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MINATEC, CREUSET DES MICRO- ET NANOTECHNOLOGIES

Par publié le à 00h00

- Regroupant recherche, enseignement et industrie, le pôle grenoblois relance la France dans la compétition mondiale sur ce secteur clé.

C'est un événement majeur en matière de technologie. Début juin, Minatec, le pôle grenoblois voué aux micro- et nanotechnologies, a été inauguré, donnant le coup d'envoi officiel à cette initiative du CEA-Léti, l'un des grands centres européens de recherche en microélectronique, et de l'Institut national polytechnique de Grenoble (INPG). Cette inauguration arrive après un festival d'événements internationaux où se sont pressés des conférenciers venus des États-Unis, du Japon, de Chine, d'Europe, des universitaires comme des industriels. Autant dire que Minatec est déjà bien visible aux yeux du monde - au moins aux yeux de ceux qui s'intéressent aux micro- et nanotechnologies... - et c'était bien là le but recherché.

Jean-Charles Guibert, directeur de la valorisation au CEA, est l'une des chevilles ouvrières, avec Jean Therme, directeur de la recherche technologique du CEA, de la création de Minatec depuis 1999. Il a écumé les zones high-tech dans le monde lors de la phase de projet du pôle : « Il fallait connaître ce que d'autres pays et régions faisaient, voir les avantages et les défauts pour ne retenir que le bon dans notre projet. » Résultat, avec Minatec, la synthèse recherche/enseignement/ industrie, prônée par tous les développeurs, semble réussie. Dès la prochaine rentrée universitaire, les élèves de deux écoles d'ingénieurs (Enserg et ENSPG), traditionnellement installées sur le campus de Saint-Martin-d'Hères (Isère), à l'autre bout de la ville, seront au quotidien dans les murs de Minatec. Là, ils se frotteront aussi bien aux chercheurs, notamment du Léti, qu'aux industriels, leurs éventuels futurs employeurs, ayant choisi de s'implanter pour quelques années dans le "Bâtiment hautes technologies" (BHT) qui leur est réservé.

Comme le souligne Jean-Charles Guibert, « il y avait dans le comité de pilotage deux leaders forts, le CEA et l'INPG ». Le CEA apporte le Léti, qui sera le bras armé des recherches avec ses locaux actuels et ses réseaux au sein du CEA (DSM, Direction des sciences de la matière, notamment), et hors CEA avec les partenariats déjà développés avec l'INPG, l'université Joseph-Fourier et, au-delà des frontières, avec le CSEM en Suisse, l'Institut Fraunhofer en Allemagne et bien d'autres.

Anticipation des futures extensions

La partie valorisation industrielle, étroitement liée à la précédente, est plus le fait des collectivités et du secteur privé. Objectif : conserver pour quelques années, dans des locaux dédiés, les entreprises ayant un partenariat de recherche-développement avec le pôle, qu'elles soient en cours de création ou déjà mûres, mais qui souhaitent, le temps d'un développement, être près des chercheurs et profiter d'un ensemble de services de haut niveau (salles blanches, fluides, laboratoires...).

Jean-Charles Guibert compare le fonctionnement de Minatec à un circuit électronique d'amplification : le signal, c'est la recherche amont effectuée au CNRS et dans d'autres laboratoires du CEA sur la nanoélectronique, la spintronique, la microfluidique, les biopuces, la nanocaractérisation, etc. ; l'amplification, c'est la recherche appliquée, faite notamment au Léti (avec son budget de 180 millions d' euros aux deux tiers obtenus au travers de 180 partenaires industriels) ; la puissance, c'est la recherche industrielle dont les locaux sur Minatec sont gérés par Minatec Entreprises. Plus de 80 % des surfaces sont actuellement occupées ou déjà réservées. Les premiers occupants sont Serma Technologies, Artec System, Protein'expert dans les biosciences, plusieurs sociétés dans la nanochimie et les surfaces fonctionnelles.

À peine inauguré, les promoteurs de Minatec pensent à l'extension. Vu la réserve de terrain, il est possible de construire encore autant de surface de bâtiments ; tous ont été conçus pour être agrandis.

Ce qui anime Minatec, c'est la vision à long terme, la pérennité des activités de manière dynamique. Minatec démarche les gros industriels un peu partout dans le monde, avec un penchant pour le Japon. Une vingtaine de chercheurs seniors ont pour tâche la prospection avec de véritables "road shows" de présentation. « Aujourd'hui, les industriels qui viennent en Europe mettent Minatec dans leur programme », affirme Jean-Charles Guibert. La visibilité internationale crée un effet d'entraînement pour les industriels, d'autant plus que Grenoble et sa banlieue offrent de nombreuses opportunités pour une entreprise : un premier développement dans le BHT de Minatec puis, logiquement, un essaimage dans une zone d'activité, mais se trouvant toujours à proximité des ressources intellectuelles et technologiques.

L'avenir dira si, en 2006, année du cinquantenaire du CEA Grenoble, le tournant a été bien pris vers le xxie siècle. Les débuts sont pour l'instant encourageants.

UN PÔLE UNIQUE EN EUROPE

L'investissement - Le pôle grenoblois d'innovation en micro- et nanotechnologies a représenté un investissement de 192,7 millions d'euros. - Sur la période 2000-2010, l'investissement se montera à 1 milliard d'euros. - Le budget annuel de fonctionnement de l'ensemble est de 300 millions d'euros. Le site - Il est intégré au périmètre du CEA Grenoble sur lequel ont été construits 44 000 m2 de nouveaux bâtiments. Dans le périmètre, sont inclus le Léti et ses salles blanches actuelles. - Il regroupe, sur 8 hectares, 3 600 personnes en 2006, incluant environ un millier d'étudiants et un millier de personnes du CEA-Léti, centre de recherche en microélectronique. Les bâtiments - Le Bâtiment hautes technologies (BHT) avec 11 000 m2 de salles blanches. Il est destiné aux entreprises nouvellement créées ou aux entreprises ayant un partenariat de recherche avec le pôle d'innovation en micro- et nanotechnologies. Premier occupant, Serma Technologies (cartes et composants électroniques). - Le pôle "Facilities Management" géré par Elyo Suez, pour l'élaboration et la distribution de tous les fluides nécessaires à une activité de recherche très tournée vers la microélectronique (vide, gaz ultrapurs, etc.). Elyo investit et se rémunère sur la fourniture des fluides.

UNE STRUCTURE PAS COMME LES AUTRES

- La convention Minatec associe le CEA, l'INPG, quatre collectivités territoriales et l'État. - Le terrain qui héberge Minatec est la propriété du CEA. - Les infrastructures qui y sont installées représentent 170 millions d'euros payés par : > Le conseil général de l'Isère 38,50 millions d'euros ; > Le CEA 32,32 millions d'euros ; > La région Rhône-Alpes 23,47 millions d'euros ; > La ville de Grenoble et l'agglomération de Grenoble chacune 9,90 millions d'euros ; > L'État 13,48 millions d'euros ; > La Caisse des dépôts et consignations et le privé 42,52 millions d'euros.

TROIS PROJETS FORTS

- La caractérisation : c'est l'un des points clés du développement des nanotechnologies. Minatec offrira une plate-forme de nanocaractérisation unique en Europe. Fonctionnement annuel de 650 000 euros et investissement de 3 millions d'euros par an. - La chimtronique : la microélectronique ne saurait se passer de chimie, et de moins en moins puisqu'il faut fonctionnaliser des surfaces en leur conférant des propriétés très spécifiques. - La microfluidique : l'avenir des analyses biologiques et chimiques passe par les microsystèmes d'analyse qui reproduisent, sur 1 cm2, les opérations classiques de séparation, extraction, mélange, détection, identification.

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