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PLM : Altair mise sur l’optimisation amont

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Par publié le à 16h30

PLM : Altair mise sur l’optimisation amont

Coupler design et calcul, afin d'innover plus efficacement

Rencontre avec Jean-Pierre Roux responsable de la filiale française d’Altair, l’une des sociétés montantes dans le domaine du calcul et de la simulation. Le crédo de l’éditeur repose sur l’optimisation dès les phases amont d’un projet pour guider le concepteur dans la mise en place de la matière et non pas dans l’optimisation a postériori d’une pièce existante. Au point de coupler maintenant design et calcul !

Afin de faire fasse à sa croissance Altair réorganise ses troupes en Europe en créant trois régions. Mauro Guglielminotti, qui était responsable de la filiale française est devenu responsable de l’Europe du Sud (France, Italie, Espagne) et Jean-Pierre Roux, un ancien de Mécalog, société française acquise par Altair en 2006, qui était devenu responsable d’Altair pour le Canada, revient pour prendre la responsabilité opérationnelle de la filiale française.

« L’approche d’Altair est originale, car nous avons à travers notre filiale de conseil Altair Product Design, qui représente 15 % de notre chiffre d’affaires, une véritable expérience d’utilisateur des outils de CAO, mais surtout de calcul et de simulation. Nous revendiquons le fait de ne pas être qu’un simple éditeur et d’avoir l’expérience industrielle de la mise en données et de la définition des hypothèses de calcul ». Une démarche qui permet à Altair d’aller voir ses clients en leur proposant des solutions à leurs problèmes, soit en leur vendant les logiciels et les méthodologies adaptés, soit en menant pour eux des études à façon.

Une approche qui réussi pas trop mal à Altair qui avec 1 500 personnes a réalisé un chiffre d’affaires de l’ordre de 220 millions de dollars, se ventilant à peu près à parts égales entre les Amériques, l’Europe et l’Asie, en croissance de 20 % en 2011. En Europe, l’Allemagne représente environ la moitié du chiffre d’affaires d’Altair, alors que la France qui est deuxième ne représente que moins de 10 %, avec une quarantaine de personnes.

Si Altair a été créé en 1985 comme société de prestation de services en calcul, c’est en 1990 qu’elle a véritablement ‘‘décollé’’ avec la sortie de son mailleur avec pré et post-processeur HyperMesh, conforté en 1995 par l’arrivée de l’outil d’optimisation OptiStruct et en 2000 avec la sortie de la suite HyperWorks.

Innover plutôt qu’améliorer

« Nous avons été l’un des premiers acteurs à proposer un outil d’optimisation. Et cela n’a pas été toujours simple à vendre ! Beaucoup d’industriels ont dans l’esprit que l’optimisation consiste à affiner la conception d’une pièce existante, alors que dans notre esprit, il s’agit plutôt de guider dès le début du processus de conception pour arriver à la pièce optimum répondant au cahier des charges. C’est de cette manière que l’on a le plus de liberté pour innover. Cela permet aussi de gagner beaucoup de temps de développement car on est obligé, dès les phases amont, de se poser les bonnes questions, ce qui réduit considérablement les allers-retours entre les ingénieurs de conception et de calcul ».

Au-delà de l’optimisation, cette approche est une véritable aide à l’innovation qui guide le concepteur en l’aidant à placer de manière optimale de la matière autour de ses concepts. Une approche qu’il n’est pas toujours facile de faire adopter par l’industrie. C’est pourquoi Altair a mis en place chez certains de ses grands clients (Boeing, Airbus…) de véritables Centre d’Optimisation. « On crée un plateau, qui réuni des experts d’Altair et des pilotes des projets du client, où l’on fait passer systématiquement toutes les pièces créées chez ces industriels pour voir si elles sont justiciables d’une optimisation. Il faut qu’il y ait une volonté stratégique de la part du client, soutenue par la direction, mais les résultats enregistrés sur les premiers programmes sont éloquents. A tel point que le Centre d’Optimisation mis en place chez Airbus voit maintenant passer tous les nouveaux projets ».

Mais au-delà de l’optimisation, Altair est aussi une société de solveurs depuis la sortie d’OptiStruct, maintenant réunis sous la bannière Radioss. On y retrouve aussi maintenant Motion Solve pour l’analyse des systèmes multi corps, ainsi que AcuSolve, issu de la reprise fin 2010 d’Acusim, pour la mécanique des fluides. « Un outil qui utilise une formulation par éléments finis et non par volume finis, ce qui favorise la communication avec les codes de mécanique des structures pour faciliter l’analyse multi-physique ».

Simuler aussi les process

Une gamme de solveurs qui permet à Altair d’être aussi présent dans le domaine de la simulation de process avec par exemple HyperForm pour la simulation d’emboutissage, tant en mode inverse (vérification rapide de l’emboutisabilité d’une pièce finie) qu’incrémental pour la simulation précise du process. « Mais notre interface utilisateur est encore très ‘‘ingénieur’’ et pas encore assez métier et simplifiée à l’inverse de solutions concurrentes. Mais cela va évoluer ».

Mais outre son intérêt intrinsèque pour améliorer les process, cette simulation est aussi intéressante pour affiner par exemple la simulation de crash ou de tenue en fatigue. « L’histoire de la pièce avant qu’elle ne soit sollicitée modifie sa réponse aux sollicitations. Il est donc intéressant de coupler les différentes simulations en réutilisant les résultats. Pour le crash, il est intéressant de récupérer les variations d’épaisseurs et les déformations plastiques résiduelles, alors que pour l’analyse en fatigue on est intéressé par les épaisseurs et les contraintes résiduelles. On sait faire depuis longtemps ces couplages, mais cela était fastidieux. Il est maintenant possible avec notre Result initiation Transfert de ‘‘mapper’’ automatiquement les tenseurs sur une nouvelle simulation. Ce qui réduit considérablement les temps de préparation. Une technologie qu’utilise par exemple PSA Peugeot Citroën ».

Une donne qui va changer avec l’arrivée des structures automobiles en matériaux composites. Mais il faut reconnaitre que les constructeurs ne sont pas très à l’aise avec ces nouveaux matériaux. « Les américains utilisent pour les composites le vocable de ‘‘Black Metal’’ pour montrer qu’ils conçoivent leurs pièces en composites de la même manière que des pièces en métal, ce qui conduit à des surdimensionnements notoires. Une aubaine pour notre approche d’optimisation amont qui peut guider le concepteur dans le choix le nombre, l’épaisseur et l’orientation de chaque pli. Là où l’on avait quelques degrés de liberté de conception avec du métal on se retrouve avec des milliers lorsque l’on passe à du composite ».

Toujours dans la simulation de process Altair dispose d’HyperXtrud pour l’extrusion de profilés d’aluminium ou de polymères. Un outil qui permet d’améliorer à la fois la qualité du profil extrudé et les cadences de production. Altair travaille aussi en partenariat avec une université pour la simulation de soudage par friction.

Facturer autrement l'utilisation des logiciels

Dernier point qui différentie Altair de ses concurrents, son ‘‘business model’’ qui fonctionne avec des jetons. « Mais contrairement à nos confrères, nous n’empilons pas les jetons. C'est-à-dire que nous ne défalquons du compte du client que la licence qui coûte le plus parmi les différentes licences qu’il utilise sur son poste de travail. Ainsi un utilisateur de HyperMesh et d’OptiStruct, ne paiera pas 10 plus 20 unités de compte, mais uniquement 20, car le système détecte en instantané le produit utilisé ayant le plus de valeur ».

Autre singularité chez Altair, le cout d’utilisation des logiciels est identique que la machine hôte ait de 1 à 4 cœurs.

Une approche qui a aussi séduit une quinzaine de partenaires, qui ont compilé leurs logiciels pour qu’ils fonctionnent avec le système de licence d’Altair qui les a ajoutés à son catalogue, se faisant rétribuer en fonction de l’utilisation mesurée de leurs produits.

Altair a également un fort savoir-faire dans le domaine du calcul hautes performances depuis l’acquisition de PBS auprès de la Nasa. Il commercialise ainsi la suite PBS Works dont l'outil phare est PBS Pro qui permet d'optimiser l'utilisation des ressources de calcul. Tandis que les solveurs d'HyperWorks sont optimisés pour calculer sur plusieurs centaines de cœurs. Et la courbe de prix ne suit bien évidement pas le nombre de processeurs pour les supers calculateurs.

Enfin, véritable innovation, l’outil de design industriel SolidThinking, mis en sommeil en dehors du marché natal italien, revient sur le devant de la scène avec une version Inspire. « Il s’agit de créer de manière intuitive un modèle 3D optimisé. On couple la notion de design avec notre approche d’optimisation amont présente dans OptiStruct, ce qui permet de créer des formes par morphogenèse ayant une véritable résistance mécanique ».

Une nouvelle approche pour démocratiser le calcul.

A la semaine prochaine

Pour en savoir plus : http://www.altairengineering.fr/Default.aspx

Jean-François Prevéraud, journaliste à Industrie & Technologies et l’Usine Nouvelle, suit depuis plus de 30 ans l’informatique industrielle et plus particulièrement les applications destinées au monde de la conception (CFAO, GDT, Calcul/Simulation, PLM…). Il a été à l’origine de la lettre bimensuelle Systèmes d’Informations Technologiques, qui a été intégrée à cette lettre Web hebdomadaire, dont il est maintenant le rédacteur en chef.

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