliser 50 % de son chiffre d’affaires vente de licences à l’exportation en 2020 à travers son réseau de partenaires internationaux.

« Notre volonté n’est pas de grossir indéfiniment, même si nous visons les 10 M€ pour 2015 et le double pour 2020, mais plutôt de rester une entreprise à taille humaine, financièrement indépendante car rentable, capable de maintenir son niveau d’expertise et d’innovation technologique », conclut Jean-Marie Vigroux.

A la semaine prochaine

Pour en savoir plus : http://www.sylob.com

Jean-François Prevéraud, journaliste à Industrie & Technologies et l’Usine Nouvelle, suit depuis plus de 30 ans l’informatique industrielle et plus particulièrement les applications destinées au monde de la conception (CFAO, GDT, Calcul/Simulation, PLM…). Il a été à l’origine de la lettre bimensuelle Systèmes d’Informations Technologiques, qui a été intégrée à cette lettre Web hebdomadaire, dont il est maintenant le rédacteur en chef.

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