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La PS4, outil de communication des terroristes ?

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Par publié le à 16h40

La PS4, outil de communication des terroristes ?

Les terroristes ont-ils utilisé la PlayStation 4 de Sony pour communiquer et plannifier les attentats qui ont frappé Paris le vendredi 13 novembre ? Cette hypothèse, qui circule depuis la publication d'un article de Forbes, est plausible mais n'a pas encore été vérifiée, ni officialisée par les autorités. L'article montre néanmoins à quel point les djihadistes peuvent faire preuve d’imagination pour échanger de manière extrêmement discrète sans avoir nécessairement recours à des moyens de communication chiffrés. Un argument qui engendre une autre question : l'interdiction du chiffrement sans porte de dérobée, souhaitée par différents Etats, est-elle vraiment efficace dans la lutte anti-terroriste ?

[Mise à jour] L'auteur de l'article de Forbes est revenu sur ses propos en expliquant qu'aucune liste officielle ne précisait à ce jour qu'une PS4 avait été trouvée lors des perquisitions effectuées en Belgique. 

Afin d’organiser les attentats parisiens, qui ont causé la mort d’au moins 130 personnes selon un bilan provisoire, les terroristes auraient utilisé la PlayStation 4 de Sony pour communiquer entre eux. Cette rumeur, lancée suite à la publication d’un article de Forbes, demeure actuellement infondée.

Dans un article daté du 14 novembre, le magazine économique américain cite les propos de Jan Jambon, le ministre de l’Intérieur belge, tenus quelques jours avant que la capitale française ne soit frappée par les actes terroristes. Lors d’une conférence, organisée par Politico le mardi 10 novembre dernier, Jan Jambon a évoqué le recours croissant par les terroristes aux consoles de jeux vidéo PlayStation 4 (PS4) pour communiquer entre eux, en ajoutant qu’il était difficile pour les autorités d’intercepter ces échanges. Toutefois, après les perquisitions effectuées près de Bruxelles, où une PS4 aurait été retrouvée, aucune source officielle n’a affirmé que la console de jeux vidéo avait bel et bien été utilisée pour organiser les attentats parisiens survenus ce week-end.

Une imagination débordante pour communiquer discrètement sans chiffrement

En revanche, et comme le soulignent nos confrères de Numerama, l’article de Forbes montre à quel point les djihadistes font preuve d’imagination pour communiquer de manière extrêmement discrète sans avoir nécessairement recours à des échanges chiffrés. L’article de Forbes énumère, ainsi, de nombreux stratagèmes que pourraient utiliser les terroristes afin d’échanger des informations sans laisser de traces derrière eux. Dans Call Of Duty, ces derniers pourraient, par exemple, inscrire des messages sur les murs grâce aux impacts éphémères provoqués par des tirs ou partager un plan d’attaque par l’intermédiaire d’un décor dans le jeu Super Mario Maker’s. Cette série d’exemples laisse ainsi entendre que l’interdiction du chiffrement sans backdoor (porte dérobée), souhaitée par différents Etats, serait en partie vaine pour lutter contre le terrorisme.

Pour mémoire, si un message chiffré est intercepté par une tierce personne, celle-ci ne pourra en lire que les métadonnées, c’est-à-dire le nom de l’expéditeur, du destinataire, ou encore la date de l’envoi et parfois l’objet du courrier électronique. L’intérieur du message et les pièces jointes resteront quant à eux inintelligibles. « Le contenu du message sera une sorte de bouillie » résume Emmanuel Thomé, chercheur à l’Inria et spécialiste de la cryptographie, avant de préciser « qu'en cryptographie, on estime qu’un dispositif est acceptablement sûr à partir du moment où l’adversaire doit réaliser 2128 opérations pour décrypter le message chiffré ». Introduire une porte dérobée, consisterait à faire apparaître dans les métadonnées une information uniquement intelligible par les Etats, de manière à leur délivrer la façon de déchiffrer le message. 

Depuis l’affaire Snowden, de nombreuses entreprises du numérique ont décidé de muscler leur système de sécurité pour renforcer la protection des données personnelles de leurs utilisateurs. A titre d’exemple, la messagerie instantanée Whatsapp, détenue par Facebook, a déployé en novembre 2014 le protocole de chiffrement Open Source TextSecure pour protéger de bout en bout les messages échangés sur son application. Face à ce renforcement accru de la protection des données, qui complique la tâche des différents services de renseignement dans le cadre de la lutte anti-terroriste, certains Etats réclament donc la possibilité de bénéficier des fameuses backdoors. Une requête qui fait rugir certains défenseurs des libertés individuelles. Pour Emmanuel Thomé, une telle approche reviendrait à effectuer un bond de 20 ans en arrière.

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