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Nano-satellites : la France structure sa filière industrielle

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Par publié le à 06h22

Nano-satellites : la France structure sa filière industrielle

Salle blanche de Nexeya, à Toulouse

Le Cnes a sélectionné un groupement d'industriels, conduits par la société Nexeya, une ETI de 950 salariés, pour structurer une filière industrielle française de nano-satellites. Un premier démonstrateur opérationnel, dédié au système de localisation et collecte de données Argos, sera lancé fin 2019.

Face au développement du marché mondial des nano-satellites, le Cnes a pris l'initiative de fédérer les énergies et de contribuer à structurer une filière industrielle française dédiée. Car ces engins ont beau se distinguer par leur format compact, l'enjeu, lui, est de taille ! « Initialement développés à des fins pédagogiques ou universitaires, les nano-satellites ont aujourd'hui leur place dans les programmes spatiaux, que ce soit pour des missions scientifiques ou commerciales », estime Marie-Anne Clair, directrice des systèmes orbitaux du Cnes. « Selon certaines études prospectives, ce marché pourrait représenter environ 800 millions de dollars par an, à l'horizon d'une dizaine d'années ». De quoi susciter les vocations.

Un marché de co-développement signé avec une ETI

Pour co-développer son démonstrateur opérationnel, un nano-satellite Argos, baptisé ANGELS, pour Argos Neo on a Generic Economical and Light Satellite, le Cnes a sélectionné l'ETI Nexeya. Cette entreprise de 950 salariés, qui a réalisé l'an dernier un chiffre d'affaires de 125 millions d'euros et dont le siège est à Châtenay-Malabry, dans les Hauts-de-Seine, est spécialisée dans la conception et le développement d'équipements électroniques embarqués et solutions de tests. Elle développe depuis plusieurs années sur son site toulousain, qui occupe près de 350 salariés, des expertises spécifiques pour l'industrie spatiale, qui pèsent pas loin de 15% de son chiffre d'affaires. Ce site fournit notamment des harnais d’interconnexion et des panneaux de structure pour les satellites. Ces équipes toulousaines ont pris la tête ces dernières années de deux programmes collaboratifs de R&D successifs, baptisés Nadege et Elise, visant à valoriser leurs compétences acquises dans le spatial en vue de développer une plateforme de nano-satellites de nouvelle génération. Labellisés par le pôle de compétitivité Aerospace Valley et soutenus à la fois par le Fonds unifié interministériel (FUI) et par le conseil régional Occitanie, ces deux projets ont servi de preuve de concept. « Après ces deux démonstrateurs au sol, nous allons passer à l'étape d'industrialisation avec un premier démonstrateur opérationnel », se félicite Nicolas Multan, directeur des activités spatiales chez Nexeya.

Un consortium d'une demi-douzaine d'entreprises
Pour répondre à ce marché de co-développement, Nexeya s'est entouré de partenaires industriels, principalement français. CS aura en charge le centre de contrôle, Erems fournit l'unité de gestion de puissance énergétique, Mecano-ID, l'ingénierie mécanique et thermique, Steel, l'ordinateur de bord, Saft, les batteries et Spacebel, le simulateur de satellite. Nexeya aura le rôle de systémier et d'intégrateur. La société a en charge le développement de la plateforme et l'assemblage final, le Cnes gardant la responsabilité de la charge utile, un instrument Argos, dont le développement est assuré par Thales Alenia Space et Syrlinks. Le Cnes sera aussi en charge du lancement, des opérations et de l'exploitation du satellite.

Un concentré d'innovations technologiques
« La plateforme nano-satellite, comme la charge utile, sera un concentré d'innovations technologiques », souligne Nicolas Multan. Mini antennes, mini batteries, mini ordinateurs de bord... Mais cette miniaturisation ne doit pas se faire au détriment de la performance ! L'un des axes forts du projet réside dans la capacité des industriels du consortium à fiabiliser les composants et les équipements. « De nombreux nano-satellites à vocation pédagogique ou universitaire ont des durées de vie très courtes, de l'ordre de quelques jours, voire quelques mois. Notre offre commerciale de nano-satellites, tout en restant compétitive au niveau des coûts, doit garantir à nos clients une durée de vie minimum de deux ans », insiste Nicolas Multan.

Un budget de 9,4 millions d'euros et une ambition industrielle
Globalement, le projet ANGELS est évalué à 9,4 millions d'euros, financés à 50% par le Cnes et à 50% par Nexeya et ses partenaires. Les équipes sont en place. Le compte à rebours est lancé, avec une mise en orbite du démonstrateur opérationnel prévue pour fin 2019. D'ici là, Nexeya compte bien signer d'autres contrats. « Plusieurs négociations commerciales sont déjà en phases avancées », confie Philippe Gautier, PDG de Nexeya. En ligne de mire, des missions scientifiques et d'observation de la Terre diverses, en France, mais aussi à l'international, avec des projets de constellations de plusieurs dizaines de satellites. L'ambition industrielle est claire : d'ici 2023, Nexeya prévoit de produire plus d'une centaine de nano-satellites.
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