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Prix de l’Ingénierie du Futur : La vision des jeunes sur les éco-métropoles

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Par publié le à 15h20

Prix de l’Ingénierie du Futur : La vision des jeunes sur les éco-métropoles

Repenser les villes

J’ai eu le plaisir de participer cette semaine au Jury du Prix de l’Ingénierie du Futur organisé par le Syntec-Ingénierie.

Le Prix de l’Ingénierie du Futur vise à récompenser des équipes d’étudiants inscrits dans une filière ingénieur ou Master des écoles d’ingénieurs, universités ou CFA, en liaison avec les activités du Syntec-Ingénierie.

Il leur était demandé cette année de plancher sur le thème : Et si l’avenir était entre vos mains ? A quoi ressemblerait l’Eco-Métropole du Futur ?

Les critères d’appréciation du Jury étaient : la vision perspective du projet, c’est-à-dire sa pertinence au regard des mutations envisagées, ainsi que vis-à-vis des évolutions scientifiques et technologiques prévisibles ; la méthodologie de travail retenue avec les freins et les facteurs de succès envisagés, ainsi que la créativité des solutions proposées ; enfin, la qualité de la présentation tant écrite avec un dossier de 5 pages, qu’orale avec une présentation de 10 minutes suivie qu’une session de questions/réponses.

21 projets ont été présélectionnés et soumis à un collège d’experts du Syntec-Ingénierie, afin d’arriver à une sélection de 10 projets qui ont fait l’objet d’un grand-oral devant le Jury. Deux projets devaient être sélectionnés, sachant que les 10 projets retenus feront l’objet d’une présentation sous forme de posters lors des 11e Rencontres de l’Ingénierie, qui auront lieu au CNIT de Paris La Défense le 25 octobre. L’un d’entre eux se verra alors décerner le Prix du Public.

Globalement, l’ensemble des projets insiste sur la nécessaire vision systémique du problème, menant des réflexions sur la gestion des ressources naturelles, de l’énergie et des déchets. Nombre d’entre eux ont conduit une réflexion globale sur les aspects habitation, transport, travail, commerce et loisir/culture indispensables à une vie en société. Tous envisagent une densification de ces composantes, pour certains, proche du collectivisme, afin de limiter la consommation énergétique et de limiter les déplacements.

Les deux projets retenus sont : Polyv’Iles de l’une des deux équipes de l’Université de Technologie de Compiègne (UTC) et Echy de l’Ecole des Ponts ParisTech. Le premier est très global alors que le second insiste sur un point particulier qui et celui de l’éclairage naturel des intérieurs.

Polyv'ile le futur prend le large

Polyv’Iles est très utopique, mais ne sommes nous pas dans le futur ? En 2050 très précisément au large des cotes françaises de l’Atlantique sur un archipel d’iles flottantes de 3 km de diamètre, hébergeant environ 40 000 habitants chacune. Les activités industriels en sont exclues puisque restées sur le continent proche.

Cet archipel modulable est protégé des tempêtes et de la grosse houle par des digues flottantes récupérant l’énergie houlomotrice (systèmes de récupération oscillants mécanique ou à colonne d’eau ; système à débordement avec turbines…). Des hydroliennes et des éoliennes complétant les apports d’énergie, tandis que des systèmes exploitant l’énergie thermique des mers ainsi que la pression osmotique servent d’appoint.

La coque de l’ile bénéficiera des avances des matériaux composites biodégradables recyclables en fin de vie. Sa surface sera subdivisée en une multitude de petits ilots hexagonaux de 100 mètres de coté accueillant des immeubles d’habitation, des commerces de proximité, des services, des bureaux. Certains pourront être spécialisés (espaces verts, équipements de loisir ou culturels…).


                                         


Des canaux sépareront ces ilots permettant les transports quotidiens et le transit des bateaux de loisir vers le port qui occupe le centre de l’ile. Celui-ci desservira un immense parking à bateau souterrain où chaque navire sera stocké dans une case, réduisant ainsi l’emprise au sol. Des ponts permettront les circulations douces entre les iles (marche, vélo…)

Les transports en commun seront réalisés à l’aide d’Ecobulles, des cabines circulant sur appels des utilisateurs sur des monorails reliant le sommet des différents immeubles, propulsées par champs magnétiques.

Enfin, chaque immeuble évitera les vis-à-vis directs et comportera des appartements traditionnels et des maisons en alvéoles modulables. Leurs sous-sols abriteront les réseaux de collecte de déchets, les unités de désalinisation produisant l’eau potable, les stockages d’eau de pluie, la partie technique des toilettes sèches de chaque logement, la gestion intelligente du réseau électrique gérant les différentes sources d’approvisionnement dont les panneaux solaires placés sur les toits et les trottoirs générateurs, etc.

Notons le caractère abouti de la présentation, qui quelque fois cédait même aux sirènes du marketing.

Echy éclaire les pièces sombres

Autre projet sélectionné, Echy traitant de l’éclairage d’un mode durable. Celui-ci remet en cause l’efficacité de la traditionnelle fenêtre pour assurer l’éclairage intérieur des habitations en plein jour et pointe du doigt en plus les renforts structuraux que cela suppose dans le bâtiment, les fuites thermiques que cela provoque, les investissements nécessaires en accessoires (volets, grilles, stores, rideaux…), sans toutefois nier les apports architecturaux et l’ouverture sur le monde que cela procure.

Reste que souvent même en plein jour, il faut allumer la lumière pour disposer d’un éclairage correct dans tous les points d’une pièce fut-elle d’habitation ou à usage de bureau. Les étudiants sont partis du principe qu’il serait plus efficace d’utiliser directement l’énergie lumineuse récupérée sur un toit en la transportant vers les lieux d’utilisation via une fibre optique (rendement estimé à 15 %), plutôt que de la convertir en électricité pour la transporter ou la stocker, avant de la retransformer en lumière (rendement estimé à 3 %). Ainsi est né Echy (éclairage hybride).

                                       

                                                Capter le lumière sur le toit 
                                    pour la distribuer à l'intérieur des bâtiments



Un panneau intégrant des lentilles optiques est placé en toiture et suit les mouvements du soleil. Ces lentilles concentrent la lumière et la canalisent vers l’entrée d’une fibre optique qui distribue la lumière naturelle vers les points d’utilisation. Les étudiants estiment qu’un panneau de 2 m² qui reviendrait à 5 300 € sur 10 ans est capable de produire une puissance lumineuse de 100 000 lumens soit ce qui est nécessaire pour éclairer une pièce de 100 m² avec un éclairement moyen de 550 lux à 80 cm. Soit l’équivalent de 20 tubes fluorescents produisant chacun 89 lm/W. A Marseille l’économie annuelle serait de 2 660 kWh par an et de 1 850 kWh à Paris. Par contre ce système ne peut stocker l’énergie, il faut donc conserver un système d’éclairage traditionnel pour la nuit et les jours sombres. Mais c’est une solution qui reste intéressante pour nombre de bureaux, ateliers et autres commerces.

Un projet qui, bien que très ponctuel, présente une évolution majeur en termes d’économie d’énergie et qui, de ce fait, devrait trouver rapidement des débouchés bien avant que l’on en soit arrivé aux Eco-Métropoles du Futur.

Mentionnons enfin deux autres projets bien aboutis. La nanotour Canopea de Polytech Annecy/Chambéry qui entre déjà en phase de réalisation avec l’appui de grands groupes, puisqu’il va concourir au Solar Decathlon Europe à Madrid en fin d’année. La vision durable pour le quartier Pechbusque de Toulouse présentée par l’Insa de Toulouse.

A la semaine prochaine

Pour en savoir plus : http://www.avenir-ingénierie.fr

Jean-François Prevéraud, journaliste à Industrie & Technologies et l’Usine Nouvelle, suit depuis plus de 30 ans l’informatique industrielle et plus particulièrement les applications destinées au monde de la conception (CFAO, GDT, Calcul/Simulation, PLM…). Il a été à l’origine de la lettre bimensuelle Systèmes d’Informations Technologiques, qui a été intégrée à cette lettre Web hebdomadaire, dont il est maintenant le rédacteur en chef.

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