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PLM : PTC ignore la crise

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Par publié le à 16h01

PLM : PTC ignore la crise

Jim Heppelmann, President & CEO de PTC

J’ai rencontré cette semaine James Heppelmann, President & CEO de PTC lors de son bref passage à Paris. L’occasion de dresser le bilan d’une année 2011, qui a été brillante pour l’éditeur, et d’essayer d’envisager le futur.

C’est un President & CEO heureux et fier des résultats de sa société qui nous est apparu lors de cette brève rencontre à Paris. « Pour ma première année d’exercice de cette fonction, on peut dire que les résultats sont excellents et que PTC sort renforcé de cette année fiscale 2011 », triomphe James Heppelmann.

« L’époque est loin où l’on se demandait si PTC allait survivre une année de plus. Nous avons réalisé en 2011 une croissance de 16 % avec un chiffre d’affaires atteignant 1,17 milliards de dollars, tout en accroissant notre marge opérationnelle (17,7 %) et notre bénéfice qui a atteint 152 M$. Les très bonnes ventes de Creo ont largement contribué au dépassement de nos prévisions de croissance qui étaient de 10 % ».

Détail intéressant, l’Europe est pour la première fois la plus grosse région commerciale de l’histoire de PTC, pesant 40 %, contre 37 % pour l’Amérique du Nord et 23 % à l’Asie/Pacifique. Si l’industrie générale représente 30 % des ventes, l’aéronautique et défense est à 19 %, l’électronique et la High Tech à 16 %, l’automobile à 12 % les biens de grande consommation à 7 % et les sciences de la vie à 4 %.

« Notez la forte croissance du segment de l’automobile qui était, il n’y a pas encore si longtemps, à 9 % d’un chiffre d’affaires plus faible. On n’en n’est pas encore aux volumes d’affaires de Dassault Systèmes ou Siemens PLM Software, mais nous y avons une croissance plus forte. Le futur sera intéressant ! ».

Une croissance qui ne devrait pas marquer le pas en 2012, si l’on en croit la tendance enregistrée sur le quatrième trimestre fiscal 2011 (juillet à septembre 2011). La croissance du chiffre d’affaires y a été de 27 % (341 M$) en incluant toutefois 23 M$ de revenus issus des acquisitions (MKS Integrity et 4CS). Les ventes de licences ont cru de 25 %, atteignant 111 M$.

Une tendance que James Heppelmann entend bien voir PTC suivre pour son année fiscale 2012 car, même s’il pense subir les effets de la crise en Europe, il maintient des prévisions de croissance du chiffre d’affaires de 14 à 15 % et du bénéfice de 20 %. Mais rappelons que la crise 2009 avait conduit PTC à une chute de chiffre d’affaires de 13 %, alors qu’il était sur une tendance de croissance de 14 % l’année précédente.
« Il est clair qu’il y a une véritable crise qui se dessine et je n’ai pas de boule de cristal, mais les prévisions que nous faisons sont basées sur le pipe-line de commandes que nous avons chez nos principaux clients. Bien évidement, s’il y a un crash mondial… Mais l’expérience de 2009 nous montre aussi que les industriels profitent des périodes de crise pour mettre en place de nouvelles gammes de produit, de nouvelles infrastructures, de nouvelles organisations, bref pour innover afin de survivre ». Les périodes de crises pourraient donc être le bon moment pour déployer des approches PLM … chez ceux qui survivront.

Toujours est-il que PTC maintient son objectif, annoncé en 2010, d’atteindre un chiffre d’affaires de 1,6 B$ pour son année fiscale 2014.

Satisfaire et rapprocher les différentes visions du PLM

« Effectivement, pour beaucoup d’entreprises le PLM est un moyen de développer un avantage concurrentiel vis-à-vis de leur adversaires sur leur marché. Mais la vision varie suivant les interlocuteurs dans l’entreprise ».

Les directions générales mettent en avant : la possibilité de globaliser et d’unifier l’entreprise ; le moyen de consolider leurs outils informatiques tout en réduisant les dépenses ; l’opportunité d’améliorer la qualité de leurs produits et services ; un support indispensable pour faire entrer l’entreprise dans l’ère du développement durable.

Par contre, les directions techniques n’ont pas les mêmes préoccupations. Elles insistent sur : la réactivité pour développer de nouveaux produits et variantes répondant aux attentes du marché ; la mise en place d’une approche système dans le développement incluant la mécanique, l’électronique et le logiciel embarqué ; la possibilité de faire travailler ensemble des outils de CAO et de GDT d’origines diverses.

Enfin, les directions des services recherchent les moyens d’avoir : des documentations techniques toujours à jour et correspondant au produit livré ; de rassembler, de gérer et de faire remonter vers les bureaux d’études, les incidents rencontrés en clientèle ; de mieux gérer les garanties, notamment avec les sous-traitants partenaires.

« Notre offre nous permet maintenant de répondre à l’ensemble de ces attentes. J’aurai tendance à dire que nous sommes sur 4 métiers auxquels nous proposons des solutions : l’ingénierie avec ses outils informatiques et ses méthodes de travail ; la fabrication et la Supply Chain ; les services après-vente ; et plus globalement la gestion de ces trois activités au niveau de l’entreprise ».

Gérer l’innovation

Certains seront surpris d’entendre PTC parler de Supply Chain, mais force est de reconnaitre que bien peu d’entreprises maitrisent la totalité de leurs produits, d’autant que la part confiée à l’extérieur ne fait que croitre. Elles y voient le moyen de répondre rapidement et à moindre frais aux attentes évolutives de leur clientèle. Mais cette dynamique ne fait qu’accroitre la complexité de leurs portefeuilles de produits, du fait des variantes et options. Il faut donc gérer cette complexité technique globalement à travers l’ensemble de la Supply Chain.

« Il devient indispensable de pouvoir lier à travers le PLM tous les points de vue. Par exemple, il faut que la nomenclature définie au bureau d’études devienne la nomenclature d’entreprise, utilisable aussi par la production et les services après-vente. Nous essayons avec notre offre de répondre à ces attentes. Et c’est en cela que le PLM peut devenir une arme concurrentielle pour les entreprises ».

Il ne s’agit donc pas de remplacer l’ERP, mais de proposer à côté de lui un outil capable de gérer les stratégies industrielles de l’entreprise. « Beaucoup de nos clients estiment que si l’ERP est leur système de gestion opérationnelle, le PLM est devenu leur système de gestion de l’innovation ».

S’appuyer sur de nouveaux produits

Une stratégie qui s’appuie depuis de début de l’année sur deux nouveaux produits Creo et Windchill 10.0. « Creo remplace à la fois, Pro/Engineer, CoCreate et Product View, dont il reprend les concepts les plus intéressants dans un système unifié. Et les clients en ont bien compris l’intérêt, si l’on en juge par le chiffre d’affaires des ventes de logiciels de CAO qui a été le plus fort pour PTC depuis 1995. Grâce à Creo, nos ventes de licences de logiciels de CAO ont été de croissance de 44 % sur notre année fiscale 2011, qui s’est terminée fin septembre ».

L’annonce de Windchill 10.0 est tout aussi importante pour PTC. C’est bien plus qu’une simple évolution logique du produit. On y retrouve notamment de nouveaux concepts et produits tels Windchill Product Analytics pour déterminer l’empreinte écologique d’un produit d’un point de vue chimique, empreinte carbone, CO2… Autre nouvelle famille de modules, Windchill Quality Applications qui gère le cycle de vie de la qualité, de la conception à l’après-vente en passant par la production, avec un rebouclage permanent entre les différentes étapes.

Des produits en partie issus de l’acquisition en juin dernier de l’éditeur canadien MKS Integrity, spécialiste de la gestion du cycle de vie des applications logicielles embarquées (ALM –Application Lifecycle Management), ainsi que de celle plus récente de 4CS, spécialisée dans les logiciels de gestion des garanties et des services.

Et de donner des exemples des gains réalisés par les clients grâce aux produits de PTC. « Whirlpool a ainsi pu ramener de 166 à 6 le nombre de ses électrovannes d’arrivée d’eau dans ses machines à laver la vaisselle, réduisant de manière drastique ses couts et les difficultés de maintenance ».

Des approches qui ont aussi permis à PTC de conquérir de nouveaux clients comme le constructeur automobile coréen Hundai/Kia Motors qui a migré d’une solution Dassault Systèmes à PTC en 11 mois pour l’ensemble de ses applications, ou le contractant pour la défense BAE Systems, ou encore l’avionneur chinois Comac qui va utiliser les solutions des PTC pour le développement de son futur moyen courrier C919.

Bref, 2011 a été brillant. Croisons les doigts pour 2012 !

A la semaine prochaine

Pour en savoir plus : http://www.ptc.com

Jean-François Prevéraud, journaliste à Industrie & Technologies et l’Usine Nouvelle, suit depuis plus de 30 ans l’informatique industrielle et plus particulièrement les applications destinées au monde de la conception (CFAO, GDT, Calcul/Simulation, PLM…). Il a été à l’origine de la lettre bimensuelle Systèmes d’Informations Technologiques, qui a été intégrée à cette lettre Web hebdomadaire, dont il est maintenant le rédacteur en chef.

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