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PLM : Vinci Consulting veut redynamiser les cycles de développement produit

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Par publié le à 12h24

PLM : Vinci Consulting veut redynamiser les cycles de développement produit

Aider les entreprises à innover

J’ai rencontré les dirigeants de Vinci Consulting, un cabinet spécialisé dans les outils et processus facilitant l’innovation dans les entreprises industrielles. Des approches qui commencent à intéresser de nombreuses entreprises industrielles.
 

Vinci Consulting est un cabinet indépendant de conseil en management et systèmes d’information, spécialisé dans la performance de l’innovation et des opérations dans l’industrie. Fort d’une quarantaine de personnes, il réalise un chiffre d’affaires de l’ordre de 6 millions d’euros.

« En vingt ans d’existence, nous avons développé une expertise dans trois domaines : le PLM (Product Lifecycle Management), le Lean Engineering/Lean Product Development et la Supply Chain (Management des opérations) », explique Michel Maurino, fondateur et managing partner du cabinet.

Des compétences que Vinci Consulting exerce dans plusieurs secteurs qu’il connait bien : aéronautique & défense ; automobile ; énergie ; équipements industriels ; distribution et biens de consommation.Des spécificités que le cabinet entend bien mettre au service de ses clients pour redynamiser leurs processus de développement de produits nouveaux.

Les spécificités du Lean Engineering

Vinci Consulting a été l’un des cabinets précurseurs dans le domaine du Lean Engineering en France, grâce à son partenariat avec Targeted Convergence et son fondateur Michael Kennedy, ce qui lui vaut maintenant une reconnaissance sur le sujet par de nombreux industriels. « Nous sommes par exemple très présent chez Astrium à Toulouse où nous les aidons à mettre en place des programmes de transformation et de restructuration de leurs process. Mais cela va bien au-delà du traditionnel Business Process Reengineering (BPR) car il y a de nombreuses spécificités dues au process même d’ingénierie ».

Pour ne citer que les principales différences : le diagnostique des performances des processus de développement (Value Stream Mapping) ; la mise en place de méthodes de management visuelles (Obeya) pour faciliter la collaboration, simplifier le reporting et supporter la prise de décision ; l’identification des ‘‘gaps’’ de connaissances dans les projets ; le déploiement d’une méthode systématique de résolution de problèmes (Kbrief) ; l’intégration de la voix du client dans le processus de développement ; la capitalisation des connaissances métiers… « Si l’on veut faire simple, le lean engineering c’est 50 % de BPR traditionnel et 50 % de techniques nouvelles de management, que l’on peut assimiler à du bon sens un peu organisé avec des outils très simples, mais qui sont facilement compréhensibles et applicables par les industriels ».

Autre aspect du lean engineering, le Learning First Product Development qui consiste à ne commencer la conception détaillée d'un produit que lorsque toutes les connaissances de base nécessaires sont disponibles. Autre tendance, que l’on retrouve dans l’automobile, l’aéronautique, le spatial, la modularité des produits et la réutilisation de ‘‘building blocks’’, qui consiste à réutiliser des principes fonctionnels et de solutions techniques, sans forcement réutiliser intégralement les mêmes composants d’un projet à l’autre.

De nombreuses sociétés industrielles comme Alstom Grid, Atlas Copco, Plastic Omnium, Technip… sont très demandeuses sur le sujet.

Les Think Tank PLM

Des expériences dont les clients acceptent de parler dans des Think Tank PLM organisés régulièrement. Tel celui qui a eu lieu en octobre dernier sur le thème : L'harmonisation des PLM : le défi des synergies mais à quel prix ?, où des industriels comme Airbus, Astrium, DCNS, Thales et Valéo sont venus faire des présentations, après que Michel Maurino ait rappelé les grandes lignes de son enquête sur la gouvernance du PLM dans les entreprises (Voir notre article).

« Il est intéressant de noter qu’aujourd’hui le PLM ne sert plus uniquement à gérer les données produits et à réduire les cycles de développement, mais participe aussi à la gestion des risques industriels au regard des multiples réglementations environnementale et de santé. Certains industriels voient leur PLM comme une assurance anti-risques », explique Denis Debaecker, partner chez Vinci Consulting.

Et de citer l’exemple d’un fournisseur de la défense américaine qui a faillit se faire rayer des panels pour une omission de déclaration de substance considérée comme potentiellement dangereuse, uniquement aux USA, dans l’un de ses composants. Ou celui du français Ecia qui avait justifié voici quelques années la mise en place d’un outil de PLM (Sherpa), juste pour éviter les ‘‘erreurs majeures’’ (entrainant des ré-usinages importants) sur ses moules d’injection. La mise en place du PLM a couté le prix d’une erreur majeure et les a fait quasiment disparaitre, alors qu’il y en avait plusieurs par an auparavant. On se rappellera aussi que la mise en place du programme Phenix d’harmonisation des outils PLM chez EADS a été ‘‘boostée’’ par les retards du programme A380.

« Dans de tels cas l’assurance anti-risque n’a pas de prix et la mise en place d’un PLM se justifie uniquement sur ce critère ».

Des projets de recherche

Vinci Consulting participe aussi à un certain nombre de projets de recherche européen dans le domaine du PLM, tel Cresendo (Collaborative and Robust Engineering using Simulation Capability Enabling Next Design Optimisation), qui regroupe 60 partenaires et dont les objectifs sont de réduire de 10 % les cycles et couts de développements, de 50 % les itérations de développement et de 20 % les couts des tests physiques dans le domaine aéronautique.

Vinci Consulting y a notamment développé une passerelle entre les environnements de simulation (mailleurs, solveurs…) de Dassault Systèmes et Siemens PLM Software. « Cela va plus loin que de l’interface traditionnelle, avec conversion de formats. On rentre dans la structure du modèle en identifiant des fonctions d’interface, des publications… que les différents modeleurs ont besoin de traiter. C’est un schéma fonctionnel de la pièce sous un aspect multi-physique (structure, thermique…). Il ne s’agit pas de faire concorder des maillages. C’est beaucoup plus fin. On a une forme idéalisée des objets, entre la géométrie et le maillage, avec un niveau de définition suffisant convenant aux différentes simulations souhaitée et on a structuré les modèles pour être capable de réellement traiter du multi-physique. Il a donc fallu que nous définissions une structure de donnée conceptuelle, une couche sémantique, permettant de faire du multi-physique et en même temps du multi-applicatifs », explique Michel Maurino.
 
Utiliser l’existant

« Beaucoup d’industriels sont encore loin du compte sur les bonnes méthodes de gestion de projets. Plutôt que de se lancer dans de nouvelles méthodes de conception innovantes, il faudrait déjà qu’ils utilisent correctement et pleinement celles qui sont en place chez eux. Il suffirait bien souvent de peu de chose, tel les cockpits de pilotage de projets (Obeya), pour les rendre attrayantes et facilement utilisables par le plus grand nombre. Ce n’est pas innovant, au sens le plus noble du terme, mais c’est nouveau qu’on le fasse marcher correctement. Une vraie innovation de rupture serait d’appliquer les outils existants ! », estime Denis Debaecker.

Certains industriels l’on bien comprit, tel DCNS qui utilise maintenant ses maquettes numériques de manière beaucoup plus intense. Notamment sur le programme des frégates multi-missions Fremm, pour faire de la recette de locaux sur place, avec vérification du positionnement des équipements, grâce à l’utilisation de la maquette numérique sur des postes de travail nomades. Autre application, pour les sous-marins Barracuda cette fois, avec la traçabilité des pièces en remontant via la maquette numérique et les nomenclatures jusqu’au lot matière, ayant servi à la fabrication.

Reste qu’il faudra toujours vérifier que le ‘‘has build’’ correspond au ‘‘has design’’, ce qui a un coût et prend du temps et est bien souvent sacrifié sur l’autel de la productivité immédiate.

On le voit, Vinci Consulting ne manque pas d’idées pour redynamiser vos process de développement de produits nouveaux.

A la semaine prochaine

Pour en savoir plus : http://www.vinci-consulting.com

Jean-François Prevéraud, journaliste à Industrie & Technologies et l’Usine Nouvelle, suit depuis plus de 30 ans l’informatique industrielle et plus particulièrement les applications destinées au monde de la conception (CFAO, GDT, Calcul/Simulation, PLM…). Il a été à l’origine de la lettre bimensuelle Systèmes d’Informations Technologiques, qui a été intégrée à cette lettre Web hebdomadaire, dont il est maintenant le rédacteur en chef.
 

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