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Siemens équipe le premier car-ferry électrique de Finlande

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Par publié le à 07h53

Siemens équipe le premier car-ferry électrique de Finlande

Avec ses 90 mètres de long et 16 mètres de large, Elektra peut accueillir 90 véhicules.

Dans l’archipel de Turku, la liaison entre les villes de Pargas et Nagu s’effectue à bord d’un bateau alimenté à l’électricité. Baptisé Elektra, il est opéré par la compagnie FinFerries depuis cet été. La technologie hybride développée par Siemens permet tout de même un recours à des moteurs diesel en cas de coupure électrique...ou de mer gelée.

En 2015, la Norvège ouvrait la voie des ferries électriques avec l’inauguration du MF Ampere. C’est maintenant au tour de la Finlande. Le 16 juin dernier, l’Elektra transportait ses premières voitures entre les villes de Pargas et Nagu, dans l’archipel de Turku. Contrairement au Sterna, qui sillonne la même route grâce à des moteurs diesel depuis 1992, Elektra a opté pour l’électricité. Construit dans les chantiers navals Crist, en Pologne, il est équipé d’une technologie hybride développée par Siemens. Hybride car si les 2 x 900 kW de propulsion sont la plupart du temps alimentés par des batteries, ils peuvent aussi l’être par des moteurs diesel en cas d’urgence.

La Finlande compte 44 itinéraires dont la traversée se fait en ferry. Au Sud-Ouest du pays, l’archipel de Turku en compte près de la moitié. Que ce soit pour traverser des lacs ou des bras de mer, ce mode de locomotion gratuit fonctionne 24h/24 et 7j/7. Chaque année 5 millions de véhicules et 10 millions de passagers les utilisent. L’entreprise publique FinFerries opère 84 navires pour effectuer ces allers-retours sur des distances allant de 169 mètres à 9,5 km. Certains sont tractés par des câbles. D’autres utilisent des moteurs diesel. Elektra est le premier à fonctionner à l'électricité.

1 MWh stockés dans des batteries

Au niveau des deux embarcadères, les batteries se chargent pendant quelques minutes, le temps que les voitures débarquent et embarquent. Cinq minutes pour un rechargement partiel, suffisant pour parcourir les 1,6 km qui séparent le navire de l’autre berge. « Chargées au maximum, les 1MWh permettraient de parcourir environ 9 km », précise Mats Rosin, directeur général de FinFerries. Mais les batteries ne sont pas conçues pour un tel fonctionnement. « Elles sont très sensibles, confie Kaj Jansson, chef de projet chez FinFerries. Il ne faut pas trop les charger ou les décharger. De plus, elles ont été dimensionnées pour fournir une puissance particulière. Si vous leur en demandez trop, vous les endommagez. » D’où l’importance d’un suivi précis de leur utilisation et de leurs cycles de charge/décharge pour atteindre la durée de vie de dix ans estimée par Siemens.

Au bord du ponton, une tourelle de plusieurs mètres de haut assure la recharge. A chaque arrivée du navire, un système descend automatiquement à la verticale et se branche à l’endroit prévu. Une opération qui nécessite que le bateau soit tout à fait stable. Les accroches classiques à l’avant du ponton sont complétées par une ventouse qui se pose sur le flanc du navire pour le maintenir.

Des moteurs diesel réduits au silence

« D’habitude, lorsqu'on entre dans la salle des machines d’un bateau propulsé au diesel, il faut mettre des protections pour les oreilles, s’amuse Kaj Jansson. Mais pas ici. » Quand on y descend, les trois moteurs diesels sont bien là, flambant neufs, mais à l’arrêt. Ils sont mis en route uniquement lorsque des coupures de courant surviennent. En octobre dernier par exemple, des vents violents ont entraîné la chute d’un arbre sur une ligne électrique. Un black-out a rendu impossible la recharge des batteries le temps de la réparation. « Nous devons être capables d’assurer le service en permanence car des gens vivent sur ces îles, relève M. Jansson. Les secours doivent y avoir accès en cas d’urgence. »

De plus, même si les deux derniers hivers ont été doux selon Mikko Jukakoski, directeur technique de FinFerries, la température ambiante peut descendre jusqu’à -30°C et varier fortement du jour au lendemain en fonction de la direction du vent. « Elle peut passer de -20°C à +8°C en 24h », affirme-t-il. Dans ces conditions, il arrive donc que la mer gèle entre les îles, notamment près des côtes, rendant difficile les manœuvres d’approche. Les moteurs diesel offrent la puissance nécessaire dans ces cas-là.

Si Elektra fait ses preuves, les anciens modèles fonctionnant au diesel seront-ils convertis ? « En principe, c’est possible », affirme Odd Moen, directeur commercial des solutions marines chez Siemens. De son côté, le directeur général de FinFerries assure y réfléchir pour le faire au moment où les moteurs diesel actuels devront être remplacés.

 

Elektra de Xavier BOIVINET

 

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