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Perturbateurs endocriniens : « La proposition de la Commission allait dans le bon sens », Wilfried Sanchez, Fondation Rovaltain

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Par publié le à 09h02

Perturbateurs endocriniens : « La proposition de la Commission allait dans le bon sens », Wilfried Sanchez, Fondation Rovaltain

Le 3 octobre 2017, le Parlement européen votait contre la proposition de la Commission européenne pour statuer sur des critères de définition des perturbateurs endocriniens. Le 26 octobre dernier, le groupe de travail Oui à l’innovation ! et la Fondation de coopération scientifique Rovaltain, qui fédère différents organismes scientifiques impliqués dans la recherche en toxicologie, ont organisé un colloque à Lyon pour éclairer le débat autour du sujet. Le directeur général de la Fondation Rovaltain, Wilfiried Sanchez, revient sur les raisons du vote du Parlement.

Industrie & Technologies : D’où vient le besoin d’établir des critères pour définir ce qu’est un perturbateur endocrinien ?

Wilfried Sanchez : En 2013, la Commission Européenne a pris des réglementations qui s'appliquent aux pesticides et aux biocides. Il est prévu que les molécules qui sont perturbateurs endocriniens soient interdites du marché européen. La question s’est alors posée de savoir ce qu’est, réglementairement, un perturbateur endocrinien pour l’Europe. Dans ce contexte, il fallait, au-delà de la définition scientifique, des critères d'application de cette définition.

C’est-à-dire ? Concrètement, de quels critères parle-t-on ?

Le principal critère est le lien entre le mécanisme d'action d'une substance, et les effets qu'elle va pouvoir causer sur un organisme ou sur un écosystème. L'enjeu est de déterminer le niveau de preuve pour s’assurer de ce lien de cause à effet. Un faible niveau de preuve sera très protecteur mais nous privera de nombreuses molécules utiles. Inversement, un niveau de preuve trop élevé pourrait laisser sur le marché des molécules préoccupantes.

Ce type de lien est-il étudié ?

Il existe des tests de toxicologie réglementaires qui s’intéressent à cette question en regardant les effets de certaines molécules sur plusieurs générations. La recherche académique produit aussi de nombreuses connaissances dans ce domaine, des connaissances qui ont conduit à l’interdiction de nombreuses molécules.

Qu’en est-il des molécules conçues spécifiquement pour être des perturbateurs endocriniens ?

C’est un point important de discussion sur la proposition formulée par la Commission Européenne. Certaines molécules phytosanitaires impactent la mue ou la reproduction des ravageurs pour les éliminer. Pour cela, elles miment ou bloquent l'action d’hormones naturelles. Ces molécules ne seraient pas concernées par la nouvelle réglementation.

Lorsqu'on crée une molécule destinée à perturber la mue chez l'insecte, on ne fait pas de recherche pour s'assurer qu'elles n'ont pas d'impact sur l'Homme ?

La réglementation ne prévoit pas ce type d’étude. À ce stade, il serait intéressant de développer des connaissances scientifiques sur ce sujet afin d’évaluer les effets de ces molécules sur des organismes non cibles : amphibiens, poissons et autres mammifères.

Avez-vous un avis sur le vote du Parlement européen ?

La Fondation Rovaltain a pris assez clairement position. Nous trouvions que, certes la proposition n'était pas parfaite, mais qu’elle allait dans le bon sens. Elle permettait d'avoir une première base de travail en interdisant les substances les plus critiques. Nous avons trouvé dommage que tout le travail qui avait été fait tombe à l'eau. De plus, à côté de cette proposition de définition, des mesures d'action étaient proposées. Notamment le fléchage d'un budget relativement conséquent pour la recherche. Pour avancer sur les effets sur l’Homme des molécules qui sont des perturbateurs endocriniens sur les invertébrés. Pour avancer au sujet des effets sur les écosystèmes également. Ces questions se posent et il faudra un jour mobiliser la recherche.

Quelle est la prochaine étape de ce dossier ?

À ma connaissance...on n’en a aucune idée. Une nouvelle proposition va devoir être formulée, puis viendra le temps des négociations entre les États membres et leurs représentants. Mais à ce stade, il est encore trop tôt pour se prononcer sur un calendrier.

 

Propos recueillis par Xavier Boivinet

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