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PLM : Ansys lance la Extended Multiphysics Simulation

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Par publié le à 14h59

PLM : Ansys lance la Extended Multiphysics Simulation

Simuler le comportement du régulateur d'allure, mais avec tout le véhicule derrière

Grâce à une succession d’acquisitions, l’éditeur qui est l’un des leaders du calcul et de la simulation multi-physique, s’intéresse de plus en plus à la mécatronique et maintenant au logiciel embarqué. Le moyen pour lui de proposer à ses clients des outils de simulation au niveau système très proches de la future réalité.

J’ai eu l’occasion de participer voici quelques jours au club utilisateur du logiciel Scade de l’éditeur français Esterel Technologies et de rencontrer à cette occasion Eric Bantegnie, son Président. J’ai ainsi pu faire avec lui un premier bilan, 5 mois après l’acquisition de la société par Ansys, l’un des leaders du monde du calcul et de la simulation numérique multi-physique. Rappelons que les outils Scade sont utilisés pour concevoir, simuler et produire du logiciel embarqué certifié pour des applications où la sureté de fonctionnement est vitale.

« Déjà, c’est nous qui avons choisi de nous adosser à un géant de la simulation sur la base d’un investissement sur le long terme, afin de poursuivre le développement de la société », explique Eric Bantegnie. « En effet, le déploiement d’une chaine efficace pour le développement et le test du logiciel embarqué demande de 3 à 5 ans pour nos clients. Il était donc important que l’acquisition leur offre une perspective sur le long terme ».

De fait, Esterel Technologies, 110 personnes pour un chiffre d’affaires de 20 millions de dollars, a connu depuis sa création en 2000 une croissance annuelle moyenne de 20 % et dégage un profit de l’ordre de 20 % du chiffre d’affaires. Mais il lui fallait passer à une nouvelle étape. « Pour le moment, nous sommes présents sur de beaux marchés de niche : aéronautique ; ferroviaire ; nucléaire, mais nous voulions nous développer plus rapidement en adressant un marché plus large incluant la défense, l’automobile, le médical, etc. De plus, nous voulions aussi être plus présents à l’international sur des marchés tel le Japon ».

Les fondateurs et les investisseurs se sont donc mis en quête du meilleur partenaire pour satisfaire ces objectifs. Finalement c’est Ansys qui a été retenu. « Ansys a beaucoup de points communs avec nous en termes de culture, de répartition de ses activités, de complémentarités d’offres », précise Eric Bantegnie.

Proposer une approche globale

« Nous avons examiné beaucoup d’autres possibilités à la fois avec des acteurs du calcul/simulation, mais aussi de la CAO, mais nous n’avons pas ressenti chez eux une réelle volonté d’intégrer le logiciel embarqué dans leur approche système. Certes pour simuler et valider un système complet il y a beaucoup d’aspects physiques, mais nous pensons que le logiciel embarqué y occupera une place grandissante, afin de faire une optimisation globale. Et Ansys nous a semblé le plus motivé sur le sujet ».

De plus, les partenaires ont réussi à s’entendre sur le montant de l’acquisition qui a été valorisé à trois fois le chiffre d’affaires. Ce qui semble raisonnable quand on sait que les nouveaux partenaires pensent que l’appui d’Ansys devrait permettre d’envisager rapidement une croissance de 40 % des activités d’Esterel Technologies. Notons que 70 % des clients d’Esterel Technologies le sont aussi d’Ansys.

« Nous pensons effectivement que cette acquisition est stratégique pour nous », constate Josh Fredberg, Vice-président Marketing d’Ansys. « Notre rôle est d’aider nos clients en leur fournissant des outils, afin qu’ils puissent innover plus et plus rapidement. Et le logiciel embarqué devient un facteur clé de cette innovation, avec tous les risques que cela suppose. C’est vrai aujourd’hui dans l’aéronautique, mais cela le devient rapidement dans de nouveaux secteurs tels l’automobile, notamment grâce au véhicule électrique, ou les énergies renouvelables. Il est donc évident que nous devions développer notre offre dans ce domaine, pour répondre aux demandes de nos clients ».

Un mouvement qui est en marche depuis quelques années chez Ansys avec les acquisitions de Apache et Ansoft dans les domaines de la simulation électronique et électromagnétique. De telle sorte que ses revenus se répartissent à parts à peu près égales entre la mécanique des structures, la mécanique des fluides et l’électronique, avec un besoin grandissant de dialogue entre ces disciplines. A tel point que l’éditeur parle maintenant pour son offre de Extended Multiphysics Simulation.

Mais bien souvent les bureaux d’études qui développent les aspects physiques et logiciels des produits sont différents, éloignés, voire n’appartiennent pas à la même société. « C’est vrai qu’au niveau utilisateur ce sont souvent des entités différentes, mais les chefs de projet ont bien dans l’idée cette simulation système globale et font tout pour qu’elle soit le plus intégrée possible. D’ailleurs de grands groupes industriels, tel Safran, commencent à regrouper leurs équipes de développement matériel et logiciel embarqué pour faciliter leur dialogue et accélérer leurs développements », constate Eric Bantegnie.

Réduire coûts et délais, améliorer la qualité

Un avis partagé par les utilisateurs présents lors de ce séminaire. C’est le cas de Gregory Mooney, qui est responsable d’un bureau d’études à Los Angeles travaillant sur les trains d’atterrissage de l’équipementier aéronautique global Crane Aerospace.

Des trains d’atterrissage pour lesquels une dizaine de ses ingénieurs utilise déjà le logiciel Scade pour développer le code embarqué qui pilote les systèmes de freinage de l’appareil.

« Il sera intéressant pour nous de coupler les outils de simulation physique et logiciel d’Ansys et d’Esterel Technologies. Cela nous permettra d’optimiser et de valider de ‘‘véritables prototypes virtuels’’ de nos produits avant qu’ils ne soient lancé en fabrication. Il en résultera une réduction certaine de nos coûts et de nos délais de développement, ainsi qu’une meilleure qualité de nos produits, car ils auront été étudiés plus finement. Cette prise en compte du logiciel embarqué va bien dans le sens de l’histoire, car force est de constater que les avions deviennent de plus en plus des ‘‘Flying Computer’’ ».

Et quand on sait que l’automobile va devenir un ‘‘Computer on wheels’’ on comprend qu’Ansys est sur la bonne route !

A la semaine prochaine

Pour en savoir plus : http://www.ansys.com/ & http://www.esterel-technologies.com

Jean-François Prevéraud, journaliste à Industrie & Technologies et l’Usine Nouvelle, suit depuis plus de 31 ans l’informatique industrielle et plus particulièrement les applications destinées au monde de la conception (CFAO, GDT, Calcul/Simulation, PLM…). Il a été à l’origine de la lettre bimensuelle Systèmes d’Informations Technologiques, qui a été intégrée à cette lettre Web hebdomadaire, dont il est maintenant le rédacteur en chef.
 

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