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Sonia Belaid cultive l'art du secret

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Par publié le à 20h55

Sonia Belaid cultive l'art du secret

Lauréate de la treizième édition des Trophées des ingénieurs du futur, organisés le 6 décembre 2016 par les rédactions d'Industrie & Technologies et l'Usine Nouvelle, dans la catégorie recherche, Sonia Belaid a toujours aimé résoudre des énigmes. Une passion qui a poussée cette ingénieure de 27 ans vers la cryptographie et vers une entreprise particulièrement réputée dans ce domaine, Thales.

Le plaisir de résoudre des énigmes, voilà ce qui a poussé Sonia Belaïd vers la cryptographie. « Trouver la faille dans des algorithmes, c’est drôle, non ? » Oui, oui, certainement ! Elle est aujourd’hui ingénieur cryptologue chez Thales Communications & Security. Un amour de toujours pour les maths, doublé d’une passion immédiate pour l’informatique lorsqu’elle la découvre en classes prépas, pousse la jeune femme très tôt vers la cryptographie, « un métier qui utilise les deux… » Elle choisit son école d’ingénieurs, l’Ensimag, pour son master de cryptologie.

Diplôme en poche, elle piaffe. Ses stages lui ont donné envie de travailler. Dans son premier job, chez Oberthur Technologies, elle rencontre des ingénieurs qui exercent, en parallèle, d’importantes activités de recherche. « Ils m’ont donné envie d’aller plus loin dans mes connaissances, et de faire une thèse. » Elle contacte alors le laboratoire de cryptographie de Thales, où elle a effectué ses stages de deuxième et troisième années d’école. Recrutée comme ingénieur, elle obtient un aménagement de son temps de travail : trois jours par semaine en entreprise, deux jours à l’École normale supérieure, où elle fait son doctorat.

« Alterner les sujets de court terme avec le temps long de la thèse, ça fait du bien ! » Son sujet de thèse : « Sécurité des cryptosystèmes contre les attaques par canaux auxiliaires ». Ce sont des attaques qui exploitent les fuites physiques du composant ou de la puce (temps, consommation, température). Puissantes et récentes, elles ne disposent pas encore de protections efficaces et formellement sûres. Dans le cadre de sa thèse, en collaboration avec l’Inria et Imdea Software Institute, un institut espagnol, deux outils très novateurs sont conçus, donnant lieu chacun à une publication scientifique. L’un permet de vérifier la fiabilité des protections, l’autre de générer des contre-mesures résistantes aux attaques.

Embauchée à temps plein par Thales à l’issue de sa thèse, Sonia Belaïd continue de faire de la recherche académique avec ses anciens directeurs de thèse, sur son temps libre – elle s’oblige tout de même à quelques voyages par an ! « J’aime beaucoup les deux approches, ingénieur et recherche, et apprécie la combinaison des deux, le travail d’ingénieur pouvant donner des idées à celui de recherche, et inversement. » Chez Thales, elle n’utilise pas les outils créés dans le cadre de sa thèse – ils n’ont pas encore de cadre juridique. Mais par sa veille sur la recherche en cryptologie, elle permet aux ingénieurs de l’entreprise de rester au courant des nouveautés qui peuvent protéger les produits Thales. Pour le moment, la jeune ingénieur-chercheur n’a qu’une envie : continuer à gagner en expertise au sein du laboratoire de cryptographie de Thales, en conservant sa double activité. Elle ne se voit nulle part ailleurs dans cinq ans… 

Cécile Maillard

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