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Route du futur : Power Road fait chauffer l’asphalte

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Par publié le à 08h34

Route du futur : Power Road fait chauffer l’asphalte

Mise en place du dispositif Power Road.

Au minimum, la route chauffante d’Eurovia déneige la chaussée. Dans une version plus poussée, elle capte la chaleur du bitume, la stocke et la restitue plus tard. Avec deux installations terminées cet été, la filiale de Vinci se dirige vers l’industrialisation de son procédé.

En 2012, le réseau routier français couvrait 12,3 milliards de m². Avec Power Road, 25 m² de chaussée à peine suffisent à chauffer un logement de 70 m². Eurovia, filiale de Vinci, a présenté lundi 16 octobre sa route à énergie positive. Des tubes de plastique serpentent à quelques centimètres sous la surface du bitume. À l’intérieur, un fluide caloporteur circule pour fournir ou récupérer de la chaleur. Celle-ci peut être stockée dans un dispositif de géothermie et restituée plus tard.

L’été dernier, la France a vu naître deux installations de ce type. La première à Saint-Arnoult-en-Yvelines (78) au niveau de la voie d’accès au parking poids lourds de la gare de péage de l’autoroute A10. La chaleur du soleil est captée sur une surface de 500 m², stockée sous terre et utilisée par une pompe à chaleur. « Cela permet de chauffer le bâtiment d'accueil du public de la zone de repos, précise Ivan Drouadaine, directeur pour la technique et la recherche chez Eurovia. Mais c'est aussi un objet expérimental complètement instrumenté. »

Vers l’industrialisation

Plus commercial, le deuxième chantier servira cet hiver à déverglacer un parking de 3 500 m² à proximité du lycée Xavier Marmier à Pontarlier (25). « C’est le début de l’industrialisation du procédé », assure M. Drouadaine. Mais cette fois, pas de captage, ni de stockage. Le circuit installé sous la chaussée récupère l’énergie d’un réseau de chaleur alimenté par une usine de valorisation de déchets urbains.

Le dispositif peut aussi bien être intégré à des routes neuves que lors d’opération d’entretien. Les tuyaux sont enfouis entre 5 et 7 centimètres sous la surface du bitume. « La chaussée peut atteindre 60°C en été, précise Sandrine Vergne, ingénieure développement technique chargée du projet Power Road chez Eurovia. Quelques centimètres en dessous de la surface, la température est encore autour de 40°C. » Dans le cas où le système est dimensionné pour capter la chaleur, les calories sont transférées au fluide : de l’eau à laquelle est ajouté du glycol en guise de protection contre le gel.

Géothermie inversée

Quand le besoin de chaleur n’est pas immédiat, elle est stockée sous terre. Alors que la géothermie classique consiste à récupérer la chaleur du sol, le système Power Road lui en fournit. Pour cela, des puits sont forés entre 50 mètres et 200 mètres de profondeur en fonction des besoins en puissance et en énergie. Le fluide chauffé y circule et transfère ses calories au massif alentour. « Dans une certaine mesure, la chaleur est conservée de manière inter-saisonnière, assure Ivan Drouadaine. Ce qui est accumulé en été sera disponible au début de l'hiver. »

Dimensionné par le bureau d’étude Burgeap, le champ géothermique du site de Saint-Arnoult-en-Yvelines compte 20 puits forés jusqu’à 80 mètres de profondeur. Le projet est également scientifiquement épaulé par le CEA Tech, et par l’IFSTTAR pour la partie mécanique et résistance de la route. Initié dans le cadre de l’appel à projet « Route du futur » de l’ADEME, le partenariat se poursuit avec un autre démonstrateur prévu en 2019.

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