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Satellite, drones, tracteurs connectés : l'arsenal high-tech des agriculteurs

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Par publié le à 10h37

Satellite, drones, tracteurs connectés : l'arsenal high-tech des agriculteurs

Confrontés à des défis sociaux, économiques et environnementaux, les agriculteurs sont contraints de produire plus et mieux avec moins. Les technologies numériques comme le satellite, les drones et les tracteurs connectés pourraient les y aider.

Afin d’affiner toujours plus le pilotage de leurs cultures, soumises aux caprices de la météo et de l’environnement, un nombre croissant d’agriculteurs se tournent progressivement vers le numérique. Parmi eux, Guillaume Lefort. Dans sa ferme du Gâtinais, en Seine et Marne, qu’il a reprise en 2010 à un agriculteur sur le départ, le producteur doit veiller sur une exploitation de 250 hectares. Blé de force, orge de printemps, betterave sucrière et colza… poussent sur un sol argilo-calcaire, très filtrant et assez inégal. Pour gérer au mieux cette hétérogénéité, l’agriculteur a fait le pari des nouvelles technologies.

“L’idée avec ces nouveaux outils, c’est de déterminer les variabilités intraparcellaires : les zones plus argileuses, les zones dans lesquelles il y a plus ou moins de profondeur, afin de mieux utiliser intrants et produits phytosanitaires”
, détaille l’agriculteur. Soit, mettre la juste dose au bon endroit et au bon moment. “Je ne vais pas vendre du rêve : il ne s’agit pas d’en mettre moins, mais de l’appliquer mieux. Car les produits coûtent cher”, insiste Guillaume Lefort. Ces apports mieux ajustés, la production s'en trouve également dopée. A dose d'azote équivalente, la modulation permet un gain de 3 quintaux par hectare sur les parcelles les plus hétérogènes et les mieux structurées.

Scanner la biomasse et la teneur en chlorophylle des cultures

 

Auparavant, le producteur utilisait un HN tester pour effectuer le diagnostic de nutrition azotée de ses parcelles. Un outil électronique manuel qui permet, en pinçant les feuilles des cultures en croissance, de mesurer le facteur de réflectance et connaître ainsi le taux d’azote absorbé par la plante. “Je réitérai l’opération sur une zone homogène et j’extrapolais à la parcelle entière, explique l’agriculteur. Mais le système ne me permettait pas de gérer les particularités à l’intérieur du champ”.

 

Il y a 3 ans, Guillaume Lefort décide donc de tester une autre solution : Farmstar. Un service combinant imagerie satellite et expertise agronomique, développé par Airbus defence and space, terra Innovia et Arvalis. Dédié à l’agriculture de précision et au pilotage des cultures, l’outil permet d’établir une cartographie des zones problématiques à l’intérieur des parcelles en fournissant les caractéristiques physiques des cultures comme la biomasse et la teneur en chlorophylle des plantes. “Mais le système rencontrait parfois des difficultés par temps couvert, et j’ignorais la date à laquelle les mesures avaient été collectées”, pointe Guillaume Lefort.

 

Le drone, plus précis mais contraignant

 

L’année dernière, l’homme a donc opté pour le drone, un modèle du constructeur e-Bee fonctionnant avec le système Dron’images, qu’il loue auprès de la chambre régionale d’agriculture. “Le principe est le même, mais au moins, je sais quand il passe. Je peux donc prendre en compte l’historique, mes données sont datées”. L’outil, développé pour fonctionner même sous couverture nuageuse, survole les champs à 150 m d’altitude, à une vitesse de 70 km/h. Un capteur quadricouleur embarqué lui permet de scanner les cultures et de fournir une vision globale, à l’échelle de la parcelle, de la teneur en azote des plants. Les données, retraitées par ordinateur, affichent sur l’écran une modulation au mètre carré près du champ survolé. Et un code couleur permet de déterminer les zones où déverser l’engrais. L’espace ainsi cartographié est enregistré dans une clé USB que je connecte directement à l’ordinateur de bord de mon tracteur, qui possède un GPS intégré. Les informations s’affichent à l’écran et il me suffit alors de moduler la quantité d’engrais diffusée par mon épandeur en fonction de ma position dans les zones traversées”, explique Guillaume Lefort.

Le système satellite serait-il dépassé ? “Le drone est certes plus personnalisé, mais avec la solution Farmstar, vous balayez d’un coup 10 000 hectares… Cela dépend de l’usage et de la taille de l’exploitation”, tempère Delphine Bouttet, ingénieure au sein de l’institut du végétal Arvalis, qui accompagne les agriculteurs dans leur transition numérique. D’autant que le drone exige d’avoir un permis pour le faire voler”. Déjà, Guillaume Lefort réfléchit à une autre solution en vue de gagner encore en précision. “Il s’agirait d’installer cette fois le dispositif sur le tracteur. Afin que celui-ci, muni d’une camera et de capteurs, puisse filmer et scanner les cultures au plus près et en temps réel”.

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