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Les 10 jeunes innovateurs français distingués par le MIT

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Par publié le à 14h24

Les 10 jeunes innovateurs français distingués par le MIT

Tous les lauréats français distingués par le MIT en 2015.

Une main bionique imprimée en 3D, une usine 4.0 pour élever des insectes, un processus optique pour détecter de manière précoce le cancer de la peau, des capteurs personnels pour mesurer la pollution, une membrane en graphène pour dessaler plus efficacement l’eau de mer… Pour la troisième année consécutive, la MIT Technology Review a récompensé les travaux de 10 innovateurs français de moins de 35 ans.

Ils sont 150 à avoir candidaté. Seuls dix ont été retenus. Mercredi soir, la MIT Technology Review a présenté les dix lauréats français 2015 de sa compétition Innovators Under 35. Lancé aux Etats-Unis, le concours s’est décliné en France, avec le soutien de l’Atelier BNP Paribas, il y a trois ans et est désormais présent dans 15 pays à travers le monde. Objectif : détecter de jeunes innovateurs qui développent des technologies de rupture pour répondre à des enjeux majeurs de notre société.

Xavier Duportet a inventé des antibiotiques 2.0

Cette année, c’est Xavier Duportet, spécialiste de la biologie synthétique et diplômé du MIT et de l’Inria, qui a remporté le grand prix d’innovateur de l’année. A 27 ans, il est le cofondateur d’Eligo Bioscience (ex PhageX), une start-up qui entend créer des antibiotiques intelligents capables d'éliminer certaines bactéries tout en laissant le reste de la flore bactérienne intacte. Une innovation qui pourrait jouer un rôle majeur dans le traitement de maladies comme le diabète, la colite ou encore l'obésité qui sont directement liées à l'équilibre de notre microbiome, un organe constitué de trillions de bactéries.

                       >> A LIRE AUSSI: Notre article pour tout savoir sur les technologies utilisées par Eligo Bioscience

 

Romain Lacombe veut créer la météo de la pollution

Selon l’OMS, la pollution provoque chaque année près de 7 millions de décès anticipés. Face à ces chiffres alarmants, Romain Lacombe cofonde, avec David Lissmyr, la start-up Plume Labs, qu’il définit comme une sorte de météo urbaine. « Nous développons des outils pour permettre aux citoyens de comprendre ce qu’ils respirent  et de se prémunir de la pollution», explique Romain. Concrètement le dispositif repose sur une application web, et bientôt mobile, qui permet de suivre en temps réel le niveau de pollution d’une soixantaine de villes dans le monde à partir des données rendues publiques par différents organismes engagés dans une politique d’Open Data. Ce premier niveau d’information, doit permettre aux internautes d’adapter leur comportement, comme éviter de courir ou d’exposer les jeunes enfants lors des pics de pollution. La prochaine étape consiste à fabriquer un capteur personnel nomade, permettant de mesurer le degré de pollution auquel une personne s’expose chez elle, à l’extérieur ou dans les transports. « Nous passons ici dans une logique de quantified environnement », souligne Romain. Pour développer ce nouvel objet connecté, Plume Labs s’est rapprochée du CNRS et bénéficie du soutien de l’incubateur Agoranov. Le challenge consiste à miniaturiser les capteurs de différents polluants. « Ce défi soulève des questions de design très complexes », ajoute l’entrepreneur qui s’estime très chanceux d’être épaulé par Ryslaine Moulay, du Strate College, dans cette problématique. Pour l’heure, aucune date de commercialisation n’a encore été fixée.

David Cohen-Tanugi veut dessaler l’eau à moindre coût grâce au graphène

« Les technologies permettant de traiter l’eau n’ont pas évolué depuis des années », constate David Cohen-Tanugi, convaincu que de nombreuses améliorations au niveau de la composition chimique peuvent être apportées. Doctorant au département science et ingénierie des matériaux du MIT, il a réussi à démontrer, après cinq années de recherche, que l’emploi du graphène dans les membranes utilisées pour dessaler l’eau permettait de réaliser d’énormes gains écologiques et économiques. « Le graphène est 1 000 fois plus fin que le polymère utilisé dans les membranes actuelles. Utiliser du graphène permettrait de faire passer beaucoup plus d’eau avec un même niveau de pression ou d’avoir recours à beaucoup moins de pression pour traiter la même quantité d’eau » assure-t-il. Selon ses calculs, les membranes en graphène nanoporeux permettraient ainsi de réduire les factures d’électricité des usines de dessalement de 15 % pour celles qui utilisent l’eau marine, et jusqu’à 45 % pour celles qui utilisent des eaux saumâtres. Prochaine étape pour David Cohen-Tanugi ? Fabriquer un premier prototype expérimental. Une tâche pour laquelle il sera entouré de plusieurs groupes universitaires et industriels. L’enjeu consiste notamment à élaborer un nouveau procédé qui permettrait de fabriquer le graphène avec les bonnes propriétés à grande échelle. Quant aux coûts de fabrication, il reste positif : « Les membranes ne représentent que 5 % du coût de l’eau issue de la désalinisation. Même si le graphène coûtait dix fois plus cher au mètre carré que le polymère, cela n’aurait pas une grosse influence sur le coût final de production ».   

Antoine Hubert veut élever des insectes pour nourrir les animaux… puis les humains !

« Nous sommes des éleveurs ! Nous élevons des insectes comme nous pourrions élever des vaches, des moutons ou des poulets » annonce d’emblée Antoine Hubert, cofondateur de la start-up Ynsect. Avec ses trois associés, il entend élever à grande échelle des insectes pour ensuite les transformer en concentré de protéines destiné à l'alimentation animale. L’objectif est donc de commercialiser cette poudre d’insectes aux formulateurs, qui fabriquent la nourriture animale. « La poudre d’insecte présente les mêmes qualités nutritionnelles que la poudre de poisson » assure Antoine. Une poudre qui se fait de plus en plus rare sur le marché et dont, mécaniquement, le prix grimpe. Le défi réside ici à industrialiser l’élevage d’insectes. « L’élevage d’insectes repose sur la compréhension fine de la technologie », commente Antoine. Ynsect s’est donc inspirée de nombreux autres domaines industriels pour mettre au point son propre procédé qui repose sur des automates, pour la manipulation délicate des insectes, et une multitude de capteurs, afin de détecter les signaux faibles et isoler un lot en cas de maladie. La start-up a d’ores et déjà mis en place une chaîne pilote qui permet de fabriquer quelques tonnes de poudres d’insectes par mois. Une quantité suffisante pour que les clients puissent tester et valider le produit. La première unité de production devrait être opérationnelle au premier trimestre 2016. La start-up, qui compte déjà 25 salariés, entend s’adresser au marché de l’alimentation humaine d’ici cinq ans en visant d’abord le continent asiatique. « Il faudra attendre encore 15 ou 20 ans pour l’Europe », reconnaît l’entrepreneur.

Anaïs Barut veut diagnostiquer le mélanome de manière précoce, rapide et non invasive

C’est la plus jeune des dix lauréats sélectionnés cette année par la MIT Technology Review. Anaïs Barut n’a que 22 ans et est déjà à la tête de la start-up Damae Medical, qui a développé une technologie innovante pour détecter de manière précoce, rapide et non invasive le cancer de la peau. Développée au sein du CNRS, elle s’appuie sur une technique d’interferométrie optique qui permet de sonder, grâce à la lumière, les tissus sur un millimètre de profondeur avec une résolution cellulaire. « Le taux de survie d’une personne atteinte d’un mélanome est de 88 %, lorsqu’il est diagnostiqué de manière précoce. L’enjeu n’est donc pas dans le traitement mais dans le diagnostic », assure la jeune entrepreneuse. Son innovation permettrait de proposer une solide alternative à la biopsie, à la fois douloureuse pour le patient et longue pour le médecin. Les sept collaborateurs de la start-up mènent actuellement des tests sur des animaux. Une première phase de test sur patient pourrait débuter en 2017.

Nicolas Huchet veut créer des prothèses en open source

En 2002, Nicolas Huchet est victime d’un accident du travail. Il a 18 ans et reçoit une prothèse de main qui n’a rien à voir avec celle qu’il imaginait. « J’étais vraiment déçu qu’on ne puisse pas faire mieux avec toutes les technologies existantes », confie-t-il.  Dix années plus tard, il découvre de nouveaux modèles beaucoup plus performants. Nouvelle déception : ces modèles coûtent chers et ne sont pas remboursés par la sécurité sociale. Rebondissement la même année lorsqu’il découvre le monde des "Makers" au LabFab de Rennes. C’est l’évidence : il fabriquera lui-même sa prothèse. Notamment épaulé par Hugues Aubin, il développe une prothèse grâce aux techniques d’impression 3D en s’appuyant sur les plans en Open Source du robot InMoov développé par Gaël Langevin. Baptisé Bionico Hand, le prototype est doté de capteurs qui détectent la contraction de ses muscles et qui transfèrent ces signaux à une carte Arduino qui, elle-même, permettra d’activer les doigts de sa main bionique.  Coût de fabrication ? Moins de 300 euros. Nicolas a reçu le prix de l’innovateur social de l’année.

Mathieu Nebra veut faire de chaque apprenant un professeur

Mathieu Nebra, 29 ans, est le cofondateur d’OpenClassrooms, une plate-forme d’apprentissage en ligne qui permet aux internautes d’apprendre la programmation, le design, ou encore de se familiariser à la création d’entreprise pour ne donner que quelques exemples. Avec près de 1 000 cours disponibles, la plate-forme attire quotidiennement 3 millions d’internautes et regroupe une communauté d’un million de membres, à la fois apprenants et professeurs.  Un succès que l’entrepreneur était loin de s’imaginer lorsque tout a commencé en 1999. Alors âgé de 18 ans, il veut créer son propre site Internet mais ne trouve aucun manuel en bibliothèque pour apprendre le guider. Qu’à cela ne tienne, il crée seul un site internet qui explique justement les bases de la programmation. C’est la naissance du Site du Zéro, qui deviendra plus tard la plate-forme de Moocs OpenClassrooms.

Séverin Marcombes veut révolutionner le cloud personnel

Il ambitionne de rendre « hasbeen » Dropbox. Séverin Marcombes, 27 ans, est le fondateur de la start-up Lima, qui a mis au point un petit boîtier éponyme. Pas plus grand qu’une boîte d’allumettes, le dispositif se branche à la box Internet de chaque utilisateur et à un disque dur. Le boîtier est complété par une application qui permet de retrouver sur tous ses appareils (smartphones, tablettes) l’ensemble du contenu de son ordinateur. « On ne synchronise pas qu’un seul dossier, mais tout l’appareil. Nous sommes les seuls à faire ce qu’on appelle de l’unification entre appareils », assure Séverin.  La start-up, qui compte aujourd’hui 20 collaborateurs, procède actuellement à l’envoi des premières unités en version bêta aux internautes qui l’ont soutenue sur Kickstarter. Menée en 2013, la campagne de Crowdfunding  a permis à la jeune pousse de lever 1,2 million de dollars et d’enregistrer 16 000 précommandes.  La commercialisation du boîtier Lima auprès du grand public devrait débuter dès le mois de septembre au prix de 149 euros.

Pierre Valade veut sublimer l’expérience utilisateur

Pierre Valade, 28 ans, en est persuadé : c’est le design qui a permis à Apple d’atteindre des sommets. C’est avec cette conviction en tête qu’il a développé l’application de calendrier intelligent Sunrise. Présentée comme un véritable « hub », elle permet à l’utilisateur de planifier son travail, de gérer ses projets et d’organiser ses rendez-vous de manière extrêmement fluide et ludique en accédant à la fois à ses informations professionnelles et personnelles. Une expérience utilisateur soignée qui a permis à la jeune pousse de gagner en popularité jusqu’à se faire racheter en février dernier par Microsoft pour 92 millions d’euros. Aujourd’hui, Pierre Valade continue à se focaliser sur l’amélioration du produit. Sa devise : "design is not about the way it looks, it’s about the way it works".

Julie de Pimodan veut réengager les citoyens dans le débat politique

Après avoir travaillé comme journaliste puis être passée chez Google, Julie de Pimodan, 31 ans, s’est lancée dans l’aventure entrepreneuriale. Elle est à l’origine de la plate-forme Fluicity. Dédiée aux collectivités territoriales, elle permet d’établir des canaux de communication avec les habitants pour faire connaître les mesures adoptées et recueillir leur opinion en temps réel. Inversement, la plate-forme permet aux citoyens de faire part de leurs idées et de recevoir l’avis des élus sur ce sujet et d’obtenir un suivi des différentes mesures prises sur la question. L’objectif ici est d’inclure le point de vue des administrés dans les prises de décisions locales pour les encourager à participer à la vie politique et éviter des taux d’abstention records aux prochaines élections. Plusieurs municipalités françaises auraient déjà manifesté leur intérêt pour Fluicity

  • Romain Lacombe veut créer la météo de la pollution

    Romain Lacombe a développé des outils pour surveiller la pollution

  • Antoine Hubert veut élever des insectes pour nourrir les animaux… puis les humains !

    Antoine Hubert élève des insectes pour l'alimentation.

  • David Cohen-Tanugi veut dessaler l’eau à moindre coût grâce au graphène

    David Cohen-Tanugi suggère d'utiliser du graphène dans les membranes utilisées pour dessaler l’eau

  • Séverin Marcombes veut révolutionner le cloud personnel

    Séverin Marcombes veut concurrencer Dropbox

  • Julie de Pimodan veut réengager les citoyens dans le débat politique

    Après avoir travaillé comme journaliste puis être passée chez Google, Julie de Pimodan, 31 ans, s’est lancée dans l’aventure entrepreneuriale. Elle est à l’origine de la plateforme Fluicity dédiée aux collectivités territoriales.

  • Pierre Valade veut sublimer l’expérience utilisateur

    Pierre Valade, 28 ans, en est persuadé : c’est le design qui a permis à Apple d’atteindre des sommets. C’est avec cette conviction en tête qu’il a développé l’application de calendrier intelligent Sunrise

  • Anaïs Barut veut diagnostiquer le mélanome de manière précoce, rapide et non invasive

    Anaïs Barut, benjamine des lauréats, a développé une technologie de détection du cancer de la peau

  • Mathieu Nebra veut faire de chaque apprenant un professeur

    Mathieu Nebraa créé une plateforme d’apprentissage en ligne

  • Nicolas Huchet veut créer des prothèses en open source

    Nicolas Huchet a crée sa propre main bionique dans un fablab

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