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« Nous pouvons être fiers de nos champions ! », Jean Sreng, Alliance Industrie du futur

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Par publié le à 11h40

« Nous pouvons être fiers de nos champions ! », Jean Sreng, Alliance Industrie du futur

Jean Sreng, CEA, Alliance Industrie du futur

L’Alliance Industrie du futur née en 2015 fait suite au « plan 34 ». Sa mission : moderniser l’outil de production en aidant les entreprises à intégrer les nouveaux outils tels que le numérique, la fabrication additive, les nouveaux matériaux ou  encore la robotique avancée. Explications avec Jean Sreng, Directeur industrie du futur du CEA List.et responsable du développement de l'offre technologique du futur, que nous avons rencontré à l’occasion de la première édition du salon Convergence Industrie du Futur, qui s'est tenue du 6 au 9 décembre au Parc des Expositions de Paris-Nord Villepinte.

Industrie & Technologies : Pourquoi cette Alliance Industrie du Futur ?

Jean Sreng : L'Alliance Industrie du futur fait suite aux "34 Plans". La mutation vers l’Industrie du futur ne consiste pas à faire table rase en créant un nouvel organisme qui va absorber les nouvelles technologies, mais résulte d’une volonté interne à l’entreprise : je vais devoir muter pour continuer à exister et être compétitif. Nous allons aider cette mutation en rendant visibles toutes ces différentes communautés que sont les filières de l’offre technologique, les filières utilisatrices et les partenaires de recherche technologique et académique.

I&T : Quelle place accordez-vous aux PME ?

J.S. : L’Allemagne est passée par de grands industriels, qui tirent leur supply chain avec eux. En France, l’Alliance Industrie du Futur est une association loi 1901 indépendante, qui ne s’adresse pas aux seuls grands groupes mais est en lien direct avec les PME, dont la croissance est le principal enjeu. Nous avons en effet en France beaucoup de PME, insuffisamment représentées, quelques grands groupes, mais quasiment pas d’ETI. Nous voulons réduire ce fossé.

I&T : Quelle suite allez-vous donner au guide pratique de l’Usine du futur que vous avez publié l’année dernière ?

J.S. : Notre guide a pour vocation de démystifier l’industrie du futur : c’est possible, concret, et voilà comment se l’approprier. Il est constitué de fiches explicatives qui mettent en avant les leviers de compétition et doivent aider un chef d’entreprise à agir rapidement. Nous sortirons bientôt une seconde version, ainsi qu’une version plus vulgarisée et accessible. Nous allons aussi complètement numériser les modes d’accès et de contribution aux informations du guide, et l’intégrer dans le futur site Internet.

I&T : Quels autres outils proposez-vous ?

J.S. : Nous avons d’autres outils concrets, en particulier notre outil diagnostic mis en place par les régions, qui permet aux PME d’établir un premier bilan pour leur entreprise et de déterminer avec elles comment l’Alliance Industrie du futur et son écosystème peuvent leur apporter quelque chose. En tout, nous disposons d’une base de plus de 500 experts, tant sur la mise en œuvre effective des équipements que sur les enjeux organisationnels et humains.

I&T : Où en est le déploiement des plateformes technologiques accessibles aux industriels ?

J.S. : Un certain nombre de ces plateformes existent déjà. Aujourd’hui, lorsqu’un grand groupe exprime un besoin, généralement technologique, il faut pouvoir faire des tests ou réaliser la preuve de concept. Nous encourageons pour cela l’émergence ou la mise en visibilité de ces lieux, à l’instar, récemment, de Factory Lab. Nous souhaitons ainsi parvenir à un réseau de plateformes fédérées par l’Alliance, qui pourraient être sollicitées beaucoup plus efficacement par les PMEs et les laboratoires.

I&T : Que deviennent les pôles de compétitivité ?

J.S. : Nous ne voulons pas rajouter une feuille au millefeuilles, mais être la bonne crème entre les feuilles. Les pôles de compétitivité sont membres de l’Alliance. Ces pôles sont locaux et focalisés sur une filière. Ils sont chargés de faire l’émulsion locale entre acteurs. Ils sont des relais très puissants pour l’Alliance, afin d’articuler la collaboration des pôles entre eux et avec leur écosystème.

I&T : Mardi 6 décembre ont été décernés huit nouveaux labels « Vitrine du futur ». Pourquoi ce label ?

J.S. : La vitrine du futur doit mettre en lumière les transformations pour dire : c’est faisable. Les vitrines peuvent partager ensuite leur expérience. C’est une visibilité pour l'international et une visibilité pour les acteurs français : nous pouvons être fiers de nos champions.

I&T : Pouvez-vous aussi aider les start-ups ?

J.S. : Les start-up sont des importants fournisseurs de technologies qui ne peuvent pas toujours naître au sein de grands groupes moins agiles. Nous sommes très bons sur l’émergence mais moins bons sur leur croissance. Ce que font le CEA ou Air Liquide constitue toutefois autant d'exemples d’accompagnement réussi de start-ups. Aujourd’hui, beaucoup plus de groupes mettent du capital dans les start-up, ou créent des fonds pour investir. C’est intéressant, ils assument le risque associé. Ils assument aussi qu’elles font désormais partie de l’écosystème et ne sont pas des acteurs à la marge. L’Alliance peut  aider les start-ups à diversifier les domaines d’applications qu’elles prévoient pour leurs technologies. Nous croyons beaucoup à la fertilité interfilière.

I&T : Quelles sont les technologies clés de l’Usine du Futur ?

J.S. : Nous avons identifié sept technologies clés suite à une analyse des besoins industriels Français. La numérisation, qui ne se résume pas à placer des capteurs mais est une mutation qui transforme les données en valeur. Puis viennent deux domaines particulièrement importants : les composites et la fabrication additive, deux terres d’innovation où des champions se créent. L’écosystème qui se crée actuellement autour de l’impression 3D est un exemple très concret de la plus-value de l’Alliance Industrie du futur. Puis viennent l’efficacité énergétique, l’automatisation de la production, l’augmentation des performances des opérateurs, grâce aux technologies de réalité augmentée ou cobotique par exemple, et le monitoring, contrôle non destructif et maintenance prédictive. Autant de domaines intercroisés, qu'il s'agit de décloisonner.

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