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Le mirage des innovations labs

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Par publié le à 07h58

Le mirage des innovations labs

Air Liquide a ouvert son lab d'innovation de rupture et d'usage i-Lab en 2013 à Paris.

Les innovation labs, très prisés des industriels et des banques, ne servent à rien ou presque, n'hésite pas à affirmer Marcus Goddard, directeur associé de l’Observatoire NetExplo. La mise en exécution des idées nées dans ses lieux d’expérimentation et de rupture s’avère selon lui impossible dans la plupart des organisations. Faut-il déjà les fermer ?

Les innovation labs sont-ils un alibi pour se donner un air digital, une mode passagère ou bien un élément structurant de la transformation des entreprises ? À l’occasion de la conférence Changes, organisée par l’Observatoire NetExplo, Marcus Goddard, responsable de la Veille et directeur associé de NetExplo, a apporté des éléments de réponse… Et son analyse s'avère tranchée : pour lui, les labs sont plus des outils de communication, interne et externe, que réellement d’innovation de rupture.

Stunk Works de Lockheed Marteen, le précurseur

Comme souvent, le concept n’est pas réellement nouveau. Selon Marcus Goddard, c’est Lockheed Martin qui aurait, en 1943, créé le premier Labs, Stunk Works, pour mener à l’abri des regards indiscrets un projet d’avion de rupture. Le nom Skunk Works (ou « Atelier des Putois ») venant de l’usine de plastique située à proximité du lieu, qui empestait l’air. Le projet est clos, mais le terme est resté. Skunk Works est désormais l’appellation officielle chez Lockheed Martin de sa division Advanced Development Programs, précédemment appelée Lockheed Advanced. C’est là qu’est notamment née l’idée du bus en réalité virtuelle Mars Expérience, qui permet à ses passagers de partir visiter Mars.

Une arme anti-ubérisation ?

C’est la révolution numérique qui pousse désormais les entreprises « traditionnelles » à se doter d’un innovation lab, pour ne pas se faire ubériser. Et ce dans tous les domaines. Trois Walmart Labs, installés en Californie, à Bangalore et Sao Paulo, occupent 2 000 ingénieurs dans des process d’innovation pour contrer Amazon, avec un parti pris open source assumé. En France Air Liquide a ouvert son i-Lab en 2013. Situé à l’extérieur de l’entreprise, il a pour mission d’accélérer l’innovation et d’explorer de nouveaux marchés en adoptant une approche centrée sur les usages.

Le concept est aussi très prisé du secteur de la finance, défié par les Fintech. 42 % des banques auraient leur innovation lab et la moitié ont ouvert ou financent des accélérateurs de start-up. Servent-ils vraiment à innover ? « Le problème, c’est que les banques ne sauront jamais mettre en œuvre des innovations créées dans leur lab, elles ne sont pas conçues pour prendre un virage », assène Marcus Goddard.

Le signe d'une entreprise dépasée

Certaines organisations ont peut-être déjà compris le problème. Le distributeur de lunettes Nordstrom, qui avait créé un Lab en 2011 à Seattle, l’a déjà fermé en 2015, et redistribué les effectifs dans les filiales. Pour diffuser les innovations dans l’entreprise, ou pour réduire les coûts ? On ne sait pas, le site reconnaît seulement pudiquement : « We are currently pivoting » (nous sommes en train de pivoter). Même Google, dont le lab GoogleX avec un budget d’un milliard de dollars et ses projets fous, comme les ballons Loon pour distribuer Internet dans les zones isolées, peine à passer à l’échelle et rencontre des problèmes de management.

« C’est la mise en exécution des idées des innovations labs qui pose problème », estime l’analyste de Netexplo, qui prédit la ringardisation du concept. D’ici 2050, les innovations labs seraient même le signe des entreprises dépassées. Alors faut-il les fermer tout de suite ? 

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Commentaires

Une réaction

calculman
Le 11/01/2017 à 14h29
Si le problème est "la mise en exécution des idées" est-ce que fermer l'innovation lab va le résoudre ? Les labs ne servent peut être à rien mais ce qui indique qu'une entreprise est dépassée se situe sans doute ailleurs ! Et 2050 ???? On est dans la science-fiction là ?

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