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Lancement de Venµs, le premier satellite dédié à l'étude de la végétation

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Par publié le à 07h40

Lancement de Venµs, le premier satellite dédié à l'étude de la végétation

Venus

Un satellite franco-israélien dédié à la dynamique de la végétation sera lancé mercredi 2 août à 3h58. Véritable outil de compréhension du changement climatique, Venµs réalisera des mesures plus précises que jamais sur 110 sites choisis tout autour du monde. 

 

Le satellite Venµs (Vegetation and Environment monitoring on a New Micro-Satellite) va être lancé dans la nuit du 1er au 2 août à 3h58 heure française en Guyane. Pendant 2 ans et demi, le micro-satellite mis au point avec l’ISA (Israel Space Agency) fournira des images destinées à la meilleure compréhension de l'impact du changement climatique sur la végétation. Venµs réalisera des mesures sur 110 sites d’intérêt environnemental, autour du monde, dont il fera le tour en deux jours. Avec une telle fréquence de passage, Venµs pourra mesurer sur chacun des sites l'influence de facteurs environnementaux, des activités humaines et des changements climatiques sur les surfaces continentales. Après deux ans et demi de mesure a une orbite de 720 kilomètres, le satellite descendra à une altitude de 410 km où il restera pendant un an pour la validation de la propulsion électrique, un moteur plasmique d’un nouveau type mis au point par l'Agence Spatiale Israélienne. .

Outre l’aspect climatique et technologique, les services que pourraient rendre Venµs au monde agricole à un coût relativement peu cher seront également étudiés. « Nous cherchons à construire des méthodes pour le futur, et à voir quels besoins pourraient remplir de futurs satellites d’observation, » explique Patrick Ferrier, chef du projet pour la partie CNES. « Nous avons déjà un projet d’aide en pilotage de l’irrigation. »

"Les climatologues ont l'habitude de découper le monde. Nous intégrons tout ensemble". 

« L’utilisation des satellites pour l’agriculture date des années 1980, » rappelle Gérard Dedieu, chercheur au CESBIO (Centre d’études spatiales de la biosphère). A l’époque on disposait pour cela des satellites SPOT. Ces satellites passaient tous les jours, mais réalisaient des mesures à l’échelle kilométrique, ce qui permettait de voir des indicateurs macroscopiques, le passage d’une tempête par exemple. » En parallèle, les études sur le cycle du carbone ont pris de l’importance. Une des composantes les moins connues concerne les sols et la végétation. Prévoir l’évolution du climat nécessite de mieux comprendre les interactions complexes entre la surface et le climat, et le rôle de la végétation et des sols dans l’évolution des stocks de carbone et des sources de gaz à effet de serre. Ce sera l’objet de Venµs de mieux comprendre cela, grâce à des observations à haute résolution spatiale (entre 5 et 10 mètres au sol) et multi-spectrales.  « Venµs réalise ses observations sur un nombre limité de sites, afin de vérifier si notre compréhension est suffisante pour l’intégrer dans des modèles globaux. Venµs participera aussi à faire la connexion entre production alimentaire, eau et énergie dans un système intégré. Les climatologues ont l’habitude de découper le monde en plusieurs parties pour mieux l’étudier. Nous intégrons tout ensemble,» ajoute Gérard Dedieu.  

Calculer la vitesse d'écoulement des glaciers

Sur les 110 sites, beaucoup sont reliés au réseau ICOS (Integrated Carbon Observation System), un réseau de stations terrestres ou aériennes chargées de mesurer les flux et concentration en gaz à effet de serre. Cela permettra de mettre directement en lien les flux de carbone et l’évolution de la végétation. « Avec un survol tous les deux jours des sites, l’expérience montre que l’on a une image claire tous les 10 à 30 jours partout », explique Pierrick Ferrier.  « On a cherché à échantilloner la plupart des biomasses terrestres. Mais l’intérêt d’une mission scientifique est aussi d’explorer des domaines nouveaux. Au Nord, on pourra par exemple calculer la vitesse d’écoulement des glaciers, pour le suivi de la cryosphère. »  

Aucun satellite en orbite ne combine actuellement une telle fréquence de revisite et des capteurs dotés de cette finesse spatiale pour le suivi de la végétation. Une des principales difficultés techniques a été la mise au point des filtres optiques pour arriver à des longueurs d’ondes précises. Venµs réalise des images dans 12 bandes spectrales différentes afin d'avoir des données pertinentes sur l'évolution de l'environnement. Les premières images publiques du satellite, après traitement, sont attendues le 17 août.

Le CNES a pris le leadership pour l’observation du climat par satellite, a fait valoir l’organisme français lors de la présentation du projet. Ce sont les satellites qui ont mis en évidence l’augmentation de la température du globe. Le satellite Poséidon a mis en évidence l’augmentation de la température des océans. Jason 1, 2, et 3 ont mis en évidence l’augmentation du niveau des océans de 3 cm par an. Il s’agit à présent de mettre en évidence l’augmentation de la concentration de gaz à effet de serre. C’est dans cette optique que seront lancés Microcarb en 2020, pour la mesure du CO2 puis Merlin pour la mesure du CH4. Venµs est le premier de ces satellites dédiés au changement climatique.

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