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Nucléaire de 4e génération : accord sur le réacteur Astrid

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Par publié le à 17h14

Nucléaire de 4e génération : accord sur le réacteur Astrid

Le prototype Astrid devra apporter une technologie de rupture en matière de sécurité et de performance environnementale

Le CEA et Bouygues Construction ont signé un accord de collaboration pour les études de conception du génie civil du projet Astrid. Ce démonstrateur prévu pour 2020 devra incarner la réponse française à la nécessité de développer des réacteurs de ''quatrième génération'', plus sûrs et plus durables.

Le projet de réacteur à neutrons rapides refroidi au sodium Astrid prendra corps avec Bouygues. Le Commissariat à l'énergie atomique (CEA), maitre d’ouvrage du projet, a confié à l’entreprise la conception du génie civil pour la phase d’études, qui se poursuivra jusqu’en 2017. Le prototype, d’une puissance de 600 MW électriques devrait être construit à l’horizon 2020.

Croiser les compétences

La collaboration entre le CEA et Bouygues Construction permettra de croiser les apports des équipes de R&D du CEA avec l’expérience industrielle de Bouygues Construction. L’ingénieriste se chargera d’évaluer les différentes options de conception de l’îlot nucléaire, poursuivant notamment la R&D sur les bétons de structure. La stratégie du CEA vise à intégrer, dès la phase de conception, l’expérience industrielle dans tous les domaines du prototype.

Le CEA se concentre ainsi sur la substantifique moelle du réacteur : son architecture d’ensemble, son cœur et son combustible. D’autres lots spécifiques sont confiés à des partenaires industriels, au rang desquels Areva (chaudière, le contrôle commande et les auxiliaires nucléaires), EDF (assistance à maîtrise d’ouvrage, études de sûreté), Alstom (système de conversion d’énergie eau-vapeur et gaz), Comex Nucléaire (robotique et manutention), Jacobs France (moyens communs et infrastructures) et Toshiba (pompes électromagnétiques de grande taille).

Plus sûr, plus durable

Le nucléaire de quatrième génération est développé sous l’initiative du forum international Génération IV. Pour le moment, six concepts préliminaires sont en concurrence, chacun étant développé par un pays. Tous portent une rupture technologique par rapport aux actuels réacteurs de deuxième et troisième génération. L’exploitation industrielle de ce nouveau type de réacteurs, prévue pour l’horizon 2040 dans les feuilles de route internationales, devra apporter un progrès significatif en matière de sécurité et de durabilité.

Le cahier des charges d’Astrid lui impose ainsi d’utiliser la totalité du minerai d'uranium et non simplement l'infime partie composée d'uranium fissile. Le prototype devra aussi démontrer sa capacité à « transmuter les actinides mineurs », c’est à dire de consommer des déchets ultimes pour réduire leur dangerosité.

Rendez-vous fin 2012

Astrid devra surtout rassurer. Le réacteur expérimental Superphénix, reposant également sur les neutrons rapides refroidi au sodium, avait dû être arrêté prématurément en 1998. Le principal défi posé par cette technologique réside dans le circuit de circulation du sodium liquide, extrêmement réactif à l’humidité de l’air.

Le prochain rendez-vous capital dans le calendrier d’Astrid est prévu à la fin de l’année. Le gouvernement doit y examiner un rapport d’étape fixant les orientations technologiques et industrielles du projet. Et donner son aval pour la suite des opérations. Un sujet de choix pour le débat national sur la transition énergétique, prévu par le gouvernement pour la mi-septembre.

Hugo Leroux

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