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Senlis veut créer un centre de compétences dédié au bio-mimétisme

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Par publié le à 15h21

Senlis veut créer un centre de compétences dédié au bio-mimétisme

Transformer une friche industrielle de 10 ha en 1er centre européen dédié au bio-mimétisme

Convertis par l’un des leurs, les édiles de Senlis entendent transformer une ancienne caserne en un centre de compétences européen dédié au bio-mimétisme. Une idée qui répond à un véritable besoin autour du développement durable.

J’ai rencontré voici quelques jours des membres de l’équipe municipale de la Ville de Senlis dans l’Oise, qui sont porteurs d’un projet de création d’un Centre européen de compétences en bio-mimétisme. Une infrastructure unique en France et en Europe.

« Il s’agit pour nous de faire d’une pierre deux coups », explique Pascale Loiseleur, maire de Senlis. « D’une part, réinvestir la caserne Ordener, située à proximité du centre-ville, qui a été abandonnée par l’Armée en 2009, laissant une friche industrielle de 10 ha. D’autre part, nous ancrer dans une discipline innovante s’inscrivant dans la démarche de développement durable ».

Ce projet entend profiter des installations laissées en bon état par l’Armée et facilement aménageables, pour y créer d’ici 2014 un campus adossé à une technopole. « Nous souhaitons créer avec ce centre de compétences, une filière de formation, industrielle et scientifique de référence et de dimension internationale, qui soit source de croissance et d’emplois ».

De fait, ce centre européen de bio-mimétisme disposera d’un pôle d’enseignement universitaire, d’un pôle de formation, de laboratoires mutualisés pour les entreprises en phase de recherche et de développement, d’un centre d’activité (bio business center) intégrant un centre de télétravail pour les entreprises, un centre de conférence et d’exposition. Un centre de compétences qui devrait attirer des start-up innovantes opérant dans le bio-mimétisme, des TPE, des PME, mais également des grands groupes industriels.

Le site disposera également de toutes les infrastructures d’accueils avec à la mise à disposition pour l’ensemble des intervenants, de bureaux, de laboratoires de recherche, d’un lieu de restauration collective, de 160 logements pour étudiants, ainsi que des espaces de formation, situés à quelques centaines de mètres du centre historique de la cité, qui n’est qu’à 25 km de l’aéroport de Roissy Charles de Gaulle.

Un ambitieux projet d’aménagement territorial, qui représenterait un véritable vecteur de croissance et d’emplois pour la ville, son bassin urbain et l’ensemble de la Région Picardie. Pour cela la municipalité s’est associée à un certain nombre de partenaires : le Conseil Régional de Picardie, le pôle de compétitivité Industries Agro Ressources (IAR), l’Etat via le Plan local de redynamisation (PLR), et l’association Cleantuesday.

L’investissement nécessaire au développement de ce projet est estimé à 12 millions d’euros pour la première tranche correspondant à la mise aux normes des logements étudiants et du bio business center. L’Etat, via le Plan Local de Redynamisation signé le 13 juillet 2012, participera au financement de ce projet à hauteur de 1,5 millions d’euros.

4 mastères prévus

Dans le domaine de la formation, les porteurs du projet ont noué des liens forts avec un certain nombre de partenaires académiques et de recherche : Université Picardie Jules Vernes (UPJV) ; Université technologique de Compiègne (UTC) ; Institut Polytechnique LaSale à Beauvais ; Ecole nationale supérieure de création industrielle (ENSCI) ; le Cetim ; l’Ineris,

Tous disposent déjà de formations liées au bio-mimétisme, mais ils devraient participer activement à la mise en place de 4 mastères : bio-mimétisme ; bio-économie ; eco-toxicologie ; bio-design.

Au cœur du développement durable

« Ce projet d’aménagement se positionne en forte complémentarité avec les pôles de compétitivités existants et les dynamiques économiques de la région. L’objectif de ce centre de compétences dédié au bio-mimétisme vise à développer et à mutualiser les échanges et les espaces de collaboration entre l’ensemble des acteurs publics et privés, autour de projets collaboratifs innovants générateurs de croissance », explique Francis Pruche, chercheur et conseiller municipal de Senlis délégué à la reconversion du quartier Ordener.

Calendrier du projet

2012 :Signature en juillet d’un Plan Local de redynamisation (PLR) avec l’Etat

2013 :Cession par le Ministère de la Défense et acquisition par la Mairie de Senlis du site de la caserne militaire Ordener

2013 : Débuts des travaux d’aménagement

2014 : Accueil des premières entreprises et des centres de formation

 

 « Il est très important d’assembler des industriels sur des projets où l’on a pas réussi à résoudre un certain nombre de problèmes, dans lesquels une mutualisation de la recherche est très importante pour d’une part économiser et d’autre part d’accélérer les découvertes. De plus, cela permet une cross-validation des sujets pour éviter de développer des solutions ne répondant pas à des problèmes réels ».

Le bio-mimétisme s’inscrit dans une démarche de Développement Durable. Cette discipline innovante a vu le jour aux Etats-Unis il y a une quinzaine d’années, sous l’impulsion de la biologiste américaine Janine Benyus. Elle consiste à développer des applications innovantes à partir de l’étude et de la compréhension des mécanismes des systèmes biologiques. Pour cela on adapte les principes et les stratégies élaborés par les organismes vivants et les écosystèmes pour produire des solutions techniques et des biens innovants et durables.

« Le bio-mimétisme connaît actuellement une dynamique très forte en lien avec les besoins des marchés. Cette discipline représente une véritable opportunité de développement pour la ville de Senlis et l’ensemble de la Région Picardie », estime Francis Pruche.

« Avec l’ouverture de ce centre de compétence, ce que nous proposons aux entreprises, c’est de faire de la recherche autrement en s’inspirant du vivant », résume Pascale Loiseleur.

Et de fait, la première présentation a effectivement attiré un public industriel nombreux issu de multiples secteurs : architecture ; chimie verte ; défense et armement ; design ; environnement ; énergie renouvelables…

Bonne chance donc à ce projet.

A la semaine prochaine

Pour en savoir plus :

Jean-François Prevéraud, journaliste à Industrie & Technologies et l’Usine Nouvelle, suit depuis plus de 31 ans l’informatique industrielle et plus particulièrement les applications destinées au monde de la conception (CFAO, GDT, Calcul/Simulation, PLM…). Il a été à l’origine de la lettre bimensuelle Systèmes d’Informations Technologiques, qui a été intégrée à cette lettre Web hebdomadaire, dont il est maintenant le rédacteur en chef. 

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