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PLM : Dassault Systèmes élargit son spectre

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Par publié le à 21h11

PLM : Dassault Systèmes élargit son spectre

Un outil d'esquisse en 3D

Dassault Systèmes se positionne de plus en plus comme un partenaire de l’innovation de ses clients. De plus, grâce à son approche Life Like Experience, il entend bien démocratiser l’usage du PLM en dehors des industries manufacturières. Il a d’ailleurs montré à l’ECF quelques exemples dans les sciences de la vie, l’éducation et le grand public. Initialement outils d’ingénieurs, sa gamme de logiciels se veut de plus en plus universelle.

C’est devant un parterre de plus de 1 500 clients venant de plus de 500 entreprises européennes que s’est tenu, les 22 et 23 novembre, le traditionnel European Customers Forum, ECF 2011, de Dassault Systèmes.

Comme à l’accoutumé cela a été l’occasion d’entendre Bernard Charlès, president & CEO, défendre la stratégie de la maison et donner quelques perspectives sur les évolutions à venir. Cela a été aussi l’occasion de faire le point sur un certain nombre de nouveautés à venir dans l’offre de l’éditeur dans un futur très proche et d’écouter les témoignages de clients.

Enfin, cela a été aussi, cette année, l’occasion d’assister lors de la séance plénière à une conférence de Janine Benyus, écrivain et présidente de Biomimicry 3.8, spécialiste internationalement reconnue du bio-mimétisme en conception.

Penser les produits autrement

« Je pense que l’innovation durable doit s’inspirée de la nature. C’est donc pour moi une grande chance de pouvoir parler de ce sujet devant un parterre aussi nombreux de gens qui font les objets de notre monde dans de multiples industries : transport ; agroalimentaire ; textile ; etc. Vous allez devoir entièrement les reconcevoir à partir de zéro. Pour faire face à l’expansion de la population que nous voyons venir, il va falloir trouver de nouvelles approches pour mieux vivre sur cette planète. Et c’est votre travail de concepteurs que de trouver comment économiser l’énergie, comment mieux employer les matériaux, comment réduire les masses. Mais comment trouver des idées novatrices et sûres sur ces sujets ? En s’inspirant de la nature, qui a 3,8 milliards d’année d’expérience sur le sujet ! L’observation des animaux et des plantes nous montre qu’ils ont su s’adapter au mieux à l’évolution de la planète et des autres ‘‘systèmes’’ avec lesquels ils doivent cohabiter et souvent collaborer. Et tout cela sans outils numériques ! Regardez comment la nature capture le CO2 et stocke l’énergie, et pensez vos produits différemment pour qu’ils s’adaptent mieux et plus durablement à notre planète ».

C’est ainsi que des ingénieurs s’inspirent des rayures blanches et noires du zèbre pour repenser leurs systèmes de climatisation, alors que d’autres voient dans l’étude des mouvements des poissons dans un banc le moyen de développer des éoliennes ayant un rendement plus important dans les flux d’air turbulent générés par les éoliennes environnantes. De même, on s’est aperçu que si les requins ne présentaient aucune bactérie sur leur peau, ce n’est pas dû à un quelconque effet chimique, mais à la texture où les bactéries ne peuvent pas s’accrocher. Ainsi Sharklet Technologies a pu développer un film fin que l’on vient placer sur les endroits que l’on veut protéger contre les bactéries.

Des produits bio-inspirés

De son côté, Calera s’est inspiré des coraux pour capturer le CO2 et le traiter avec de l’eau de mer, afin de le faire précipiter dans une forme minérale stable, utilisable pour faire du ciment. Le constructeur automobile allemand Opel a en cours de développement des structures de véhicules qui s’inspirent des arbres pour offrir le maximum de résistance avec le minimum de matière. Le lotus par exemple présente la propriété de ne pas laisser les impuretés s’accrocher sur ses feuilles, car leur surface est autonettoyante. Une propriété qui intéresse les fabricants d’enduits pour le bâtiment.

« L’accès à l’eau sera un des grands challenges des prochaines décennies. Là encore, il faut penser différemment. Comment par exemple récupérer l’eau présente dans le brouillard ou la rosée, dans les zones arides ? Comme le scarabée du désert qui se sert de ses élytres pour condenser le peu d’humidité présente dans l’air et la récupère pour se désaltérer. Une méthode que des architectes européens essayent d’adapter à la ‘‘peau’’ d’immeubles ».

Les scientifiques de Regen Energy se sont par exemple inspirés des modes de communication des abeilles pour créer des algorithmes de pilotage des smart-grids gérant mieux l’énergie.

Dans le domaine de la couleur le paon arrive à afficher sur les plumes de sa queue des motifs différents sans la moindre substance chimique colorante. Il oriente simplement les déflecteurs qui tapissent ses plumes pour capter les différentes longueurs d’ondes de la lumière et les réfléchir sous forme de motifs colorés.

« On le voit la nature a su tirer parti de 3,8 milliards d’années d’évolution pour optimiser au mieux le fonctionnement des 30 millions d’espèces qui la compose. Il faut s’en inspirer pour développer des produits utilisant le minimum d’énergie et de matériaux, ne produisant pas de toxines, et dont les process de production soient eux aussi respectueux de la nature. C’est une nouvelle discipline dans laquelle il faut faire dialoguer les biologistes et les ingénieurs pour comprendre au mieux les comportements naturels et en extrapoler de nouvelles technologies plus respectueuses de l’environnement. Et les outils de modélisation et de simulation numériques ne peuvent que vous y aider ».

Ouvrir de nouvelles perspectives

Bernard Charlès a ensuite décrit la stratégie de Dassault Systèmes. « Nous voulons étendre le PLM en lui ajoutant ce que nous appelons le Life Like Experience, c'est-à-dire l’utilisation virtuelle du produit dans son futur environnement, afin de l’améliorer et surtout de dynamiser l’innovation. Si on part avec l’idée qu’à la fin de la journée on saura juste faire un peu plus avec la même chose, mieux vaut arrêter tout de suite. Il faut avoir de nouvelles perspectives, innover, créer de nouvelles valeurs. C’est ce que nous faisons en interne et c’est ce que nous voulons vous aider à faire grâce à nos outils ».

Mais au-delà de son rôle d’éditeur de logiciels, Dassault Systèmes se positionne de plus en plus comme une entreprise scientifique dont le logiciel est juste un moyen pour diffuser les compétences, les connaissances et le savoir-faire, qu’elle propose à ses clients. De vendeur de logiciels, Dassault Systèmes devient peu à peu un partenaire d’innovation pour ses clients, un prestataire de services.

« Le numérique et la 3D sont de formidables moyens pour imaginer, innover, partager et créer de nouvelles choses pour un monde meilleur. Et au-delà de la géométrie, il devient possible de créer des produits hybrides intégrant de multiples technologies (électronique, logiciel embarqué…) pour faire face au mieux aux phénomènes réels auxquels ils seront confrontés lors de leur utilisation. Cela devient de l’ingénierie système. Il ne s’agit plus d’améliorer seulement la conception ou la fabrication, mais l’usage réel du produit par le client final dans une optique de développement durable, afin d’en optimiser toutes les composantes ».

Une démarche qui ne se limite pas aux seuls objets. Dassault Systèmes a ainsi investi plus de 200 millions de dollars dans un projet baptisé BioPLM. Il s’agit par exemple de modéliser et de comprendre le comportement cellulaire face à la propagation du cholestérol ou du cancer. Dassault Systèmes participe aussi aux USA au programme Mentor de la Darpa, qui ne vise rien de moins que de modéliser l’ensemble des phénomènes naturels, pour les rendre plus accessibles aux étudiants de l’ensemble des universités américaines. Des investissements qui montrent que les sciences de la vie seront le prochain terrain de développement du PLM.

Innover en réseau

« Les citoyens ont une voix et il faut l’entendre, car nous sommes persuadés que l’innovation ne viendra pas uniquement des industriels. C’est pourquoi il faut être en liaison permanente avec les utilisateurs ou les futurs clients pour intégrer leurs idées et leurs remarques. De plus, les outils numériques permettent de les faire jouer avec des produits virtuels, ce qui est encore plus attrayant pour eux ». Un propos illustré par une démonstration de laboratoire virtuel d’automatisme permettant aux étudiants de faire rapidement des montages en 3D pour valider leurs connaissances.

Et pour être encore plus performant, Dassault Systèmes estime qu’il faut connecter ensemble les citoyens, l’éducation, la recherche et les industriels. « Mais attention, la collaboration n’est pas qu’une question d’échange et de partage d’informations. A sur-communiquer ont se sous-comprend. La véritable puissance d’une plate-forme collaborative réside dans sa capacité à élever le niveau de compréhension de chacun ».

Une collaboration qui s’étend peu à peu à l’ensemble de l’entreprise, d’autant que les bénéfices du Life Like Expérience permettent de rendre moins rébarbatives des taches ardues, telles la gestion de programme ou la gestion de projets.

« Aujourd’hui, il ne subit plus de désosser un produit pour savoir le faire, il manque beaucoup trop d’informations capitales qui ne sont pas présentes dans le produit physique. Par contre, elles sont toutes présentes dans le modèle numérique du produit. Pour la première fois, nous avons atteint la croisée des chemins entre ce qui est décrit dans le produit physique et ce qui est décrit dans son modèle numérique. Ce qui pose la question de la propriété intellectuelle et de sa protection ».

Notons que Dassault Systèmes prête de plus en plus d’attention à ses marques (Catia, SolidWorks, Simulia, Enovia, Delmia, 3DVia, 3DSwym, Exalead), ainsi qu’aux communautés d’utilisateurs qui vont avec. Une attention grandissante qui ne peut que se renforcer avec l’arrivée de Monica Menghini, une ex Procter & Gamble, au poste de Directeur Général Adjoint, en charge de l’industrie.

Enfin, l’ECF 2011 a été l’occasion de la première apparition de Catia Natural Sketch, un outil d’esquisse travaillant directement en 3D, qui est issu du studio de design intégré à Dassault Systèmes, dirigée par Anne Asensio, VP Design Experience du groupe.

A la semaine prochaine

Pour en savoir plus : http://www.3ds.com/ecforum & http://biomimicry.net/

Jean-François Prevéraud, journaliste à Industrie & Technologies et l’Usine Nouvelle, suit depuis plus de 30 ans l’informatique industrielle et plus particulièrement les applications destinées au monde de la conception (CFAO, GDT, Calcul/Simulation, PLM…). Il a été à l’origine de la lettre bimensuelle Systèmes d’Informations Technologiques, qui a été intégrée à cette lettre Web hebdomadaire, dont il est maintenant le rédacteur en chef. 
 

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