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Paris capitale de l'intelligence artificielle pour les géants du numérique

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Par publié le à 07h21 , mise à jour le 24/01/2018 à 11h31

Paris capitale de l'intelligence artificielle pour les géants du numérique

Yann Lecun, Facebook

Le savoir-faire français en matière d'intelligence artificielle ne laisse pas indifférent les multinationales du numérique. Facebook et Google ont annoncé des investissements importants pour renforcer la recherche dans ce domaine, au coeur de la capitale.

Après Facebook, qui annoncé le 22 janvier un investissement de 10 millions d’euros pour favoriser la recherche sur l’Intelligence artificielle (IA), c’est au tour de Google de dévoiler que Paris accueillera son deuxième centre de recherche européen dédié à cette discipline. Une série d'annonces qui montre l'attrait croissant des Gafa pour la France en matière de recherche et de développement.

Pour Facebook , qui a démarré en 2015 ses travaux en France en matière d’IA, l’enjeu consiste à accélérer le programme déjà engagé. Des moyens seront peu à peu débloqués d’ici 2022 pour « contribuer activement à l’ambition de la France de devenir la figure de proue européenne de l’IA », souligne la société basée à Menlo Park en Californie. Ce plan d’investissement annoncé s’articulera autour de 5 grands volets : l’accueil de 40 doctorants au sein de Facebook AI Research (FAIR) à Paris, le financement de bourses d’études et des doctorats auprès de plusieurs universités, le financement de 10 serveurs dédiés à l’IA au profit d’instituts de recherche, d’un fonds pour la collecte et le traitement de données ouvertes, et enfin le doublement de l’effectif du laboratoire FAIR qui passera ainsi de 30 à 60 ingénieurs.

De son côté, le centre de Google qui sera le deuxième dédié à l’IA en Europe, après celui de Zurich, en Suisse, mettra l’accent sur trois domaines de recherche : la santé, l’environnement et l’art. L’objectif sera de déterminer les futurs usages et explorer les utilisations de l’intelligence artificielle. Si la date d’ouverture de ce centre n’a pas été précisée, elle devrait toutefois intervenir « très prochainement », selon les premières informations. Par ailleurs, Google envisage de recruter environ 300 salariés supplémentaires à Paris pour atteindre le nombre de 1000. Le montant global de l’investissement n’a pas été dévoilé.

Une concentration de talents

Yann LeCun, directeur scientifique de FAIR et pionner de l’apprentissage profond, s’est réjoui lors d’une présentation à la presse, le 23 janvier, de cette concurrence qu’il a estimé « stimulante ».  « L’objectif est de mettre en place un écosystème de dimension mondiale, dédié à l’IA. Paris possède une concentration de talents dans ce domaine véritablement unique, qui la place naturellement en tête de liste des villes pour accueillir cette démarche », a-t-il estimé. Une idée soutenue par Antoine Bordes, directeur de FAIR « En 2015, Yann LeCun a convaincu les responsables de Facebook de monter leur centre dédié à l’IA en France. C’était un pari à l’époque, mais aujourd’hui les résultats sont là et ce choix porte ses fruits. »

Un partenariat public-privé

Cet écosystème a pu se mettre en place grâce à des organismes de recherche publics très pointus, comme l’INRIA ou le CNRS, qui disposent déjà de travaux relativement avancés dans le domaine de l’IA. « Avec Facebook, et peut-être plus tard avec Google, nous sommes dans un véritable processus d’échange d’informations. Nos chercheurs communiquent très fréquemment », a souligné François Sillion, qui a tout récemment été nommé PDG par intérim de l’INRIA. Plusieurs doctorants rejoindront d’ailleurs les rangs de Facebook dans les années à venir, dans le cadre d’une convention Cifre (Conventions industrielles de formation par la recherche). Mais ce partenariat bénéficie également aux organismes de recherche : « Des entreprises comme Facebook nous permettent d’accéder à de nombreuses données qui sont le nerf de la guerre en matière d’intelligence artificielle », souligne François Sillion. Pour les géants du numérique, hors de question, toutefois, d’utiliser les données privées issues de leur utilisateurs. « Une partie de l’investissement que nous réalisons sera dédié à la collecte et à la caractérisation de données ouvertes », souligne Yann LeCun, « nous pouvons également nous appuyer sur des données fournies volontairement par des utilisateurs, dans le cadre d’un appel de type « science participative ».

L'enjeu de l'apprentissage

Pour le directeur scientifique de Facebook, ces données seront la clé pour résoudre l’une des problématiques majeures concernant l’IA : l’apprentissage. « L’enjeu aujourd’hui est de passer d’un mode d’apprentissage par l’erreur, dans lequel on laisse la machine se tromper, jusqu’à ce qu’elle trouve la solution, à une méthode s’appuyant sur des modèles prédictifs, capables d’évaluer les conséquences futures d’une action », continue Yann LeCun, « car si nos IA actuelles accomplissent des prouesses dans certains domaines et sont capables d’analyses relativement fines, elles ne possèdent pas plus de bon sens qu’un rat de laboratoire».

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