Veille technologique

pour les professionnels de l’industrie
S’abonner

S’inscrire à l’hebdo de la techno :

Rechercher sur Industrie & Technologies

Facebook Twitter Google + Linkedin Email
×

« Pour innover, il faut savoir dépasser la peur du risque », Sophie Deniel, BookBeo

| |

Par publié le à 07h21

« Pour innover, il faut savoir dépasser la peur du risque », Sophie Deniel, BookBeo

Chaque semaine, Industrie & Technologies prend les chemins de traverse et donne la parole à des personnalités qui ont l'innovation dans la peau. En 12 questions, ces personnes du monde de l'industrie tirent le portrait de cette discipline. Aujourd'hui, découvrez le point de vue de Sophie Deniel, la fondatrice de BookBeo, une entreprise née autour de l'idée de proposer des contenus numériques lors de la lecture d'un livre, et qui propose désormais des solutions de réalité augmentée utilisées par PSA, ou encore des robots conversationnels adoptés par Keolis.

Si l'on vous dit innovation, spontanément, vous répondez ?

L’innovation c’est avant tout des prises de risque. Apporter un changement est impossible si l’on reste apeuré dans sa zone de confort. Il faut foncer, ne pas avoir peur de l’échec. Et puis, ce sont tous ces changements qui nous font avancer dans la vie.

Votre dernière rencontre avec l'innovation, c'était quand et où ?

En ce moment,  je suis très intéressée par les avancés de Facebook dans l’intelligence artificielle, notamment par Jarvis, l’assistant personnel de Mark Zuckerberg.  En fait, je suis en contact avec l’innovation de façon permanente. Lorsque l’on travaille en R&D, on est forcé d’appréhender les technologies environnantes. On se nourrit de tout ce qui pourrait nous servir… et même de qui ne servira pas !

Quelle innovation avez-vous dans la poche ?

Forcément, mon iPhone. Mais je pense que ça devrait évoluer. Demain, ce ne sera peut-être plus un téléphone qui nous apportera l’information. Je verrais bien une montre ou un bijou intelligent capable de projeter l’information dans l’air. Ce serait bien plus pratique pour les femmes d’ailleurs. Vous avez vu les minuscules poches qui sont cousues dans nos pantalons ?

Votre innovation préférée ?

L’intelligence artificielle. Cela me fascine et je prends cette innovation de façon très positive. Elle va totalement changer notre rapport à la création de valeur. En fait, c’est plus un assistant capable de créer plus vite et au plus près du besoin. Avec cette aide, n’importe qui avec une bonne idée, même au fin fond de la brousse, peut apporter un changement.

Et celle que vous détestez ?

Je ne sais pas si l’on peut parler d’innovation, mais je pense aux protections juridiques. Dans ce domaine aussi, il y a de grands changements mais, de mon point de vue, ils favorisent les grandes entreprises au détriment des petites. En tant que petit industriel, on a rarement la voix au chapitre et l’innovation dans la justice commerciale a tendance à se mettre au service des structures déjà en place.

Si vous deviez remettre le Nobel de l'innovation, quelle personnalité récompenseriez-vous ?

Je le remettrais aux scientifiques de l’Observatoire Européen Austral. Ce sont eux qui scrutent le ciel à la recherche d’exoplanètes capables d’accueillir la vie. L’innovation, c’est aussi de chercher sans savoir. Et je ne peux pas imaginer que nous soyons seuls dans l’Univers.

Et s'il était décerné à une entreprise ?

La Start-up Isorg, qui développe de la nanotechnologie pour les panneaux photovoltaïques. Les possibilités des nanotechnologies sont énormes, et je pense que l’on ne peut qu’imaginer les changements qu’elles apporteront dans le futur.

La qualité qu'il faut cultiver pour innover ?

Il faut cultiver une âme de chercheur, étudier toutes les pistes. Ne pas avoir peur de se tromper, savoir se remettre en question et entrer au cœur des choses. Et l’écoute ! C’est très important de parler de ses projets autour de soi, notamment aux enfants, qui réfléchissent totalement différemment.

Et le défaut qu'il faut corriger ?

La peur du risque. Cela nous paralyse. Il faut savoir foncer même si l’on a peur.

Citez un livre qui vous a inspiré en matière d'innovation ?

L’âge du diamant, de Niel Stephenson. C’est un livre important pour moi, car je l’ai découvert en 2008, juste avant que je ne lance mon entreprise autour d’un livre capable de proposer des contenus interactifs. J’avais l’idée et les partenaires pour me lancer mais la lecture de ce livre paru en 1995 a renforcé mes convictions. C’est l’histoire d’une petite fille éduquée par un livre vivant qui s’adapte à ses besoins. Exactement l’objet que je voulais développer à l’époque.

En matière d'innovation, vous êtes plutôt...

…start-up ou grand groupe ?

Start-up. Parce que c’est la structure dans laquelle j’évolue, mais aussi car cela permet de mettre le pied à l’innovation. Les grandes entreprises, les mammouths, ne peuvent pas aller assez vite.

…technologie ou service ?

Service. Il y a peu de vraies innovations technologiques, mais il existe énormément de nouveaux usages à créer à partir des technologies existantes.

...continue ou disruptive ?

Disruptive dans l’usage.

Enfin, de quelle innovation rêvez-vous (pas seulement la nuit) ?

Je rêve d’avoir une voiture solaire qui puisse voler. Je ne comprends pas qu’on ait des voitures depuis deux cents ans et qu’elles ne volent toujours pas !

Abonnez-vous et accédez à l’intégralité de la veille technologique

Commentaires

Réagissez à cet article

* Informations obligatoires

erreur

erreur

erreur