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[Retour vers le futur] Des chocs pétroliers à la transition énergétique

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Par publié le à 05h39

[Retour vers le futur] Des chocs pétroliers à la transition énergétique

Dans le cadre de ses séries d'été, Industrie & Technologies vous propose de plonger dans ses archives et de redécouvrir des moments clés dans le développement de certaines technologies. Aujourd'hui, nous remontons par degrés aux origines de la transition énergétique.

Années 1970. En moins d'une décennie, l’économie mondiale affronte deux crises majeures. Si l’envolée des prix du pétrole en 1973 aura fait l’effet d’un coup de semonce, celle de 1979 est celle de la prise de conscience de la dépendance de nos économies aux ressources fossiles. Le baril de brut, bon marché jusqu'à présent, voit son prix multiplié par trois en l’espace de deux ans. Le pétrole n’est plus cette ressource abondante et facile d’accès, et certains se tournent vers d'autres solutions. La sobriété et les énergies alternatives sont dans le viseur des chercheurs, à une époque où les notions de changement climatique et de transition énergétique s’apparentaient à de la science-fiction.

La biomasse, ou le rêve de l’énergie gratuite

Industries & Techniques, mai 1980

Au début des années 80, le solaire, énergie inépuisable et gratuite, est considéré comme l’une des sources les plus prometteuses afin de remplacer les carburants d’origine fossile. Mais ce rêve se heurte au faible rendement des capteurs de l’époque, dont il faudrait couvrir des hectares et des hectares afin de d’obtenir une énergie suffisante. Les chercheurs ont donc choisi de s’intéresser aux capteurs solaires naturels que sont les végétaux et développent les techniques de méthanisation de la biomasse. Les premières cultures énergétiques sont mises en place, notamment près d’Arles avec la canne de Provence, qui se destinait à une valorisation par combustion et gazéification. Le 23 janvier 1980, un programme « Biomasse et Energie » est signé par le Ministère de l’Agriculture, l’Agence pour  les économies d’énergie et le Commissariat à l’énergie solaire. Les experts estimaient à l’époque que « l’énergie verte » pourrait apporter en France, dès 1985, l’équivalent de 6 millions de tonnes de pétrole par an et plus de 10 millions en l’an 2000.

Se serrer la ceinture

Industries & Techniques, juin 1979

Le numéro spécial « Energie et matières premières » s’ouvre par un avant-propos signé par le directeur général de l’énergie et des matières premières pour le Ministère de l’industrie, François de Wissocq : « L’initiative de la revue Industries et Techniques de consacrer un numéro spécial aux économies d’énergie et aux économies de matières premières intervient à un moment où ces thèmes sont, chacun en est conscient, d’une brûlante actualité. » Anti-gaspillage et innovation, récupération d’énergie, recyclage… Invoqués à l'époque comme une réponse à la hausse des prix du pétrole, ces thèmes de l’économie circulaire sont toujours présents aujourd'hui. Mais les motivations ont évolué : le risque pour la planète que représente la soif de consommation d’une population croissante s'est fait une place aux côtés de l'épouvantail de la variation des prix de l'or noir. Dans un article intitulé « La pénurie impose sa loi : changer de vie », l’auteur ose une mise en garde : « A vrai dire, changer de vie, considérablement et vite, c’est beaucoup demander aux hommes de la fin du millénaire. Mais c’est une question de vie ou de mort. Si le consensus est refusé, la « crise » de l’énergie peut déboucher sur une véritable tragédie. » Des mots qui s'adressent sans doute encore à l’homme du nouveau millénaire.

« L’impératif nucléaire »

Industrie & Techniques, décembre 1977

En 1977, le choc pétrolier de 1973 est bien présent dans les mémoires. La nouvelle flambée des prix du pétrole de 1979 n’a pas encore eu lieu mais « l’OCDE prévoit une nouvelle crise pétrolière beaucoup plus importante que la précédente, vers 1985-1990, si les gouvernements n’adoptent pas des mesures beaucoup plus vigoureuses », avertit Lucien Thiriet, chargé d’études économiques générales au Commissariat à l’énergie atomique (CEA). Parmi les mesures évoquées : « faire de l’énergie nucléaire la source principale de leur production d’électricité. » Si les gouvernements s’y refusaient, M. Thiriet nous promet des conséquences « très graves ». Sur la base d’analyses économiques et de scénarios, EDF et le CEA insistent sur la nécessité d’une transition vers le nucléaire pour s’affranchir des risques liés à la volatilité des prix du pétrole. Eurofinance, société d’analyses économiques et financières, indique que les centrales nucléaires disposent sur leurs homologues classiques d’un avantage de coûts estimé entre 20 % et 40 %. Un article (non signé) nuance néanmoins : « Ce n’est qu’une estimation. Car pour être plus rigoureux, il faudrait aussi intégrer le coût de démantèlement des centrales, celui du stockage et du traitement des déchets et celui de la R&D pris en compte par la collectivité. Autant de coûts jusqu’à présent ignorés. » Tout comme ceux liés au renforcement des mesures de sécurité qui apparaîtront par la suite.

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