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Nanomatériaux : un risque pulmonaire au-delà de 4 microns

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Par publié le à 12h53

Nanomatériaux : un risque pulmonaire au-delà de 4 microns

Porteurs d'avenir, les nanotubes de carbone soulèvent aussi des doutes concernant leurs effets sur la santé.

Une étude parue dans Toxicological Sciences relance le débat sur les risques éventuels de certains nanomatériaux, laissant planer la menace d'une crise comparable à celle de l'amiante. Mais la dangerosité de ces substances sur le long-terme reste à prouver.

Qu’est-ce qui rend un nanomatériau sûr ? La communauté scientifique n’a toujours pas les éléments pour trancher. C’est ce vide que des travaux du biologiste écossais Ken Donaldson, parus récemment dans la revue Toxicological Science, cherchent à combler.

Dans cette étude, les toxicologues de l’Université d’Edinbourg ont injecté trois types de nanomatériaux – nanofibres d’argent, de nickel et nanotubes de carbone – dans le tissu pulmonaire de souris. Différents calibres de nanofibres ont été testés. Les chercheurs ont observé une inflammation aigue de la plèvre, lorsque les nanomatériaux dépassaient 4 microns de longueur.

Pour Daniel Bloch, médecin du travail au CEA de Grenoble et spécialiste de la nanosécurité, l’étude renforce la prudence déjà de mise avec les fibres de plus de 5 micromètres. Et de souligner que cette valeur seuil est identifiée depuis les années 1960 grâce à la définition que donne l’OMS des fibres, qui s’appuie sur les effets connus des fibres de 10 à 20 micromètres, en intégrant une marge de sécurité.

Doutes sur les effets à long-terme

Les industriels seraient bien au fait de cette valeur seuil, qu’ils tachent de respecter en fabriquant des nanofibres plus courtes. Chez le chimiste français Arkema, qui produit des nanotubes de carbone dans son usine de Mont (64), la longueur individuelle des fibres ne dépasse ainsi pas 1 micron.

Quant à l’inquiétude sur un éventuel effet amiante des nanofibres longues, le risque n'est pas démontré par l'étude. « Les effets observés se limitent à une inflammation aigüe. En aucun cas, ces résultats ne sont extrapolables à un effet sur le long terme de type mésothéliome, comme constaté dans le cas de l’amiante », affirme Daniel Bloch.

Ce qui ne dédouane pour l’heure pas les fabricants de nanomatériaux de s’entourer de précautions. « Aujourd’hui, faute de connaissances suffisantes, l’exposition nulle reste toujours l’objectif à atteindre », conclut le spécialiste.

Ludovic Fery

Retrouvez notre infographie sur les fabricants de nanomatériaux en France

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