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Les centrales de cogénération à biomasse s’ouvrent à la gazéification

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Par publié le à 14h46

Les centrales de cogénération à biomasse s’ouvrent à la gazéification

Grâce à son procédé étagé, la société Xylowatt parvient à éliminer les goudrons susceptibles d'encrasser le moteur à combustion des gaz

Eneria, spécialiste des centrales de cogénération équipées de moteurs à gaz, et Xylowatt, développeur d'une technologie de gazéification de bois, ont signé un accord de collaboration.

Dans le petit monde des centrales à biomasse, il n’y a pas que l’incinération : il y a aussi la gazéification. La gazéification, quèsaco ? Le bon vieux gazogène de nos grands-pères ! Ce procédé consiste à décomposer, par des étapes thermochimiques successives, une matière organique pour produire un mélange d’hydrogène (H2), de monoxyde de carbone (CO), et de gaz inertes, aussi appelé gaz de synthèse. 

Dans le procédé visé par Eneria et Xylowatt, ce gaz de synthèse passe dans un moteur à combustion interne pour produire de l’électricité. La chaleur dégagée par la combustion est récupérée par un réseau d’eau (principe de la cogénération). Objectif affiché : développer la filière de la biomasse ''énergie renouvelable de petite taille'' avec plusieurs projets en France et en Belgique, dont un projet de 5 MWe dans les Vosges, pour un investissement supérieur à 20 millions d'euros. Les études détaillées de ce premier projet devraient débuter dans les toutes prochaines semaines, d’après les partenaires.

Le développement de cette filière biomasse ''énergie moteur'' se heurtait jusque là à des problèmes d’encrassement. Les goudrons produits lors de la décomposition du bois à haute température finissent toujours par détériorer les conduits et le moteur de la centrale. Une difficulté que les partenaires disent avoir franchit grâce à l’expertise de Xylowatt. La société belge garantit la complète conversion de ces goudrons dans le réacteur de gazéification grâce à sa technologie étagée Notar, qui sépare physiquement les trois étapes du processus (pyrolyse, combustion et réduction), pour mieux contrôler les conditions opératoires et prévenir la formation de goudrons.

« Les installations de cogénération consistent le plus souvent en l’incinération directe du bois puis le turbinage des fumées de combustion. Nous préféré la gazéification du bois vers un moteur à gaz parce que nous obtenons un meilleur rendement électrique global », explique Marc Bégou, directeur technique de Xylowatt.

Entre 2000 et 2006, la quantité d’électricité produite à partir de biomasse a été doublée (40 000 GWh/an en 2001, plus de 90 000 GWh/an en 2006) et l'Agence Européenne de l'Energie prévoit une production multipliée par 5 entre 2006 et 2030.

Hugo Leroux

 
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