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NoiseCapture : une appli pour trouver un coin tranquille, loin du bruit

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Par publié le à 09h10

NoiseCapture : une appli pour trouver un coin tranquille, loin du bruit

L'interface de NoiseCapture affiche le bruit par un code couleur du jaune (moins bruyant) au violet (plus bruyant).

Développée par des chercheurs du CNRS et de l'IFSTTAR, l'application NoiseCapture permet de cartographier le bruit de manière participative. Un futur outil possible pour comprendre d'où vient le bruit et s'attaquer à ce facteur de stress reconnu.

Le bioacousticien américain Gordon Hempton est connu pour parcourir le monde à la recherche des lieux les plus silencieux. S’il n’a encore jamais trouvé de zone à l’abri du bruit en France, l’application NoiseCapture pourra peut-être l’aider un jour. Développée par des chercheurs du CNRS et de l’Institut français des sciences et technologies des transports, de l'aménagement et des réseaux (IFSTTAR), elle vise à cartographier l’environnement sonore.

Position GPS et mesure acoustique

Mais avant de bénéficier d’une telle carte, il va falloir la construire. Et pour ça, les chercheurs ont besoin de tout le monde. Chacun est libre de participer en téléchargeant l’application sur son téléphone et en activant l’enregistrement quand bon lui semble. Une promenade dans la nature ou en vélo dans la circulation ? En un clic, l’utilisateur enregistre le niveau sonore des bruits qui l’entourent.

Position GPS et mesure acoustique en décibels sont mesurées et stockées sur un serveur. Anonymes, les données sont traitées avant d’être intégrées dans une carte. Aucune information personnelle n’est enregistrée. “Nous n’avons pas le numéro, ni même les caractéristiques du téléphone, précise Erwan Bocher, chercheur en géographie au CNRS qui a participé au développement de l'application. Nous n’avons qu’un identifiant associé à l’appareil.”

Le bruit, facteur de stress

“On sait aujourd'hui que le bruit augmente le stress des gens, notamment en ville", affirme Erwan Bocher. Pour lutter contre ce fléau, une directive européenne impose aux villes de plus de 100 000 habitants de produire des cartes de bruit, de jour comme de nuit, pour améliorer l’environnement sonore dans l’espace urbain. Elles mettent ensuite en place des plans d'amélioration :  isolation ou modifications du plan de déplacement par exemple. Erwan Bocher l'assure : “Très souvent on se rend compte que le bruit principal est celui de la circulation.”

Pour établir ces cartes, les moyens actuels sont des dispositifs d'observation. Mais pour avoir une vue plus globale à l'échelle d'une ville, la modélisation intervient. Des données de trafic permettent de créer une carte de bruit à partir du transport routier. Désavantage de cette technique : “Elle est dépendante de la qualité des données et du modèle, précise Erwan Bocher. Et elle est très difficile à mettre à jour. La carte rend compte d'une situation qui est souvent déjà périmée.” A l'inverse, pour les chercheurs, la mesure collaborative permet d’être plus en phase avec le réel.

Une carte mondiale

L’expérience est inscrite dans le cadre du projet de recherche européen ENERGIC-OD. Il vise à regrouper les plateformes qui utilisent l’open data et à développer les manières de collecter ces données. Pour M. Bocher, "améliorer l’environnement sonore impliquent que les citoyens soient conscients du problème. Pour ça il faut les sensibiliser. Mais à un moment il faut dépasser la sensibilisation et les rendre actifs.” Les chercheurs aimeraient également que la communauté civile et le monde de l'entreprise s'emparent de leur outil et des données pour créer de nouveaux services. Erwan Bocher imagine que des entrepreneurs puissent utiliser ces données pour créer des start-ups.

La carte s’enrichit et se met à jour avec le temps. “Aujourd'hui nous avons déjà des mesures partout dans le monde : en Europe, en Chine, en Inde,... affirme le chercheur. Nous souhaitons couvrir tous les territoires. Pas uniquement la ville, mais aussi les zones littorales, ou la campagne.” Bientôt, des petits coins de paradis seront identifiés sur NoiseCapture. Mais open data oblige, ils seront accessibles à tous. Il s'agira d'en profiter avant qu'ils ne soient envahis...et, peut-être, de nouveau bruyants.

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