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« La technologie de la pile à combustible est mature »

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Par publié le à 13h59

Le commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA) et son laboratoire Liten sont en train de constituer une ligne de production de piles à combustible préindustrielle. Florence Lambert, chef du département hydrogène et électricité pour les transports au CEA, détaille les modalités de ce projet. Avec un but final : le transfert de cette technologie aux industriels des transports et du stockage d’énergie.

Daimler annonce des voitures à hydrogène en série pour 2014. Un consortium industriel allemand prépare le déploiement de 1000 bornes de recharge d’ici 2020. Est-ce le moment pour la France aussi de se pencher sur la filière hydrogène ?
 
Contrairement à ce qu’on pourrait croire, la France n’a pas de retard sur l’hydrogène. Elle compte de nombreuses start-up innovantes sur les différentes briques technologiques de cette filière. Aujourd’hui, nous pensons que la technologie des piles à combustible est mature. Il est donc temps de passer en phase industrielle. En constituant progressivement une ligne préindustrielle, le CEA souhaite accélérer le transfert de cette technologie vers les industriels.
 
Qu’entendez-vous par technologie mature ?
 
Le CEA a développé, depuis le programme Genepac en 2006, un savoir-faire de premier plan au niveau mondial sur piles à combustible. La quantité de platine, métal précieux employé dans le catalyseur, a chuté à 0.2 gramme par kilowatt de puissance. Ce n’est pas encore assez économique pour une voiture en série « tout hydrogène », mais c’est suffisant pour viabiliser un grand nombre d’applications, à commencer par des prolongateurs d’autonomie pour véhicules électriques, qui interviendraient en complément d’une batterie. Par ailleurs, les technologies de production des piles à combustible ne sont pas un obstacle à l’industrialisation. Elles sont basées sur des processus d’emboutissage de tôle déjà maitrisés, qui ne nécessitent pas d’investissements colossaux.
 
Concrètement, comment va s’organiser la production des piles ?
 
Dans un premier temps, nous nous focaliserons sur la fabrication des cœurs de piles. Ce sont les sièges de la réaction chimique mettant en contact de l’hydrogène et de l’oxygène pour délivrer un courant électrique, avec un dégagement de vapeur d’eau. Le but est ensuite de nouer des partenariats avec des industriels qui intègreront ces cœurs dans leur ingénierie. Certaines applications sont déjà viables. Ainsi, par la Start up SymbioFCell, épaulée par Siemens,  assemble des piles à hydrogène pour des engins de grande puissance comme des dameuses.

Propos recueillis par Hugo Leroux
 
L’hydrogène est le plus souvent obtenu par craquage de gaz naturel, une source non renouvelable. Quid des électrolyseurs, encore peu développés, qui produiraient un hydrogène « vert » ?
 
L’électrolyse est la réaction inverse de la pile à combustible. Elle consiste à produire de l’hydrogène à partir d’eau et d’électricité – qui peut être renouvelable. Les technologies de pile à combustible et d’électrolyseur sont relativement similaires. C’est pourquoi nous avons développé notre concept de cœur de pile pour qu’il soit réversible. De notre chaîne de production pourront sortir aussi bien des cœurs d’électrolyseurs, que de piles à combustible.
 

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