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PLM : SolidWorks bientôt dans l’AEC ?

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Par publié le à 15h07

PLM : SolidWorks bientôt dans l’AEC ?

Vers une conception de plus en plus réaliste

J’ai rencontré les dirigeants de SolidWorks à l’occasion de la sortie de la version 2012 de leurs logiciels. L’occasion de faire le point sur l’évolution de la société et de sa stratégie, avec notamment son arrivée probable sur le marché de l’AEC.

« SolidWorks 2012, c’est une évolution mais pas une révolution. Nous avons plutôt bien travaillé sur les 18 années passées et nos clients sont contents des produits que nous leur proposons actuellement. Nous n’avons donc pas de nouvelle révolution à faire. Par contre, nous continuerons à faire les évolutions nécessaires pour intégrer les nouvelles technologies », prévient d’entrée de jeu Frédéric Abitan, responsable Europe du Sud de SolidWorks.

Parmi les grandes questions du moment le Cloud Computing. « Nous regardons mais nous restons fidèles à notre modèle économique de vente de licences via un réseau de revendeurs. Pour le moment, c’est ce qui convient le mieux à nos clients, même si nous sommes bien conscients que cela évoluera. Il y aura des modèles complémentaires auxquels nos intégrateurs et distributeurs vont devoir s’adapter, mais même si le produit se trouve sur le Cloud, il y aura toujours besoin d’intégration d’une panoplie d’outils et de formation sur le terrain, car le passage au tout en ligne n’est pas encore pour demain ».

On voit aussi SolidWorks élargir ses domaines d’activités traditionnels, la conception 3D de produits mécaniques pour s’intéresser au design, ainsi qu’aux marchés des produits grand public, de la High Tech, du médical et plus récemment de l’AEC (Achitecture, Engineering & Construction).

La tentation de l’AEC

« Effectivement, beaucoup de nos clients conçoivent déjà avec SolidWorks des équipements qui entrent dans la composition d’un bâtiment. Nous adressons donc déjà le marché de l’AEC de façon ‘‘satellitaire’’. Mais nous avons décidés d’aller plus loin. C’est pourquoi nous allons sortir un produit dédié à l’AEC. Quand ? Nous ne savons pas encore. Nous attendons d’avoir et de maitriser l’ensemble des technologies qui nous semblent nécessaires pour proposer un produit répondant aux attentes des acteurs de l’ensemble de la filière. Ce produit s’appelle Live Buildings, nous l’avons brièvement montré aux USA sur des salons. Il est basé sur la technologie V6 et sera à terme commercialisé en partenariat avec Dassault Systèmes ».


   

                  La présentation de Live Buildings faite à SolidWorks World


Il est clair que le groupe Dassault Systèmes ne veut plus laisser les coudées franches à Autodesk qui règne en maitre sur ce marché. Une tentation qui remonte à loin puisque le groupe a signé en 2003 un accord dans le domaine de la construction avec Gehry Technologies. Mais ce fournisseur de technologies pour l’AEC vient d’annoncer cette semaine un accord de même nature avec Autodesk. Ainsi, chacun des protagonistes ‘‘se marque à la culotte’’.

Notons que SolidWorks représente aujourd’hui 23 % des revenus du groupe Dassault Systèmes, avec un chiffre d’affaires de 417,8 millions de dollars pour 2010, tandis que 2011 s’annonce encore meilleur avec 236,3 M$ réalisés sur le seul premier semestre de l’année. Une croissance de l’ordre de 20 % qui pourrait permettre à SolidWorks de dépasser les 500 M$ de chiffre d’affaires et les 50 000 licences annuelles dès cette année. Alors qu’en 2007 la part des outils de simulation, de GDT et de documentation technique, ne représentait que 10 % des ventes versus 90 % à la CAO, le ratio est maintenant de 20 vs 80 %. « Nous avons donc une vraie gamme de produits couvrant l’ensemble de la problématique PLM de nos clients ».

La base installée dépasse maintenant les 1,6 millions de licences, dont 500 000 pour les licences industrielles. « Le mouvement s’accélère, s’il nous avait fallu 15 ans pour vendre le premier million de licences, il a suffit 18 mois pour en ajouter 600 000 supplémentaires ».

SolidWorks 2012

Cette version est la 20e dans une suite logique d’évolutions. Ses principaux axes de développement sont :

 

  • L’automatisation des taches quotidiennes (esquisse, mise en plan, tôlerie…). « C’est là-dessus que nos utilisateurs passent le plus de temps, c’est donc là-dessus qu’il faut que l’on améliore la vie des gens ».
     
  • L’amélioration des performances et de la qualité. « Nous avons notamment une fonctionnalité dédiée à l’ouverture des gros assemblages ».
     
  • L’amélioration des processus de développement. « Nous prenons par exemple maintenant en compte les notions de fabrication et de coûts, pour orienter vers les bons choix dès le début du cycle de conception ».
     
  • Le support étendu de la collaboration entre différentes équipes projets avec des améliorations dans Enterprise PDM. 

 

Des évolutions répondant aux préoccupations des entreprises qui sont aujourd’hui d’innover, d’améliorer la qualité, de réduire leurs délais et leurs coûts.

Cela se traduit aussi par l’arrivée d’un outil de calcul de coûts. Il tient compte du matériau, du process de fabrication, des heures passées en conception, des possibilités de sous-traitance. « Des calculs qui sont souvent faits a postériori sur un tableur Excel par le chef de projet. Là, c’est SolidWorks qui rassemble les informations nécessaires et qui les traite automatiquement pour fournir des indicateurs au concepteur. On ne sort plus de la chaine de conception ». Une autre approche de l’éco-conception, où éco signifie économie !

Notons aussi l’apparition d’un outil d’optimisation des mécanismes basé sur l’instrumentation du modèle numérique à l’aide de capteurs virtuels. Il devient alors possible de dimensionner et d’optimiser des moteurs, des vérins, des paliers ou des structures en fonction des résultats que l’on veut obtenir en termes de déplacements, de vitesses, d’inerties ou d’efforts sur le produit fini.

Du côté développement durable, le module Sustainability évolue afin de tenir compte plus précisément de la réalité en termes de zones de fabrication et d’utilisation, ainsi que de recyclage en fin de vie.

En termes de visualisation, 3DVia Composer intègre des algorithmes issus du monde du jeu vidéo pour ajouter encore plus de réalisme aux scènes rendues.

Dans le domaine du travail collaboratif, l’interface d’Enterprise PDM évolue. Les multiples fenêtres de la version précédente disparaissent pour simplifier la navigation.

Autant de fonctionnalités que vous pouvez retrouver sous forme de vidéos détaillées sur le site de l’éditeur.

Bref une belle évolution, qui soulève une seule question : que va-t-il rester à Catia pour faire la différence ?

A la semaine prochaine

Pour en savoir plus : http://www.solidworks.fr

Jean-François Prevéraud, journaliste à Industrie & Technologies et l’Usine Nouvelle, suit depuis plus de 30 ans l’informatique industrielle et plus particulièrement les applications destinées au monde de la conception (CFAO, GDT, Calcul/Simulation, PLM…). Il a été à l’origine de la lettre bimensuelle Systèmes d’Informations Technologiques, qui a été intégrée à cette lettre Web hebdomadaire, dont il est maintenant le rédacteur en chef. 
 

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