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Propulsion au plasma, télescope spatial, entretien des satellites : les prochains défis technos de la Nasa

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Par publié le à 10h10

Propulsion au plasma, télescope spatial, entretien des satellites : les prochains défis technos de la Nasa

En marge de la conférence Hello Tomorrow 2015 qui s'est tenue à Paris la semaine dernière, David W. Miller, CTO de la Nasa et professeur d’astronautique au MIT, a rencontré nos confrères de l'Usine Digitale. Il a détaillé, entre autres, les ambitions de la Nasa en matière de propulsion au plasma, de télescope spatial et d'entretien des satellites. 

La propulsion est l'un des domaines qui a le moins évolué au fil des ans. Quelle sera la prochaine grande avancée ?

David Miller : Jusqu’à présent nous nous sommes beaucoup reposés sur les réactions chimiques. Si vous regardez certains des meilleurs moteurs-fusées au monde, comme par exemple le RS-25 de la navette spatiale, dont une variante sera utilisée pour la mission vers Mars, ce sont grosso modo des moteurs à vapeur. Ils brûlent de l’oxygène et de l’hydrogène pour créer de la vapeur qui propulse la fusée.

L’une des grandes avancées à venir est la propulsion au plasma, dite électrique. Au lieu d’avoir les 4 km/s de vitesse d'éjection des gaz obtenus par le RS-25, on peut obtenir quelque chose de l’ordre de 40 km/s. La poussée est moindre, mais ces moteurs sont beaucoup plus efficaces. Pour la mission vers Mars, nous voulons expédier la cargaison en avance pour pouvoir installer la base grâce à des robots, préparer le véhicule de retour et vérifier que tout est prêt avant d’envoyer l’équipage humain. C’est cela la grande avancée, de pouvoir envoyer tout cet équipement à l’avance grâce à une méthode de propulsion hautement efficace.

Vos propres recherches concernent en particulier les satellites modulaires et reconfigurables. Quand verra-t-on ces technologies en application ?

D.M : Très prochainement. L'un des domaines sur lequel je me concentre particulièrement est celui des télescopes. Le télescope spatial James Webb, qui est un partenariat avec l'ESA, se déploiera une fois mis en orbite. L'assemblage de grands télescopes directement dans l'espace, au point de Lagrange Soleil-Terre L2, est un type de reconfiguration. Je pense que cette capacité sera une grande étape.

Il y a aussi le domaine de l’entretien des satellites. A l’heure actuelle on traite les satellites comme si on achetait une voiture de luxe avec le plein qu'on abandonne lorsqu'elle n’a plus d'essence. Donc on réfléchit à comment les ravitailler, les réparer, ce genre de choses. Nous travaillons sur ces questions pour la Station spatiale internationale (ISS), et d'autres travaillent à l'entretien de satellites en orbite géosynchrone.

Enfin, une autre dimension de la reconfiguration est le changement d’orbite des satellites. Si vous avez un satellite défectueux dans une constellation, il est par exemple intéressant de pouvoir déplacer les autres satellites pour regagner la zone de couverture sans avoir à attendre un remplacement.

La Nasa est une organisation massive. Comment faites-vous pour rester agiles et innovants malgré votre taille ?

D. M : Il y a beaucoup de technologies que nous pourrions utiliser et beaucoup de défis que nous essayons de relever, mais on ne peut pas tout inventer ni tout supporter. Notre philosophie se résume par "Lead, Adapt, Follow" (mener, adapter, suivre). S’il y a une technologie que nous sommes les seuls à vouloir, comme par exemple un système de support de vie dans l’espace, nous prenons la tête dans ce domaine.

Retrouvez l'intégralité de l'interview de David Miller sur le site de nos confrères de L'Usine Digitale

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