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PLM : Ansys vise le milliard de dollars

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Par publié le à 13h43

PLM : Ansys vise le milliard de dollars

Jim Cashman, President & CEO d'Ansys

J’ai rencontré en marge de la réunion du club des utilisateurs des logiciels d’Ansys, Jim Cashman, President & CEO de l’éditeur. L’occasion d’évoquer avec lui l’évolution de la simulation.

« La crise de 2009 a renforcé la demande pour de nouveaux types de produits plus économes en énergie et s’orientant vers des énergies renouvelables. Le développement de ces produits, souvent basés sur l’utilisation de nouvelles technologies a renforcé la demande en outils de simulation. Il ne s’agit plus pour les développeurs de rendre des produits plus performants, mais de mieux comprendre les impacts induits par ces nouvelles technologies sur les produits. Et la simulation est un moyen d’y arriver plus rapidement, de passer efficacement du rêve à la réalité », estime Jim Cashman, President & CEO d’Ansys, l’un des leaders des outils de calcul et de simulation.

Cela a imposé aux éditeurs de développer de nouveaux modules dans leurs offres. On y retrouve ainsi maintenant par exemple des modules spécifiques pour la simulation des cellules photovoltaïques ou des piles à combustible, mais le tout est intégré au sein de plates-formes unifiées permettant d’effectuer des simulations multi-physiques. « Nous avons été parmi les pionniers de cette approche voici plus d’une dizaine d’années avec le lancement de notre plate-forme WorkBench, qui arrive maintenant à sa troisième génération ».

La simulation des process est aussi une évolution importante de l’offre. « Les produits s’affinant, il devient effectivement de plus en plus important de comprendre la modification cristalline d’un acier lors de son soudage ou la déformation d’une pièce en plastique ou en tôle lors de sa mise en forme. La montée en puissance de l’utilisation des matériaux composites, où géométrie, matériau et process sont intimement liés, ne fait que renforcer cette demande ».

De nouveaux marchés

Jim Cashman note aussi une émergence de nouveaux marchés pour la simulation, notamment autour des sciences du vivant. « Il s’agit de simuler la création, la fabrication et le fonctionnement de tissus synthétiques ou de ligaments artificiels. Et là encore le ‘‘produit’’ et son process de fabrication sont intimement liés ». De même, toujours dans les sciences du vivant, la mise au point de nouveaux processus de ‘‘livraison’’ d’un médicament, à l’endroit exact où le corps malade en à besoin, est un gros consommateur de simulation, qui combine à la fois les aspects chimie et mécanique des fluides. « Nous sommes obligés dans ce genre de simulation de descendre à un niveau de granularité très fin ce qui nous rapproche de ce que nous faisons pour comprendre les processus électrochimiques dans les piles à combustibles ou la pulvérisation d’un carburant et sa combustion plus efficace dans un moteur ‘‘propre’’ ».

Des applications pour lesquels il existe déjà des éditeurs spécialisés. « Effectivement, et ils ont une très grande expertise des problèmes qu’ils traitent. Notre rôle, lorsqu’il s’agit de problèmes très spécifiques, est de créer les passerelles permettant de les intégrer dans notre plate-forme unifiée généraliste. Si le problème est plus générique, il peut alors s’avérer intéressant d’intégrer directement leur technologie dans notre offre. C’est par exemple ce que nous avons fait dans le passé avec Ansoft pour la simulation des hyperfréquences et plus récemment, en juin dernier, avec Apache Design Solutions, dans le domaine de l’optimisation de la consommation des circuits électroniques ».

Il s’agit dans ce dernier cas de prendre en compte le niveau puce électronique dans l’optimisation plus global d’un système plus complexe, qui sera par exemple embarqué dans un véhicule.

L’éternel bras de fer entre CAO et calcul

Les relations avec les principaux éditeurs d’outils de conception (Autodesk, Dassault Systèmes, PTC, Siemens PLM Software, SolidWorks…) restent bonnes même si peu à peu, ils développent leurs propres offres de simulations. « Cela a débuté dans les années 80, mais celles-ci restent embryonnaires, peu précises et ne sont pas au cœur de leurs préoccupations. Ils ne couvrent pas l’ensemble du spectre des besoins de leurs utilisateurs comme nous pouvons le faire. Nous sommes donc partenaires et nous faisons le nécessaire pour intervenir le plus tôt possible dans le cycle de conception chez leurs utilisateurs, afin de les aider à optimiser leurs projets ».

Force est de constater qu’effectivement les éditeurs de CAO restent sur des architectures propriétaires ‘‘très défensives’’ pour leurs produits, alors que les éditeurs de calcul sont depuis toujours beaucoup plus œcuméniques.

Reste que l’on peut toujours se poser la question de savoir qui sortira vainqueur de cette confrontation. Le concepteur veut pouvoir ‘‘jouer’’ en 3D avec la pièce ou l’ensemble qu’il vient de concevoir, sans avoir à être un spécialiste du calcul. Il veut simplement pouvoir y appliquer les efforts définis dans le cahier des charges et valider instantanément son fonctionnement sous contraintes. « C’est pourquoi nous avons fait de gros progrès sur l’intégration de nos logiciels dans ces solutions de CAO et sur les interfaces utilisateurs, de manière à ce que cela soit la plus transparent possible pour l’utilisateur ».

On pourrait aussi imaginer des approches de conception où l’on ne vérifierait plus une géométrie par rapport à des efforts, mais où la géométrie serait la résultante d’une optimisation globale prenant en compte les efforts, le choix du matériau et des process de production, ainsi que les capacités de l’entreprise, le tout en termes de performances, de délais et de coûts. « C’est un peu ce que nous commençons à faire avec notre approche EKM (Engineering Knowledge Managment) où nous aidons les concepteurs à capitaliser leur savoir-faire, afin de leur en faciliter la réutilisation ».

« Il n’y a pas à proprement parler de manques dans l’offre multi-physique d’Ansys, qui couvre aussi bien l’analyse des structures que la mécanique des fluides, l’électromagnétisme que la thermique. Par contre, tout cela doit encore mieux dialoguer pour être plus simple et plus rapide à utiliser. Mais attention, le calcul ne permet pas de transformer un mauvais concepteur en bon concepteur, par contre, il aide les bons ingénieurs de devenir de ‘‘grands’’ ingénieurs ! »

De belles perspectives

Le chiffre d’affaires réalisé par Ansys est de l’ordre de 700 millions de dollars pour environ 2 100 employés. « Il était de l’ordre de 400 M$ voici 4 ans et de 50 M$ voici 10 ans. Cette belle progression montre l’importance de la simulation pour l’ensemble des secteurs industriels et ce dans l’ensemble des régions du monde ». Et Jim Cashman entend bien ne pas s’arrêter en si bon chemin. « Le marché est là, poussé par l’augmentation inéluctable du coût de l’énergie et le raccourcissement des cycles de vie des produits. De plus à côté de ces aspects logiciels, les moyens matériels de la simulation subissent eux aussi une véritable révolution. Le calcul haute performance (HPC – High Performance Computing) devient accessible au plus grand nombre dès aujourd’hui à travers des clusters accessibles via l’Internet et demain encore plus facilement à travers le Cloud Computing. J’espère donc bien que nous atteindrons d’ici 2 à 3 ans le milliard de dollars ».

Crise, vous avez dit crise ! Pas pour Ansys en tout cas !

A la semaine prochaine

Pour en savoir plus : http://www.ansys.com

Jean-François Prevéraud, journaliste à Industrie & Technologies et l’Usine Nouvelle, suit depuis plus de 30 ans l’informatique industrielle et plus particulièrement les applications destinées au monde de la conception (CFAO, GDT, Calcul/Simulation, PLM…). Il a été à l’origine de la lettre bimensuelle Systèmes d’Informations Technologiques, qui a été intégrée à cette lettre Web hebdomadaire, dont il est maintenant le rédacteur en chef.

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