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Les perturbateurs endocriniens pistés grâce à leur structure

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Par publié le à 11h01

Les perturbateurs endocriniens pistés grâce à leur structure

Des chercheurs français ont développé un outil qui permet de calculer, à partir de la structure d’un composé chimique, son risque d’interaction avec les récepteurs hormonaux.

Le bisphénol A (BPA), dont l'interdiction vient d'être votée par le Sénat, est capable de mimer l’action des hormones humaines parce qu’il se lie à leurs récepteurs dans l’organisme. Des chercheurs INSERM et CNRS de l’Université de Montpellier ont décrypté récemment la nature de cette liaison, grâce à la cristallographie aux rayons X.

Les biologistes ont reproduit ces résultats sur d’autres types de bisphénols et d’autres perturbateurs endocriniens. A partir de là, ils ont développé un logiciel prédisant le risque d’interaction des molécules chimiques avec quatre récepteurs hormonaux : trois récepteurs aux estrogènes ER-alpha, ER-beta, ERR-gamma, et le récepteur des androgènes AR.

Pour tester l’efficacité de l’outil, nous avons soumis aux chercheurs la formule chimique d’un nouveau polymère, le Tritan, utilisé par un industriel en substitut du bisphénol A, et vendu comme plus sûr que ce-dernier. Les calculs, réalisés en moins d'une heure, prédisent en effet une très faible liaison des trois constituants du Tritan avec les différents récepteurs hormonaux. Les résultats pour le récepteur aux estrogènes ER-alpha sont accessibles ici.

On constate par exemple que la constante de dissociation (Kd) prédite du 1,4-cyclohexanedimethanol (CHDM) est estimée à -3,8, contre -6,4 pour le BPA, sur le récepteur ER-alpha. Cela suggère une capacité de liaison du CHDM au récepteur hormonal de cent à mille fois plus faible que celle du BPA.

Pour l’heure, les chercheurs réservent leur outil au monde académique car il fait appel à certains logiciels dont la licence précise qu'ils doivent être utilisés dans un but non-commercial. Mais il a néanmoins le mérite de montrer qu'une marge de manœuvre existe pour substituer des composés présumés toxiques, ou du moins faire en sorte de les rendre plus sûrs.

Ludovic Fery
 

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