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Nucléaire, fossiles, renouvelables… ce qu’il faut retenir de la PPE

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Par publié le à 09h15

Nucléaire, fossiles, renouvelables… ce qu’il faut retenir de la PPE

La programmation pluriannuelle de l'énergie annonce la fermeture de la centrale de Fessenheim au printemps 2020.

Le Président de la République Emmanuel Macron et le Ministre de la transition écologique et solidaire François de Rugy ont présenté mardi 27 novembre 2018 leur programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE). Texte fixant les grandes orientations en matière d’énergie, elle fait partie des outils mis en place dans le cadre de la loi de transition énergétique pour la croissance verte en 2015. Il s’agit ici de présenter les moyens d’atteindre la neutralité carbone en 2050, objectif fixé par le Plan Climat de juillet 2017. Voici ce qu’il faut en retenir.

Nucléaire : Fermeture de 14 réacteurs d’ici 2035

Pour atteindre l'objectif de réduction à 50% de la part du nucléaire dans le mix énergétique en 2035, le gouvernement entend fermer 14 réacteurs nucléaires sur les 58 présents en France : les deux de Fessenheim au printemps 2020, et les autres au moment de leur cinquième visite décennale, sauf pour deux d’entre eux dont la fermeture sera anticipée en 2027-2028. Le gouvernement ajoute que parmi les réacteurs dont la fermeture est prévue au moment de la cinquième visite décennale, deux pourraient voir leur date de fermeture avancée à 2025-2026 « si certaines conditions relatives au prix de l’électricité et à l’évolution du marché de l’électricité à l’échelle européenne sont remplies. » La décision devrait intervenir en 2023.

Les réacteurs visés par ces fermetures, en plus de Fessenheim, sont les plus anciens. En l’occurrence, ceux des centrales de Tricastin, Bugey, Gravelines, Dampierre, Blayais, Cruas, Chinon et Saint Laurent. La liste précise sera fournie par EDF à l’issue de la période de consultation sur la PPE, avec une contrainte : « privilégier les arrêts de réacteurs ne conduisant à l’arrêt complet d’aucun site nucléaire. »

Concernant l’EPR (réacteur pressurisé européen), si le gouvernement estime qu’ « il n’est pas possible en l’état de prendre une décision sur la construction de nouveaux réacteurs », la porte n’est pas fermée. Il souhaite conduire avec EDF un « programme de travail » pour avancer sur le sujet et fournir des analyses d’ici mi-2021.

Fossiles : Fin des centrales à charbon d'ici 2022

En la faisant passer de 1412 TWh en 2017 à 940 TWh en 2028, le gouvernement souhaite diminuer d’un tiers la consommation primaire d’énergies fossiles. Objectifs dans 10 ans : 27 TWh pour le charbon, 565 TWh pour les produits pétroliers et 349 TWh PCI pour le gaz naturel. Soit des baisses respectives de 80%, 35% et 19% par rapport à 2012.

Les quatre dernières centrales électriques fonctionnant au charbon en France (Cordemais, Le Havre, Provence et Emile Huchet) seront fermées d’ici 2022.

Renouvelables : Éolien terrestre et solaire en puissance

La capacité d’énergie renouvelable installée en France était de 48,6 GW fin 2017. Le gouvernement entend doubler ce chiffre en le portant entre 102 GW et 113 GW en 2028, avec un objectif intermédiaire de 74 GW en 2023.

Alors qu’elles ont représenté 17% de la production électrique nationale en 2017, les énergies renouvelables doivent atteindre 40% en 2030 pour respecter les objectifs de la loi de transition énergétique pour la croissance verte de 2015. « Les filières principales permettant d’atteindre l’objectif seront l’hydroélectricité, le solaire photovoltaïque et l’éolien terrestre, puis progressivement l’éolien en mer dont la production augmentera au cours de la seconde période de la PPE », indique le gouvernement dans sa programmation.

La capacité installée du solaire photovoltaïque devrait passer de 7,66 GW en 2017 à entre 35,6 GW et 44,5 GW en 2028, avec un objectif intermédiaire de 20,6 GW en 2023. Le gouvernement entend « privilégier le développement du PV au sol, moins coûteux, de préférence sur les terrains urbanisés ou dégradés et les parkings. » Il envisage également de soutenir l’innovation dans le PV par des appels d’offres pour encourager les solutions comme l’agrivoltaïsme, les centrales flottantes ou encore sur les bâtiments.

L’objectif de capacité installée d’éolien terrestre est de 24,6 GW en 2023 et entre 34,1 GW et 35,6 GW en 2018, contre 13,6 GW en 2017. Le gouvernement souhaite « rendre obligatoire d’ici 2023 le recyclage des matériaux constitutifs des éoliennes lors de leur démantèlement » et « favoriser la réutilisation des sites éoliens en fin de vie pour y implanter des machines plus performantes. »

Alors qu’une seule éolienne en mer de 2 MW est aujourd’hui installée en France, le gouvernement fixe des objectifs de 2,4 GW en 2023 et entre 4,7 GW et 5,2 GW en 2028. « Durant le quinquennat, nous mettrons en service le premier parc au large de Saint-Nazaire et nous lancerons quatre nouveaux appels d’offre », a déclaré Emmanuel Macron mardi 27 novembre.

Concernant l'hydroélectricité, Emmanuel Macron entend « maintenir la production tout en la renforçant partout où cela est possible ». Les objectifs en termes de capacité installées sont de 25,7 GW en 2023 et environ 26,5 GW en 2028. Avec 25,5 GW de capacité installée, l'hydraulique a produit 53,6 TWh d'électricité en 2017 en France.

Hydrogène : 10% d’hydrogène décarbonné en 2023

Conformément au plan hydrogène annoncé le 1er juin 2018 par Nicolas Hulot, alors Ministre de la transition écologique et solidaire, la PPE rappelle l’objectif de 10% d’hydrogène décarbonné dans l’hydrogène industriel en 2023 et 40% en 2028. Le tout sera mis en œuvre grâce à un fond de soutien de 100 millions d’euros dès 2019 et le lancement d’appels à projets.

Transport : 4,8 millions de véhicules électriques en 2028

L’objectif affiché par la PPE est d’arrêter la vente de véhicules neufs émettant des gaz à effet de serre en 2040. Pour cela, le gouvernement mise sur l’électrique et compte développer le réseau d’infrastructures de recharge et atteindre 4,8 millions de véhicules en circulation d’ici 2028.

 

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