Veille technologique

pour les professionnels de l’industrie
S’abonner

S’inscrire à l’hebdo de la techno :

Rechercher sur Industrie & Technologies

Facebook Twitter Google + Linkedin Email
×

Linky Lab : en avant la production !

| |

Par publié le à 15h00

Linky Lab : en avant la production !

La salle "environnement dense" permet de tester l'interaction des compteurs entre eux.

A quelques semaines du déploiement national du compteur Linky, ERDF a inauguré jeudi 15 octobre le Linky lab. Le compteur, dont la production en grande série va désormais commencer, y subit des contrôles de qualité drastique. Reportage.

De l’extérieur, le laboratoire d'ERDF situé à Nanterre (92) semble être un banal bâtiment de bureaux. A l’intérieur, bancs de tests et armoires métalliques où sont alignés par centaines les compteurs communicant renseignent le visiteur sur l’activité réelle qui s’y déroule – et l’importance stratégique qu’a le laboratoire pour ERDF. Le Linky Lab, déjà en fonctionnement depuis quelques mois, est en effet le premier centre européen de test de compteurs communicants. Soit 1700 m² dédiés au test et contrôle qualité du compteur Linky. Dans ce laboratoire, une quarantaine d’ingénieurs et de techniciens mettent à l’épreuve une centaine de compteurs Linky chaque jour. Leur but : tester la fiabilité et la robustesse de ces compteurs qui vont essaimer dans toute la France.

ERDF fait le lien entre transition numérique et énergétique

« Le monde du numérique s’installe résolument dans le monde de l’énergie. ERDF fait le lien entre la transition numérique et la transition énergétique et Linky sera la brique élémentaire de ce lien », s’est enthousiasmé Philippe Monloubou, président du directoire d’ERDF, lors de l’inauguration du laboratoire le 15 octobre. Une brique qui permettra le renouvellement complet du parc français de 35 millions de compteurs d’ici 2021, pour répondre à la loi de la transition énergétique et aux réglementations européennes. Elle devrait aussi permettre aux usagers de suivre au quotidien et de payer leur consommation réelle, d’être moins dérangés et encore de réduire les temps d’intervention.  

Le Linky Lab, une salle de torture des compteurs

Cinq fabricants ont été mis à contribution pour produire le compteur, sur lequel l’exigence la plus forte est une durée de vie de 20 ans. Tout au long de la production, la robustesse mécanique du produit, des communications et du fonctionnement des compteurs vont donc continuer à être testées. Au Linky Lab, plusieurs salles permettent de tester ces différents aspects. La visite commence dans une salle informatique, la chambre du contrôle. « Cette salle est le cerveau du Linky Lab, explique Ayhan Yildiz, responsable des réalisations techniques du programme Linky à ERDF, et qui nous accompagne dans la visite. Nous développons ici des moteurs de calcul qui testent pour nous à distance les compteurs Linky. La visite continue dans une deuxième salle de "qualification harware". Avec 4 autres laboratoires extérieurs, en raison du nombre de tests à effectuer, l’ergonomie des compteurs est testée, et les compteurs y sont "stressés" pour vérifier leur résistance à différentes sollicitations mécaniques et climatiques (température, vibrations, hygrométrie, etc.) ;  pour s’assurer que les ondes électromagnétiques n’interagissent pas avec l’environnement (appareils électroménagers, mobiles, etc.) ; vérifier que les compteurs comptent bien ;  qu’ils réagissent bien aux événements du réseau électrique possible (surtension par exemple) et encore que les interfaces fonctionnent bien.

 

Des "grappes" de compteurs qui communiquent entre eux

Dans une troisième salle, un laboratoire "environnement dense" permet de vérifier que les communications CPL fonctionnent bien, dans différentes configurations. Dans cette salle, 800 capteurs sont testés ensemble, notamment leur fonctionnement en "grappe".  « Le compteur est une sorte de réseau social, explique Ayhan Yildiz. Chaque compteur contribue à la communication de ses voisins. Grâce au CPLG3 (génération 3), si on a un compteur défectueux ou un problème de bruit, la communication peut passer par un compteur voisin ». Les protocoles de sécurité sont vérifiés, les courbes de charge, le bon fonctionnement avec tous types de concentrateurs, etc. La bonne compatibilité des compteurs, fabriqués par 5 constructeurs différents, est également testée. Enfin, une dernière salle, encore en cours d’aménagement, devra permettre de tester les compteurs en conditions quasi-réelles. « Le laboratoire est la première étape d’une approche expérimentale, mais il s’agit encore de conditions différentes des conditions réelles du terrain, avec des composants "idéaux", et sur lesquels nous ne testons pas les événements imprévus ».

31 millions de compteurs en 2021

Des premiers tests sont déjà réalisés depuis 2010 dans des "smart" quartiers à Nice, Lyon, Issy-Les Moulineaux… Pour un volume de 300 000 compteurs déjà testés. Puis 40 000 compteurs ont été posés cette année pour des derniers réglages à partir du 1er décembre 2015 jusqu’à décembre 2016, au final, 3 millions de compteurs seront déployés pour une expérimentation "grande échelle". «  Nous aurons ensuite jusqu‘au 31 décembre 2021 pour poser les 35 millions de compteurs, explique Bernard Lassus, directeur du programme Linky à ERDF. Soit environ 8 millions de compteurs par an, ou 40 000 compteurs par jour ». Ces compteurs resteront ensuite pour 20 ans en place. « Comment rendre alors évolutif quelque chose qui a 20 ans de durée de vie ? » questionne Bernard Lassus. « Le compteur Linky que nous avons développé est un objet connecté capable de s’adapter aux évolutions technologiques, notamment grâce à des applications. Il sera ainsi possible de télécharger à distance des logiciels pour s’adapter aux marchés ».

Des péta-octets de datas à exploiter

Le compteur Linky est donc un véritable objet connecté. Tous les jours, des centaines de données seront envoyées par les compteurs vers le central : consommations, informations de maintenance, niveau de charge, puissance, etc. En outre, des capteurs reliés aux compteurs, comme des capteurs météorologiques, pourraient leur envoyer leurs données, à éventuellement corréler avec les niveaux de consommation. In fine, ce sont des péta-octets de données qui vont être stockées. « Ces données seront mises à disposition dans une plate-forme STM, » détaille Bernard Lassus. « Par exemple Rouen veut utiliser Linky pour mettre en place une meilleure gestion de l’alimentation de la ville, le raccordement des énergies renouvelables, etc. Les données brutes seront librement accessibles sur STM. Mais si une demande de traitement particulière nous est faite, nous pourrons éventuellement vendre ce service. » Enfin, ERDF travaille respectivement avec l’ANSSI et la CNIL sur les problèmes liés à la sécurité globale et à la confidentialité des données. « Pour les données critiques, cela se fera avec le consentement des clients. Nous devrons trouver un bon niveau de balance entre une bonne protection des données pour les clients et les données que nous fournirons à des acteurs tiers », conclu Bernard Lassus.

Le CPL G3, 4x4 du CPL 

Communicant : le compteur est déjà testé avec le protocole de communication CPL, mais sera aussi bientôt testé avec le protocole CPL G3, mis au point avec le centre R&D d’EDF aux Renardières. Plus robuste et plus rapide, ce protocole de communication permet aux compteurs de mieux communiquer entre eux. Il cherche le chemin de communication le plus aisé, de sorte par exemple qu’en cas de problème de communication sur un compteur, un autre prenne le relais pour lui. Une innovation transparente pour l’usager, mais qui permet à ERDF de mieux gérer le réseau de compteurs. D'une manière générale, les transmissions des données se feront majoritairement avec le protocole Zigbee, mais pourraient s’appuyer sur des protocoles comme Lora ou Sigfox pour des compteurs isolés, avec à terme l’idée de relier différents systèmes de communication.

 

 

 

 

Abonnez-vous et accédez à l’intégralité de la veille technologique

Commentaires

Réagissez à cet article

* Informations obligatoires

erreur

erreur

erreur