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[Livre] Google, un loup (technologique) pour l’homme à neutraliser d'urgence

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Par publié le à 14h12

[Livre] Google, un loup (technologique) pour l’homme à neutraliser d'urgence

À quoi ressemblera l’humanité si on laisse Google rendre le monde meilleur ? La directrice de la rédaction d'Industrie & Technologies, Christine Kerdellant, dessine cet avenir inquiétant dans un essai-fiction « Dans la Google du Loup », paru en janvier chez Plon. De quoi donner matière à réfléchir sur l’éthique des technologies numériques et la nécessaire transparence des algorithmes. 

Peut-on encore arrêter Google ? La position hégémonique que le géant du numérique californien a prise sur nos économies et sur nos vies — et demain sur notre humanité ? — par sa maîtrise de nos données personnelles et ses moyens quasi illimités pour développer des technologies d’intelligence artificielle et lutter contre la mort, est-elle déjà inébranlable ? Le livre de la journaliste Christine Kerdellant (directrice de la rédaction d'Industrie & Technologies, de l’Usine nouvelle et de l’Usine digitale)  « Dans la Google du Loup », paru en janvier 2017 chez Plon, laisse peu d’espoir. Au mieux, invite-t-il à utiliser le moteur de recherche français Qwant ou l’américain DuckduckGo, voire celui de Microsoft, Bing, à la place de celui de Google. Mais, avec un taux de pénétration de quelque 60 % aux États-Unis et plus de 90 % en Europe, le moteur de recherche de Google tient une position dominante, dont, en plus, il aurait fortement tendance à abuser.

Sortir la tête du sable

Rien de nouveau à cela pourtant. On a tous compris que « Si c’est gratuit, c’est que c'est nous le produit ». Pour le reste...on préfère ne pas voir. Mais en imaginant à quoi ressemblera l’existence dans une société de la transparence, où la vie privée n’existe plus, l’auteur dresse une vision cauchemardesque du futur (malheureusement très possible) que nous prépare Google… et ses homologues. Pire. Au regard des moyens illimités dont dispose Google pour financer des recherches en santé et en intelligence artificielle, l’auteur dessine une ère de transhumanisme, voire de post-humanisme, préfigurant… la fin de l’humanité. Rien de moins. Mais veut-on de cet avenir-là ? Est-il inéluctable ? Que faire pour l’arrêter ?

Car la fiction de Christine Kerdellant s’appuie sur des faits publics rapportés par la presse et des analyses d’experts : stratégies de conquête et de destruction de marchés, politique de recherche, rachats de start-up innovantes par wagon, optimisation fiscale et… déclarations des dirigeants, Larry Page, Serge Brin et Eric Schmidt, qui ne laissent aucun doute sur les ambitions idéologiques de Google : faire un monde meilleur, mais sans demander au monde son avis et surtout sans réfléxion éthique ou politique.

L'open source comme dernier rempart

La journaliste joue-t-elle à nous faire peur ? Elle ne serait pas la première à vouloir alerter les Européens. En octobre 2014 déjà, Franck Casenave, directeur marketing et business développement chez l’équipementier allemand Bosch, imaginait dans un livre intitulé Stop Google, le quotidien d’un individu ayant recours à de nombreux services du géant du web et l’aliénation qui en débouchait. En 2010, l’auteur-essayiste Ariel Kyrou (codirecteur de la revue Multitudes, ancien rédacteur en chef d’Actuel) publiait "Google God : Big Brother n’existe pas, il est partout", où elle explorait déjà les ramifications panoptiques du géant Google.

Depuis, hormis une action contre ses abus de positons de la Commission européenne (avec une amende de 6 milliards d’euros à la clé), rien ne semble pouvoir freiner Google dans son dessein. L’idée d’une scission entre moteur de recherche et les autres activités d’Alphabet, la maison mère, reste évoquée mais peu probable. La transformation de Google en un bien commun, encore moins. Et pourtant, il y a urgence. « Il est grand temps de s’emparer du sujet et d’en débattre, de créer des comités d’éthique nationaux et internationaux, d’exiger de Google la transparence autant sur ses algorithmes que sur ses programmes de recherche », écrit Christine Kerdellant. À travers son analyse du cas Google, c’est à une réflexion sur l’open science et l’open technologie, que ce livre invite. Des questions autant éthiques que politiques, qu’il est temps de sortir des cercles d’initiés pour les amener dans le débat public.

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