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Mentor : l’arrivée des technologies 28/20 nm sera bénéfique pour les éditeurs

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Par publié le à 16h46

Mentor : l’arrivée des technologies 28/20 nm sera bénéfique pour les éditeurs

Wally Rhines, Chairman & CEO de Mentor Graphics

J’ai eu la chance de m’entretenir avec Wally Rhines, Chairman & CEO de Mentor Graphics, lors de l’un de ses récents passages à Paris pour rencontrer quelques uns de ses grands clients. L’occasion d’évoquer l’impact de l’arrivée des technologies 28/20nm.

« Le monde de l’électronique est paradoxal. On n’arrête pas de nous parler de phénomènes de concentration chez les industriels du semi-conducteur et pourtant lorsque l’on regarde les chiffes de près, on s’aperçoit que la part de marché du leader est stable aux alentours de 13 % depuis … 1972 ; qu’il en va de même pour celle des 5 premiers aux alentours de 35 % ; ou de celle des 10 premiers aux alentours de 50 %. Et ce n’est pas la, pourtant retentissante, acquisition de National Semiconductor par Texas Instruments qui change la donne. On peut même constater, contre toutes attentes, que la part des 50 premiers a chutée de 98 à 90 % entre 2003 et 2010. Le marché est donc pas entrain de se consolider mais il est stable voire en phase de déconsolidation et plus ouvert qu’il n’y parait, avec il est vrai une poussée des industriels ‘‘fabless’’ », constate Wally Rhines, Chairman & CEO de Mentor Graphics.

Pourtant dans cet ‘‘océan de stabilité’’, il existe une bonne nouvelle pour Mentor Graphics, le marché des fondeurs de silicium augmente largement ses investissements pour faire face à l’arrivée des niveaux de gravures entre 28 et 20 nm. Ainsi, alors que sur la période 1998/2009 la moyenne annuelle d’investissement était de 6,9 milliards de dollars, elle a été de 14,3 B$ en 2010 et devrait dépasser les 19,1 B$ en 2011.

L’impact du 28/20 nm

Une croissance des investissements qui est en grande partie due à l’arrivée des circuits en technologies 28 à 20 nm. « Celles-ci représentent un tel saut technologique et de performances par rapport aux évolutions technologiques précédentes, que les industriels du semi-conducteur seront forcés d’investir encore plus massivement en 2012 pour faire face au volume de projets attendus ».

De plus, Wally Rhines estime que les avantages tant financiers qu’en termes de performances ou de miniaturisation, vont pousser beaucoup d’industriels à basculer nombre de produits réalisés en technologies 180/130/90/65 ou 45 nm vers les technologies 28/20 nm, en leurs ajoutant de nombreuses fonctionnalités. Ce qui se traduira par de nombreux projets de ‘‘reconception’’ dès 2012.

Enfin, il estime que ces possibilités techniques de ces technologies émergeantes vont susciter de nouvelles applications à horizon 2014/2015.

« Nous travaillons très en avance de phase avec les fondeurs. Nous avons commencé à faire des tests avec IBM sur le 20 nm voici déjà 5 ans, allant jusqu’à sortir des ‘‘wafers test’’ afin de définir, d’optimiser et de valider les règles et les outils de conception ».

Plus généralement, chez les industriels utilisateurs les premiers projets débutent deux ans avant que les premiers exemplaires des produits de série sortent. D’où sa confiance dans l’évolution de son marché. « Globalement le nombre des concepteurs en électronique croit de 5 à 7 % chaque année, même si le nombre de projets est quasi stable. Cette augmentation permet de faire face, conjuguée aux performances croissantes de nos produits, à l’augmentation importante de la complexité des projets ».

Ainsi Wally Rhines estime que sur les 25 dernières années la productivité des concepteurs a été augmentée de 4 ordres de magnitude (x 10 000) en termes de nombre de transistors implémentés. « Et le passage au 28 nm va encore permettre de quadrupler le nombre de transistors par circuit par rapport à une technologie 40 nm ».

La part du matériel diminue

Par contre, force est de constater que la part de conception du matériel dans un système complexe, diminue année après année au profit de celle du logiciel embarqué et de l’ingénierie du système. « Dans un projet à 50 M$, la part de la conception des circuits est maintenant inférieure à 10 M$. Heureusement pour nous, nous sommes présents de longue date sur le marché de l’ingénierie des systèmes et la part conception du silicium ne représente plus ‘‘que’’ les 2/3 des nos revenus, contre 95 % chez la plupart de nos concurrents ».

Concernant la crise économique, Wally Rhines estime qu’elle ne devrait pas avoir un impact trop important sur les futurs projets. « L’expérience des crises précédentes montre un impact fort et rapide sur les ventes de produits électroniques manufacturés, avec des conséquences importantes sur la production. Et ces industriels ont appris à faire face à ces aléas périodiques ! Mais ils ont toujours préservé leurs équipes de développement et profité des crises pour leur faire développer des produits innovants prêts pour la sortie de crise. Ce qui sommes toutes n’est par trop préoccupant pour les éditeurs de CAO-Electronique ». La croissance de 16 % des ventes des éditeurs sur le deuxième trimestre 2011 semble lui donner raison.

Une note d’optimisme dont nous avons bien besoin en ce moment.

A la semaine prochaine

Pour en savoir plus : http://www.mentor.com

Jean-François Prevéraud, journaliste à Industrie & Technologies et l’Usine Nouvelle, suit depuis plus de 30 ans l’informatique industrielle et plus particulièrement les applications destinées au monde de la conception (CFAO, GDT, Calcul/Simulation, PLM…). Il a été à l’origine de la lettre bimensuelle Systèmes d’Informations Technologiques, qui a été intégrée à cette lettre Web hebdomadaire, dont il est maintenant le rédacteur en chef.

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