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Le logiciel, un élément clé pour concevoir les voitures de demain

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Publié le à 11h35

Le logiciel, un élément clé pour concevoir les voitures de demain

« Les logiciels dévorent le monde, mais ils ne le font pas tout seul ». Dans sa tribune, Dennis George, Sr. Marketing Manager, Siemens PLM Software’s Teamcenter, démontre que les voitures de demain nécessiteront une combinaison d’ingénierie logicielle et produit.

« Les logiciels font de plus en plus partie de notre vie quotidienne, car ils sont intégrés dans les produits que nous utilisons tous les jours. Les voitures modernes contiennent cent fois plus de lignes de code qu’un avion de chasse F22, et leur nombre ne cesse d’augmenter en raison des services connectés embarqués et de la transition progressive vers des véhicules hybrides, tout électrique ou autonomes. « Il y a dix ans, les logiciels représentaient moins de 20 % du coût total d’un véhicule et ne permettaient guère de différencier un modèle d’un autre. Aujourd’hui, 80 % de toute l’innovation et de la différenciation sont dus à la combinaison de logiciels et de systèmes électroniques et électriques, et non à la mécanique classique. », explique Siegmar Haasis, directeur de la R&D pour la division Mercedes Benz de Daimler.


Maintenant que les logiciels sont devenus un élément clé du développement de produits, leur propre développement doit être étroitement intégré avec les autres processus de conception et de fabrication. L’opération est délicate car les logiciels sont issus d’un processus de développement plus rapide, plus agile et itératif, qui est rarement aligné sur le développement du matériel, qui dure souvent beaucoup plus longtemps. Pour rapprocher ces univers très différents, les outils de développement de logiciels doivent non seulement être étroitement intégrés avec le processus de développement des produits, mais aussi laisser les développeurs coder dans l’environnement qui leur convient le mieux et dans lequel ils sont le plus productifs. Rapprocher les outils de gestion du cycle de vie des produits (PLM) et les outils de gestion du cycle de vie des applications (ALM) permet aux équipes des différentes disciplines de collaborer efficacement.

Une intégration étroite entre l’ALM et le PLM

Les interactions entre les logiciels et les autres fonctionnalités des produits intelligents font que ces derniers sont susceptibles de présenter des défauts beaucoup plus complexes lorsque les systèmes conçus par les différentes équipes ne fonctionnent pas bien ensemble. Par exemple, il est possible de voir s’afficher des erreurs concernant un système qui n’est même pas installé dans son véhicule, ou, après avoir emmené son SUV tout neuf chez le concessionnaire pour qu’il y installe un logiciel de navigation, de rentrer chez soi et de constater que la mise à jour a désactivé le bouton du tableau de bord qui ouvre la porte du garage.


Mais les problèmes logiciels sont loin de ne provoquer que de simples désagréments. Les rappels de véhicules et les interventions sous garantie sont coûteux et leur nombre est en augmentation. Et ces rappels sont de plus en plus dus à des problèmes logiciels. Entre 2011 et 2016, J. D. Power a dénombré 189 rappels distincts pour défaut logiciel, concernant plus de 13 millions de véhicules. Les problèmes recensés vont de la faille de sécurité dans un système de divertissement, qui a permis à des chercheurs en sécurité de prendre à distance le contrôle des systèmes du véhicule, à des bugs qui provoquaient l’ouverture inattendue des portes de certains SUV ou l’arrêt et le redémarrage du moteur de certaines berlines pendant la conduite.

Des mises à jour logicielles sur les produits

Les cycles de vie des logiciels et du matériel ne diffèrent pas seulement pendant la phase de développement. Si les consommateurs changent de téléphone portable tous les deux ans en moyenne, les véhicules automobiles restent sur la route (et les avions, dans les airs) beaucoup plus longtemps. Le bombardier B52 vole depuis plus de 50 ans ; sa cellule et son électronique ont connu de nombreuses versions et il fait l’objet de mises à jour logicielles tous les quelques mois. Vous avez donc le choix entre deux risques : celui de décevoir vos clients, voire de les perdre, et celui de continuer à mettre à jour les logiciels d’une voiture longtemps après avoir cessé de la produire.

En effet, les problèmes logiciels causés par ces mises à jour pourraient vous empoisonner la vie des années plus tard. Mais vous pouvez aussi utiliser les mises à jour logicielles pour résoudre d’autres problèmes. Par exemple, GM a réussi à passer par une simple mise à jour logicielle pour faire en sorte que le moteur de sa Chevrolet Volt s’arrête automatiquement quand il tourne au ralenti depuis une longue période. Cela ne permet pas seulement d’économiser du carburant et d’arrêter la décharge de la batterie. Cela a permis de sauver la vie de personnes qui avaient laissé leur voiture en marche dans leur garage, provoquant ainsi une accumulation de monoxyde de carbone, car la Volt est si silencieuse qu’ils avaient oublié de couper le contact.

En sachant quels composants matériels et logiciels sont utilisés dans quelles variantes et séries de véhicules dans les différentes régions du monde, et même jusqu’au numéro d’identification de chacun de ces véhicules, Ford a pu mettre à jour sur le terrain les unités de contrôle électroniques présentant des problèmes logiciels, au lieu de les remplacer. Sur une période de trois ans, le constructeur a ainsi pu économiser 100 millions de dollars en coûts de garantie – un résultat excellent pour un système qui augmente également la satisfaction du client.

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