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Pierre Amouyal, ABB : « Les datacenters sont prêts pour le courant continu »

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Par publié le à 14h49

Pierre Amouyal, ABB : « Les datacenters sont prêts pour le courant continu »

Pierre Amouyal, directeur de l'activité Tableaux Basse Tension chez ABB France

L’équipementier électrique ABB a annoncé l’aménagement du datacenter suisse de la société Green.ch avec une architecture en courant continu. Une première dans le monde des datacenters. Pierre Amouyal, directeur de l'activité Tableaux Basse Tension, et en charge du développement de ce segment de marché au sein d'ABB France, explique les raisons de ce positionnement.

Industrie & Technologies : Qu’appelez-vous une architecture en courant continu ? 

Pierre Amouyal : Un datacenter est branché sur le réseau, qui délivre un courant alternatif. Dans un datacenter classique, cette alimentation est redistribuée en alternatif jusqu’aux serveurs informatiques, qui eux fonctionnent en courant continu. Autre point : à l’intérieur du datacenter, les lignes d’alimentation sont redondantes, pour garantir la continuité de service. En cas de défaillance électrique, l’alimentation bascule automatiquement d’une ligne à l’autre. Et les batteries, qui assurent l'alimentation de secours lors d'un basculement, fonctionnent elles aussi en continu ! Idem pour d'autres sources de secours : roues inertielles, panneaux photovoltaïques, etc. Une architecture en courant alternatif implique donc plusieurs conversions alternatif/continu au sein du datacenter. L’architecture en courant continu évite toutes ces conversions en fournissant du courant continu en sortie d'un module de conversion installé dès l’entrée du datacenter. 


I&T : Concrètement, quel avantage cela-présente-t-il ? 

Pierre Amouyal : Le courant continu présente deux avantages. D’abord, il dissipe moins de chaleur que l’alternatif : on minimise donc la disparition sous forme de chaleur d'une partie de l'énergie entrante, ainsi que l'énergie nécessaire au système de refroidissement. Deuxième avantage : on s’épargne la pose d’onduleurs, qui assurent les transitions continu-alternatif, ainsi que l'infrastructure associée, tableaux de protection et sectionneurs. On gagne donc à la fois en coût d’investissement matériel, en surface utile de locaux techniques, et en coûts d’exploitation. Au final, on estime que l’exploitant peut réaliser entre 10 et 20 % d’économie sur sa facture d’électricité. Sachant que celle-ci constitue près de la moitié des coûts d'exploitation, l'économie est loin d‘être négligeable. 


I&T : Pour quelles raisons êtes-vous les premiers à vous lancer sur ce type d’architecture ? 

Pierre Amouyal : Au moment de réaliser un investissement, les industriels veulent des technologies bien éprouvées. Or, historiquement, la majeure partie de l’industrie s’est développée en distribution de courant alternatif. A fortiori, dans le monde des datacenters, où la sécurité et la continuité de service est cruciale, les concepteurs pensent par habitude ''courant alternatif''. Mais ce vieil automatisme n’a plus lieu d’être. Plusieurs secteurs industriels de pointe comme les transports ferroviaires ou navals fonctionnent déjà en courant continu. ABB a développé un catalogue complet d'appareillages pour toutes les applications en courant continu, avec notamment une gamme de modules de conversion AC/DC en entrée de datacenters grâce au savoir-faire de sa filiale Validus DC. Comme l’efficacité énergétique et l'empreinte carbone constituent le grand défi actuel des datacenters, nous pensons que le secteur est mûr pour retirer les bénéfices du courant continu.

Propos recueillis par Hugo Leroux

 
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