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Matériaux & chimie : l'industrie va mettre des algues à toutes les sauces

Par publié le à 10h00

Matériaux & chimie : l'industrie va mettre des algues à toutes les sauces

projet Algoroute bitume en micro algue

Du bitume au carburant, en passant par l'alimentaire et la chimie fine, la fièvre des algues arrive de l'Ouest. Une plateforme industrielle accompagne tous ces algotoqués.

Les algues sont une ressource dont l'éventail d'utilisation se densifie année après année. En 2015, plusieurs produits ont émergé en France. Un cosmétique antioxydant a été breveté par BiotechMarine. Une alimentation enrichie en Oméga-3 a été mise sur le marché par Fermentalg. L'association France Microalgues regroupe industriels et laboratoires pour développer des matières premières de substitution au pétrole. Les exemples ne manquent pas et témoignent d'un engouement pour les plantes marines. Le biocarburant, dit de troisième génération, reste l'objectif ultime mais sa faisabilité est encore lointaine. « Pas avant une vingtaine d'années », pronostique Pascal Jaouen, directeur adjoint du laboratoire de Génie des procédés environnement agroalimentaire (Gepea).

Un démonstrateur industriel de 3 000 m2

La substitution aux énergies fossiles passe également par les plastiques et le bitume. Les objets en plastique à base d'algues ont ainsi été très médiatisés cette année. Pourtant, ils étaient généralement les résultats de partenariats entre divers fabricants et Algopack, une start-up de Saint-Malo (Ille-et-Vilaine) qui produit des polymères depuis déjà quatre ans. Les revêtements routiers, en revanche, ont vu cette année l'arrivée d'un bitume fabriqué à partir de résidus industriels de micro-algues et développé par l'entreprise Algosource. Cet enrobé présente les mêmes propriétés qu'un bitume classique : il est viscoélastique de - 20 à 60 °C et convertit 55 % des algues consommées. Il est surtout l'un des premiers projets à intégrer le site d'AlgoSolis, un démonstrateur industriel de 3 000 m2 cultivant et transformant des algues en intérieur et en extérieur sur une vingtaine de lignes modulables.

Un changement d'échelle bienvenu qui, à la manière des pôles de compétitivité, devrait accélérer les recherches et le transfert technologique vers l'industrie. Associé au Gepea, le site AlgoSolis bénéficie de dix ans de recherches sur l'ensemble des étapes de production. La culture peut ainsi avoir lieu dans des bioréacteurs conventionnels (raceways) ou sur des cuves brevetées apportant cinq à vingt fois plus de rendement tout en protégeant des contaminations extérieures. Récolte, extraction et raffinage profitent également de l'expertise des laboratoires nazairiens et nantais du CNRS. Selon Pascal Jaouen, associé au projet, le site est « l'un des mieux équipés au monde pour passer de la paillasse à l'échelle industrielle ». Pour l'instant, une petite dizaine de projets sont menés sur le site inauguré en juin, mais il pourrait en mener une quinzaine simultanément selon les responsables. De quoi faire patienter avant de voir les algues remplir nos réservoirs.

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30 souches sont utilisées sur les 100 000 référencées.

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