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[Cas d'entreprise] Se passer des GAFAM, c'est possible !

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Par publié le à 14h34

[Cas d'entreprise] Se passer des GAFAM, c'est possible !

Avec un marché en forte croissance, les logiciels libres - alternatives aux logiciels propriétaires largement fournis par les GAFAM - se font une place dans les entreprises. Les professionnels cherchent avant tout à maitriser leur système d’information, et nombre de solutions se présentent aujourd’hui.

Partout, les GAFAM sont infiltrés au sein des entreprises. Les données sont stockées sur les serveurs d’Amazon, les recherches se font sur Google, et la même solution Microsoft permet de rédiger un texte, organiser son agenda ou travailler collaborativement. Si ces solutions sont pratiques et universelles, leur utilisation est aujourd’hui plus réfléchie. Quel(s) risque(s) prenne(nt) les entreprises avec leurs précieuses données ? Quelle place est laissée à la concurrence sur le marché du numérique ? De nombreuses associations prônent le droit à un numérique libre. La Quadrature du Net a lancé au printemps dernier un recours inédit contre les GAFAM. L’association Framasoft s’est fait connaitre avec sa campagne « Dégooglisons internet », et propose depuis 2001 de nombreuses alternatives. Et le monde de l’industrie n’est pas en reste. La volonté de maitriser les outils revient dans la bouche des professionnels, qui se tournent vers le marché du logiciel libre, dont les prévisions de croissance représentent le double du secteur numérique.

Une démarche anti-GAFAM

Certaines entreprises s’engagent même explicitement – comme elles l’ont même, pour certaines, toujours fait– dans une démarche anti-GAFAM. Dans le bureau d’études acoustiques Echologos, les GAFAM sont quasiment bannis depuis 15 ans. « À l’époque, nous nous battions tout le temps avec Microsoft : lorsqu’il y avait un bug, il fallait entrer en contact avec eux, retrouver le numéro de licence … c’était complexe », se souvient Jean-Pierre Odion, co-fondateur de la société. Aujourd’hui les ordinateurs tournent sur Linux et les emails sont gérés par Thunderbird. « Nous ne voyons que des avantages : l’environnement Linux est plus léger que Windows, et nous pouvons adapter les logiciels utilisés à nos besoins. » Chez Flexilivre, start-up spécialisée dans le livre photo, la démarche est similaire. « C’est un choix que nous avons fait dès le départ, pour ne pas utiliser de logiciels ‘boites noires’, et lutter contre l’appauvrissement du secteur face à la présence exagérée des GAFAM », confie Kamel Boughaleb, fondateur de la société. Les données sont hébergées chez Online.net, un des acteurs majeurs de l’hébergement en France. Et l’emailing va bientôt être réalisé par la société française Mailjet. La tendance se retrouve chez les grandes entreprises également : Airbus, SNCF, Auchan ou encore la Société Générale font partie de ceux qui utilisent des logiciels libres pour une partie de leur activité. Le dernier rapport du Conseil National du Logiciel Libre (CNLL) publié en décembre dernier abonde : « le logiciel libre est adopté par les entreprises essentiellement pour […] maitriser leurs systèmes d’information, mutualiser et rationaliser leurs investissements logiciels et […] accélérer leurs programmes d’innovations stratégiques. »

Les logiciels libres, une alternative

Les logiciels libres, payants ou gratuits, sont l’alternative aux logiciels propriétaires. Leur code source est accessible par les utilisateurs, qui peuvent donc « l’exécuter, le copier, le distribuer, l’étudier, le modifier et l’améliorer » d’après sa définition par la Free Software Foundation. Selon le rapport du CNLL, ils occupent une place de choix dans la transformation numérique des entreprises qui, pour 45% de celles interrogées dans l’enquête, investissent plus de 15% de leur chiffre d’affaire en R&D. Il existe de nombreux guides pour aider à basculer vers les logiciels libres, comme le guide de l’association Framasoft qui en recense des milliers. Citons par exemple le système d’exploitation Linux, le logiciel de bureautique Libreoffice, le navigateur Firefox, l’agenda Framagenda, l’éditeur Vim, le logiciel de gestion Dolibarr ou encore le service de messagerie sécurisée Protonmail. Enfin, d’autres alternatives éthiques existent : l’hébergeur français Cozycloud pour un cloud sécurisé, ou le moteur de recherche français Qwant. Et la liste est loin d’être exhaustive.

Un accompagnement vers la transition numérique

Face au manque de culture du logiciel libre, des sociétés de services en logiciels libres, appelées aujourd’hui entreprises du numérique libre, proposent d’accompagner les entreprises dans leur transition numérique. La filière est structurée par le CNLL qui fédère 13 clusters régionaux, pour un total de plus de 400 entreprises. Le modèle économique de ces sociétés ne repose pas sur la vente de logiciels comme le font les GAFAM. « Nous proposons un accompagnement, sur les principaux outils de gestion nécessaires à une PME, détaille Philippe Scoffoni, dirigeant et fondateur de OpenDSI. Depuis 2012, nous avons guidé plus d’une centaine de clients, parfois depuis l’analyse du besoin jusqu’à la formation des utilisateurs, en passant par des développements spécifiques. »

Si les alternatives sont nombreuses, permettent-elles de répondre à tous les besoins des professionnels ? « Nous effectuons environ 50% de notre travail quotidien en dehors des GAFAM, mais nous sommes toujours enchainés à Excel par exemple », avoue le fondateur de Flexilivre, pourtant attaché aux valeurs du libre. Face à l’omniprésence des géants du numérique, le partage de fichiers avec les collaborateurs ou les clients peut être plus difficile, et certains outils largement utilisés ne fonctionnent pas partout. Sans compter la simplicité d’utilisation des outils de Google par exemple, qui réunit sur un même compte de nombreux services. « On peut faire la même chose sur du libre !, répond Philippe Scoffoni. Sur Nextcloud par exemple, on a un service de messagerie, d’échange de fichiers, un répertoire, un agenda... » L’offre semble complète pour les professionnels qui feraient le choix de s’éloigner du monopole des GAFAM.

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