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[Retour vers le futur] De Swissmetro à Hyperloop : renaissance d’un projet enterré

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Par publié le à 06h47

[Retour vers le futur] De Swissmetro à Hyperloop : renaissance d’un projet enterré

Dans le cadre de ses séries d'été, Industrie & Technologies vous propose de plonger dans ses archives et de redécouvrir des moments clés dans le développement de certaines technologies. Aujourd'hui, nous revenons sur l'épisode Swissmetro, prédécesseur de la course à l'Hyperloop qui fait rage aujourd'hui.

En 2005, les Suisses étaient censés parcourir les 61 km qui relient Genève à Lausanne en quelques minutes. Voire pousser jusqu’à Zurich en une heure. Le tout dans des capsules filant sous terre et dans le vide à 500 km/h. Le projet devait même s’étendre à l’échelle européenne dès 2010. L’histoire et les ambitions de Swissmetro nous sont contées dans un article paru dans Industrie & Technologies en novembre 1998. Alors au stade des études technico-économiques, le projet a depuis été enterré. Aujourd’hui pourtant, le concept ressort de terre (c'est le cas de le dire), porté par un homme récemment converti à la construction de tunnels. En 2013, Elon Musk publie un livre blanc détaillant le concept de l’Hyperloop, très similaire à celui de Swissmetro. « J'ai été très étonné !, affirme Marcel Jufer, professeur à l’Ecole polytechnique de Lausanne (EPFL) et ancien coordinateur scientifique du projet Swissmetro. Tant que rien n’avait été publié, je n’étais au courant de rien. »

Depuis, des entreprises comme Virgin Hyperloop One, Hyperloop TT ou Transpod souhaitent réussir là où Swissmetro a échoué. Avec le recul, Marcel Jufer livre les ingrédients de la réussite : l’existence d’un besoin et les ressources financières. « Le besoin existe pour relier les villes, juge-t-il. Il est d’autant plus marqué aujourd’hui que dans les années 1990 où nous pensions encore pouvoir faire beaucoup de choses avec les chemins de fer. Or, ce n’est pas le cas. Nos lignes suisses deviennent saturées. » De plus, la topographie et la densité de population, de villes et de villages y rendent difficile la construction de lignes TGV. « La seule solution est d'être souterrain », poursuit-il.

« Il n'y a jamais eu de réponse »

Dans notre article publié en novembre 1998, Swissmetro vient de faire une demande de concession déposée auprès de la Confédération suisse. Cela concerne un tronçon pilote entre Lausanne et Genève. « Réponse ce mois-ci… », précise l’article. Seulement, les choses ne se sont pas déroulées comme prévu. « Il n'y a jamais eu de réponse, se souvient Marcel Jufer. Il nous a été demandé d’étudier plutôt un tronçon pilote entre Zurich et Bâle. Nous l’avons fait, mais il n’y a pas eu de suite. » Pour lui, ce silence s’explique par la priorité donnée au tunnel de base du Saint-Gothard en termes d’investissements. Long de 57 km, il a été inauguré en 2016 au cœur des Alpes suisses après 20 ans de travaux. « En 2010, comme rien ne bougeait du côté de la Confédération, il a été décidé de renoncer et de dissoudre l’entreprise Swissmetro SA créée pour porter le projet », poursuit M. Jufer.

Aujourd’hui en charge de la gestion du savoir-faire, des archives et des projets en relation avec les travaux de Swissmetro, Marcel Jufer conseille les étudiants de l’EPFL qui participent à la troisième édition de l’Hyperloop Pod Competition. Organisée par SpaceX sur une piste à proximité de son siège californien, cette rencontre verra s’affronter vingt universités le 22 juillet 2018. Objectif : construire la capsule la plus rapide. Le professeur sera de la partie : « J’accompagne les étudiants de l’EPFL et je présente Swissmetro lors d’un congrès organisé à l’occasion. » L’ombre des suisses plane donc encore sur l’Hyperloop. Et si les droits de Swissmetro SA ont été intégralement cédés à l’EPFL, l’entreprise renaîtra-t-elle un jour ? Pas impossible selon M. Jufer : « Des gens s'y emploient du côté de Zurich. »

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