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Le Canada, pionnier de la gazéification des déchets

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Par publié le à 12h52

Le Canada, pionnier de la gazéification des déchets

Le système MAGS de Terragon permet aux sites isolés de générer de sauto-alimenter en énergie grâce tout en disposant de leurs déchets organiques

Le Canada compte parmi les pionniers dans l’industrialisation de la gazéification. Cette technique ouvre de nouvelles voies pour valoriser les déchets organiques par rapport à la classique incinération. La preuve en trois entreprises innovantes.

Nos aînés utilisaient un gazogène qui décomposait le charbon de bois en gaz de synthèse pour faire avancer leurs tracteurs. 80 ans plus tard, à l’heure du développement durable, la gazéification est remise au goût du jour pour s’attaquer à  une source de carbone plus capricieuse : les déchets organiques. Trois entreprises canadiennes Terragon, Enerkem et Nexterra comptent parmi les artisans de ce renouveau.

Dans les trois cas, le cœur de l’opération est le même : une chauffe des déchets à blanc sans oxygène qui libère les constituants des matières organiques sous forme de gaz de synthèse. Ce gaz de synthèse porte bien son nom : ce cocktail de courtes molécules à forte teneur en hydrogène et monoxyde de carbone permet de reconstruire des chaînes moléculaires plus longues, comme des espèces d’intérêt chimique ou des biocarburants. Doté d’un fort pouvoir calorifique, il peut également être consommé pour produire chaleur ou électricité. A chacun sa stratégie…

Terragon donne l’autonomie thermique aux sites isolés

Terragon a ciblé ses efforts sur les sites isolés, pour lesquels un réseau de collecte des déchets est inaccessible. Son crédo : permettre au client de gazéifier ses déchets pour s'autoalimenter en énergie. Elle a ainsi conçu le système MAGS, capable d’absorber toutes sortes de déchets organiques. Le système s’autoalimente en brûlant le gaz de synthèse et les résidus carbonés issus du processus de gazéification. La chaleur dégagée par l’opération est alors récupérée pour couvrir les besoins locaux des utilisateurs.

Les premiers modules MAGS, délivrant de l’ordre de 70 kW de chaleur, sont actuellement à l’essai dans un camp d’entrainement de la marine américaine à Hawaii, dans le complexe hôtelier du Château Montebello (Canada) et sur un navire de la marine canadienne. Cette dernière expérience semble concluante puisque la société va livrer son premier contrat commercial dans le courant de l’année. Son système MAGS sera ainsi intégré dans l’équipement d’un navire militaire d’environ 350 personnes.

Enerkem fait carburer les voitures grâce aux déchets

Au contraire des boîtes à ordures locales de Terragon, Enerkem conçoit à très grande échelle. Son concept de raffinerie affiche une capacité de production de 38 millions de litres d’éthanol par an. A partir du gaz de synthèse, le procédé recombine successivement du méthanol puis de l’acétate, pour synthétiser in fine de l’éthanol carburant.

Le concept d’Enerkem est basé sur la flexibilité, au niveau des déchets comme des produits finaux. « Nous pouvons adapter le procédé à des profils de déchets très différents : résidus de construction en bois, vêtements au rebus, résidus agricoles, plastiques, etc... Par ailleurs, si un jour l’éthanol n’est plus un débouché intéressant, nous pouvons retirer la dernière brique du procédé pour sortir du méthanol, ou au contraire rajouter un module pour produire une autre molécule d’intérêt », explique Marie-Hélène Labrie, directrice développement marché chez Enerkem.

Le site de démonstration d’Enerkem, qui tourne en continu à Edmonton (Alberta), a produit en juin 2012 ses premiers gallons d’éthanol. Les villes de Varennes, Edmonton (Canada) et  Pontotoc (USA) ont prévu d’en faire construire chacune une unité en 2013.

Nexterra joue la production d’électricité locale

Les résidus agricoles sont aussi une source d’électricité. Pour l’obtenir, Nexterra injecte son gaz de synthèse dans un moteur à combustion interne. Tournant à partir de résidus issus de l’industrie forestière locale, son installation pilote fournit actuellement 2 MW d’électricité à l’Université de Colombie Britannique, à Vancouver.

Le moteur, fourni par General Electric, est le plus imposant d’Amérique du Nord tournant à partir de biomasse. Autre particularité de l’installation : la possibilité de basculer sur une production de chaleur en brûlant le gaz dans une chaudière. En fonctionnant dans ce mode thermique, l’unité délivre 7 MW thermiques de vapeur, couvrant 75% des besoins en chaleur de l’université. Une véritable vitrine pour Nexterra, qui envisage la commercialisation, à la fin de l’année 2013, d’installations de 10 MW électriques.

De notre envoyé spécial au Canada, Hugo Leroux

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